Marre des P.M.A.

45 %
Selon une étude de 2018, 45% des élus envisagent d?arrêter la
politique à l'issue de leur mandat.

L’article premier de la future loi bioéthique examinée dans l’hémicycle à partir du mardi 24 septembre, a été adopté en commission. Mais il ne s’agit pas de cela ici : La Politique Médiatiquement Assistée je n’en peux plus !

Cet été et jusqu’à ces derniers jours que d’exemples désolants de comédiens politiques de séries B, C, D…jusqu’après même la dernière lettre de l’alphabet.

Des actes ? Jamais. Des paroles, des postures tout au plus, pour mieux se vendre ou se défendre. Bref loin de l’intérêt général !!!!!

Un vrai-faux parrain, une vraie-fausse cendrillon, un vrai-faux tonton flingueur, de vrais-faux caliméro….

Du théâtre de mauvaise facture ; du feuilleton bien mal joué, tourné, post-synchronisé…. Façon série Z !

La Provocation Médiatiquement Assistée

Alors que le procès de cinq insoumis dont Jean-Luc Mélenchon s’est ouvert jeudi 19 septembre, j’ai envie de faire le point sur cette rentrée.

Qu’il s’agisse des outrances tant verbales que physiques du chef des insoumis lors des perquisitions au siège de La France insoumise et à son domicile, ou de son art de la mise en scène, l'ancien candidat à l'élection présidentielle essaie de nous faire prendre des vessies judiciaires pour des lanternes politiques.

De son plus petit axe de défense : son côté sanguin, méridional à sa plus grande charge contre le système politico-judiciaire, partial à ses yeux, en passant par sa tournée en Amérique centrale et du sud, durant laquelle il n’a pas hésité à comparer son présent à celui de l’ex-président brésilien Lula, le chef de file de l’extrême gauche française ne nous épargne rien.

Son livre, « Carnet de bord » de sa tournée d’été sort même jeudi 19 septembre 2019… jour du début de son procès. Toute cette comédie pour essayer de se sortir de cette mauvaise situation dans laquelle lui et ses quatre affidés se sont vautrés lamentablement jouant aux victimes d’un système policier!

Le problème s’est accru par la suite car emporté par son égo, monsieur Mélenchon oublie son riche vocabulaire : lui qui se dit méridional s’est moqué d’une question d’une journaliste, non pour la teneur de sa demande…..mais pour son accent méridional !

Votre procès aussi tapageur que vous le rendez n’est pas et ne sera pas politique : il est juste celui de votre égo et de celui de vos affidés qui veulent leurs places, plus que de se soucier de l’intérêt général ! La preuve ? Sous-entendre que la justice de notre République est sous influence et ne vaut guère mieux que celle d’une dictature est un jeu personnel dangereux auquel vous vous adonnez !

La Polémique Médiatiquement Assistée

Dans un autre registre, un week-end plus tôt, dans l’émission #ONPC, on a eu droit à la complainte de Ségolène Royal. Son immense œuvre pour l’écologie à l’écouter. « L’équivalent pour l’écologie de ce que Jack Lang est à la culture » d’après Laurent Ruquier, jamais en reste en ce qui concerne la brosse à reluire restée dans le studio après le passage sidérant de son dernier invité-ex chroniqueur Yann Moix !

S’il y a bien un combat auquel elle se livre, c’est celui d’un féminisme politique, et je ne lui enlèverai jamais. J’ose même affirmer qu’après Simone Veil, Ségolène Royal aura toute sa vie politique durant fait avancer la cause des femmes en politique.

Cependant, nommée ambassadrice des pôles chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique, en 2017, elle se vante d’être très active. Et on apprend quelques jours plus tard qu’elle a séché ni plus ni moins que les quatre malheureuses réunions qui ont eu lieu depuis deux ans, tout en prétendant y avoir parlé !

Et ça continue ! On remonte un peu plus dans le temps, et des Bonnie and Clyde des Hauts de Seine jusqu’aux Caliméro’s de l’Assemblée nationale que de : Pantalonnades Médiatiquement Assistées !

La Problématique des Municipales Aussi

Le souci principal est que la fameuse métaphore présidentielle d’octobre 2017 sur le «  ruissellement » et le rôle « des premiers de cordées », si elle ne produit pas tous les effets escomptés économiquement à l’heure où j’écris ces lignes, marche que trop bien concernant la défiance constante, la haine même que vouent le reste de la cordée à son personnel politique !

En effet, le «  nouveau monde » a vanté les mérites d’exemplarité des nouveaux arrivants. Utopie ? Certainement…

À six mois des municipales, la névrose des maires est palpable. Je ne veux même pas évoquer ici la problématique économique. Suivant une étude datant de 2018, 45% des élus envisagent d’arrêter la politique à l’issue de leur mandat. La part trop importante de temps accordé à la politique au détriment de la vie de famille ou professionnelle (27%) mais aussi 57% des répondants estiment ainsi que le régime indemnitaire est « insuffisant ».

