La double monnaie de Marine Le Pen ? Un danger pour la Banque de France

20,32 %
En 1998 le france représentait 20,32 % de la valeur de l'Ecu.

L’une des dernières propositions de la candidate du Front National, que l’on a pu entendre lors du débat du 3 mai 2017, prône une double monnaie : d’un côté l’euro, pour les entreprises, et de l’autre une monnaie nationale française, une sorte de nouveau franc, pour les particuliers. Une idée qui ne convainc pas le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Gallhau, qui estime même que ce serait un danger.

La nouvelle monnaie ne serait pas crédible

Le gouverneur de la Banque de France, qui a précisé ne s’exprimer que dans le cadre de ses fonctions, à savoir garantir la confiance en la monnaie, estime la proposition de Mme Le Pen peu réaliste. Déjà car ce système « n’existe dans aucun pays avancé » a-t-il déclaré jeudi 4 mai 2017. Seules des économies plus faibles que les économies comme la France, qui reste la 5ème puissance économique mondiale, ont parfois encore une double monnaie et ce n’est pas une réelle réussite.

Selon lui, c’est toujours la monnaie nationale qui inspire « moins confiance » et qui « souffre ». Or, selon le projet de Mme Le Pen, cette monnaie serait celle réservée aux ménages et aux PME. Une telle monnaie nationale risque également d’être attaquée sur les marchés spéculatifs ce qui en réduirait d’autant plus la confiance et la puissance. « Le franc était à la merci d’attaques spéculatives des marchés financiers, épuisant nos réserves de change comme nous l’avons connu en 1992-1993 » a-t-il rappelé avant de préciser que :

« C’est pour régler ces problèmes que nous avons fait l’euro ».

L’ECU ne servait pas à payer

Pour conforter son propos, Marine Le Pen a, toujours dans le débat du 3 mai 2017, pris l’exemple de l’ECU. Celui-ci est né en 1979 et a été l’archétype de ce que sera par la suite l’euro : de fait, entre 1979 et 1999 il existait parallèlement à l’euro, le mark, la lire et toutes les autres monnaies nationales des pays membres de la CEE puis de l’UE.

Sauf que l’ECU n’était pas, comme le précise François Villeroy de Gallhau, une vraie « monnaie ». il s’agissait « d’une unité de compte, avec laquelle ni les particuliers ni les entreprises ne pouvaient payer » a rappelé le gouverneur de la Banque de France contrairement à ce qu'a affirmé la candidat du FN.

Un système complètement différent de celui proposé par la candidate du Front National qui, pour M. Villeroy de Gallhau, serait un véritable « danger » pour les Français, leur épargne et leur pouvoir d’achat.


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