Les ménages pauvres épargnent plus et ont moins recours aux crédits

19 %
En 2019, 19% des ménages pauvres n'avaient pas de compte d'épargne.

En dix ans, la détention d’un compte d’épargne a considérablement progressé parmi les ménages pauvres. La détention d’un crédit à la consommation, au contraire, se fait plus rare, nous apprend une enquête réalisée par le Crédoc pour le Comité consultatif du secteur financier (CCSF).

Les découverts non autorisés restent fréquents pour les ménages pauvres

Les ménages pauvres sont moins nombreux que la population générale à détenir une épargne de précaution. En population générale, seuls 8% des répondants n’en détiennent pas. C’est le cas de 19% des ménages pauvres et de 26% des bénéficiaires de minima sociaux. À noter que la détention d’un compte d’épargne a progressé au fil des ans : en 2009, 37% des ménages pauvres et 39% des bénéficiaires de minima n’en avaient pas.

Les personnes en difficulté sont également plus nombreuses à avoir des découverts non autorisés : ils concernent 29% des bénéficiaires de minima et 27% des ménages pauvres, contre 16% en population générale. Une fois sur deux, le découvert des bénéficiaires de minima excède 150 euros. Logiquement, ils sont plus nombreux à s’acquitter de frais d’incidents : 15% des ménages en situation de pauvreté et 20% des bénéficiaires de minima sociaux sont concernés, contre 8% en population générale.

En dix ans, la détention par les ménages pauvres d’un crédit à la consommation a chuté

Bonne nouvelle cependant : en dix ans, la proportion des ménages détenant des crédits à la consommation a diminué, en particulier parmi les ménages pauvres : 13% seulement en avaient un en 2019, contre 23% en 2009. Les ménages pauvres souscrivent plus souvent un crédit pour combler des problèmes d’argent et payer des factures, tandis que la population générale a tendance à en souscrire pour acheter un bien ou un service précis.

L’enquête nous apprend aussi que les ménages pauvres sont moins nombreux à être clients d’une banque en ligne : 9% seulement, contre 13% en population générale. Cela, alors même que la banque en ligne aurait pu être pour eux une chance de dépenser moins en frais bancaires.

L’enquête « Les conditions d’accès aux services financiers des ménages vivant sous le seuil de pauvreté » a été réalisée en 2019 par le Crédoc pour le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) et rendue publique le 27 octobre 2020. 1.000 personnes en population générale, 800 personnes aux minima sociaux et 800 personnes en situation de pauvreté (c’est-à-dire percevant moins de 60 % du revenu médian) ont été interrogées.


A découvrir