Delphine Smagghe, vice-présidente de McDonald's : « notre volonté de lutter contre toutes formes de sexisme et de discrimination est totale »

5 MILLIARDS €
Le chiffre d'affaires de McDonald's France a été, en 2018, d'environ 5
milliards d'euros.

McDonald’s France annonce le renforcement de ses dispositifs pour améliorer encore plus l’inclusion et la qualité de vie au travail avec, en particulier, la volonté de lutter contre le sexisme et les comportements harcelants. Dans ce contexte, Delphine Smagghe, vice-présidente de McDonald’s France, premier restaurateur français, a répondu à nos questions pour faire le point sur ces nouvelles mesures, les actions mises en place et la situation dans les restaurants de l’enseigne.

Vous annoncez aujourd’hui de nouvelles mesures pour lutter contre le sexisme et le harcèlement. Quelle est la situation dans les restaurants ?

Delphine Smagghe : Le harcèlement, sous toutes ses formes, ou les comportements sexistes n’ont pas leur place dans un restaurant McDonald’s. Avec 75 000 salariés, des cas isolés peuvent malheureusement émerger. C’est intolérable car chaque cas est un cas de trop. C’est notre exigence. Notre volonté de lutter contre toutes formes de harcèlement et de discrimination est totale. Nous y travaillons depuis plus de 10 ans et nous continuons à le faire avec l’ambition d’être toujours meilleurs. Nous le devons à l’ensemble des équipes en restaurant. Aujourd’hui, nos baromètres internes montrent que 82% des équipières estiment que les managers de leur restaurant agissent correctement à leur égard (NDLR : soit près de 20 points de plus que les salariées travaillant dans des entreprises de plus de 100 personnes selon l’étude Red France d’Ipsos) et 89% d’entre elles estiment que l’entreprise valorise la diversité de ses employés (NDLR :contre 73% des salariées travaillant dans des entreprises de plus de 100 personnes selon la même étude). Des résultats qui valident la pertinence des mesures déployées mais qui nous encouragent surtout à continuer de vouloir faire plus.

Concrètement que fait McDonald’s aujourd’hui pour prévenir les comportements déplacés ?

Delphine Smagghe : Aujourd’hui, plusieurs dispositifs ont été mis en place. Tout d’abord, l’ensemble des managers sont sensibilisés à ces enjeux lors de chacune de leur formation pour savoir comment prévenir et agir le cas échéant. Depuis la semaine dernière, nous avons lancé, après plusieurs mois de travail, une formation cette fois dédiée aux questions d’inclusion et de qualité de vie au travail, et dont les compétences seront certifiées par une évaluation finale. Pour éviter tout dysfonctionnement au moment du recrutement, l’ensemble des recruteurs sont formés spécifiquement aux enjeux de discrimination. Pour chacun de ces volets, nous consultons beaucoup avant de tester et déployer ces dispositifs. Pour construire nos formations, nous avons échangé avec des experts du sujet, des cabinets spécialisés, des formateurs et d’autres entreprises. Nous sommes d’ores et déjà au travail pour développer de nouveaux modules de formation et de sensibilisation ouvert au plus grand nombre. D’ici la fin de l’année, nous allons lancer un dispositif de formation adapté pour l’ensemble des équipiers et des équipières sur ces enjeux majeurs.

Qu’est ce qui se passe lorsqu’un comportement sexiste ou discriminant est détecté ?

Delphine Smagghe : Premièrement, dès que l’alerte est donnée, une enquête interne est immédiatement diligentée pour établir les faits en toute objectivité avec la volonté de protéger le ou la plaignant(e), en séparant les salariés concernés, et garantir un véritable échange contradictoire. Nous associons, dès que cela est possible, les représentants du personnel et la médecine du travail. Si les faits sont établis, la direction des restaurants prend toujours les mesures disciplinaires qui s’imposent. Nous sommes actuellement en train de renforcer ce dispositif avec deux nouvelles mesures. Premièrement, la nomination d’un référent qualité de vie au travail dans tous les restaurants, qui sera un contact privilégié pour les équipes. Ensuite, nous allons mettre en place une ligne téléphonique dédiée avec un partenaire spécialisé dans l’accompagnement et la prise en charge des plaignantes ou des plaignants. Là encore, nous sommes encore au travail pour aller plus loin dans les prochains mois.


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