C’est oublier que l’élu préféré des français, au vu de l’enquête de l'Observatoire de la démocratie de 2019, reste leur maire (60% espèrent qu'il se représente en 2020. L’enquête montre même que 71% des citoyens font davantage confiance à leur maire qu’à tout autre élu).

Pourtant dans chaque ville et village, après le curé, l’instituteur, le cafetier, le boulanger, le docteur tous disparus ou presque, tous désacralisés, aujourd’hui le maire ne reste même plus ce sanctuaire républicain de proximité. Cet été le décès de Jean-Mathieu Michel, maire de la commune de Signes, dans le Var, renversé par une camionnette, a été pour beaucoup d'élus le déclic pour exprimer la réalité de leur quotidien aussi passionnant qu’effarant, tant la violence, psychologique et physique sont des composantes bien réelles de leur mandat, de leur vie de chaque jour !

Le triste spectacle que donnent les élus nationaux qui s’accrochent à leur mandat, qui se prennent pour des stars même une fois la main prise dans le pot de confiture, le pot de chambre ou autre, relayé par un mouvement médiatique ou un autre, n’en finit pas de déferler en cascade comme l’huile brûlante au moyen-âge sur le dos des élus de proximité.

La Popote Municipale Accrue

Je ne relate ici qu’un ou deux exemples d’actualité :

La course aux mandats se joue aussi au niveau local. On pourrait parler de Levallois-Perret,….trop facile ! Prenons l’exemple de Montpellier ou Grenoble :

Cette semaine, le patron du MHR club de rugby et grand argentier du rugby national, Mohed Altrad  se lançait à l’assaut de la mairie de la septième commune de l’hexagone, en donnant une conférence de presse lundi 16 septembre.

La très jeune femme politique Virginie Rozière, ex députée européenne, lancée par le fait du prince en 2014, se trouve en mal de mandat.  A priori fortement ancrée à gauche, des valeurs en bandoulière, elle n’hésite pas, à 33 ans, à s’assoir dessus pour un poste après pourtant avoir réussi à recréer la « cabine téléphonique » de quelques radicaux, lorsqu’en décembre 2017, la famille radicale avait tenté de se réconcilier après 45 ans de brouille, au nom d’une trop grande Macron-compatibilité.

Ex radicale de gauche (PRG), elle n’hésite pas à se présenter aux côtés du sénateur LR Jean-Pierre Grand lors de la conférence de presse de l’entrepreneur candidat. Mieux encore, adversaire déclarée de LaREM, Virginie Rozière s’assoit allègrement sur les déclarations à peine voilées de la tête de liste : « […] le dialogue continue, aucune décision n’a encore été prise» (16 septembre 2019).

Je ne vilipende pas ici l’envie de Mohed Altrad de vouloir se présenter. 45 ans de vie dans la deuxième capitale d’Occitanie, arrivé à 17 ans avec une bourse d’études, un réel investissement personnel et une réussite professionnelle éclatante ne peuvent qu’accréditer sa légitime envie.

Je parle ici du dégoût que peut inspirer la trajectoire d’une élue en bout de course qui tente par tous les moyens de continuer à exister.

Plus à l’est, Alain Carignon, 70 ans, ex-ministre et ex-prisonnier, 29 mois, condamné entre autres pour corruption et abus de biens sociaux, revient briguer la mairie de Grenoble ! Que dire ou ajouter ? Quel exemple cela donne-t-il ?

Et comme dans la vraie vie, ce sont alors les « petits » élus de la République qui trinquent. Leur rôle éminemment central, leur sacerdoce ne sont pas reconnus, leur investissement sous-évalué, et ils deviennent des punching-balls républicains de proximité !

Toutes ces P.M.A. là sont néfastes ! Pour paraphraser François Xavier Bellamy (Le Figaro) : « La PMA pour toutes sera "notre malédiction" » : Ces P.M.A. de tous font notre malédiction !!!

Puisque le temps parlementaire est à la (bio)éthique, quand sera enfin débattue au parlement une loi de pol-éthique enfin digne de ce nom ??


A découvrir

Philippe Bapt

Philippe BAPT est un communicant. Diplômé de Novancia Business School en management marketing digital et événementiel, il exerce sa passion comme chargé de communication et consultant chargé de projets.

Sa seconde passion la « chose publique » l’amène très tôt dans le champ associatif : social, culturel et sportif. Puis il sera élu local d’une commune de la première couronne de la ville rose de 2008 à 2014. Président de club de rugby, puis d’un groupement d’employeurs et administrateur d’un théâtre-centre culturel, ces différents postes lui confèrent  une expertise dans ces domaines.

Retiré du strict jeu politique, il n’en demeure pas moins attentif à l’évolution de l’actualité et devient éditorialiste dans divers médias locaux et régionaux, dès la rentrée 2014. Ses sujets de prédilection : le « jeu » politique, les répercussions économiques et sociales, la recomposition du paysage politique français.