Merci qui ? Merci Draghi et Powell !

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Il y a 4 ans, oui, 4 nians, en 2015, dans l’un de mes tous premiers articles sur le site insolentiae, je vous disais exactement ce qui allait se passer aujourd’hui et je vais vous dire ce qu’il se passera aussi demain, ou dans 4 ans peu importe.

Voilà ce que j’écrivais et vous pourrez aller vérifier par vous-même. Non, mieux, je vous invite vraiment à relire mon article du 22 septembre 2015 intitulé « Pourquoi les prix de l’or n’arrivent pas à prendre leur envol » ?.

Remettons nous dans le contexte de l’époque et faisons un tout petit peu d’histoire.

En 2007 et 2008 c’est la crise des supbrimes aux Etats-Unis. Cela devient une terrible crise financière puis boursière mondiale. Lehmann la banque s’effondre.

C’est le chaos.

La crise devient une terrible crise bancaire, qui se transforme en immense crise économique. En Europe, les choses vont de mal en pis.

La Grèce, l’Italie, l’Espagne et le Portugal menacent de s’effondrer sous le poids de taux d’intérêts qui explosent à la hausse sous fond de craintes d’insolvabilité de ces Etats.

Les marchés ne veulent plus prêter. Le crédit se grippe. L’économie s’éteint. Littéralement. C’est un véritable arrêt cardiaque.

L’or, la valeur refuge explose et atteint la barre des 2000 dollars l’once

Mario Draghi arrive à l’été 2011 et il dit, alors qu’à ce moment-là des napoléons 20 francs s’échangent à 480 euros pièce, « l’euro et irréversible, et nous ferons tout ce qu’il faudra, et croyez moi ce sera assez ».

En Europe et aux Etats-Unis la BCE comme la FED font marcher les rotatives (numériques) à plein régime. Le monde est inondé d’argent et de liquidité.

Les taux vont vers 0, puis deviennent même négatifs.

L’or, lui… ne monte pas.

Pourquoi ?

Parce que les banques centrales disent qu’il n’y a pas d’inflation (donc pas la peine d’acheter de l’or) et qu’elles vont finir par normaliser les taux, sortir des « QE » comme on dit, sortir du non-conventionnel, et que tout redeviendra normal.

Revenons à l’analyse que je partage avec vous depuis 2015… et qui se trouve vérifiée aujourd’hui !

Je disais ceci…

A l’époque c’est Janet Yellen qui dirige la FED, elle devait monter les taux et l’annonçait depuis deux ans, et vient de dire qu’elle va attendre encore un peu…

« La fiction qui ne dure toujours qu’un temps a fini par prendre fin la semaine dernière. Résultat les cours de l’or, qui subissent depuis des mois la pression de la menace de la remontée des taux, ont pu légèrement augmenter, mais ils ne peuvent pas « exploser » à la hausse tant que les marchés pensent que la banque centrale américaine va augmenter ses taux d’intérêt ».
Et c’est très logique. Si les taux montent alors la monnaie « rapporte » plus et s’apprécie. Elle se fait plus rare car les gens empruntent moins car le crédit est plus cher. Quand les taux augmentent, la masse monétaire se contracte. Cela provoque d’ailleurs des récessions plus ou moins fortes.

En clair, les marchés anticipent une hausse des taux et donc n’achètent pas d’or ce qui est logique alors que la FED, et c’est mon analyse, n’est pas en mesure d’augmenter ses taux de façon significative sans fracasser le peu de croissance économique actuelle et plonger le monde dans un chaos déflationniste à la 1929 !

Mon point de vue est que la FED ne peut pas cesser sa création monétaire. Elle peut varier la vitesse d’impression mais pas stopper l’imprimante! »
Si cette analyse est la bonne quelles seront les conséquences sur l’or?
Simple… Comme disait le père La Fontaine en ses fables… « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage »…

Soyez patients! Les marchés finiront par se rendre compte que la FED ne peut pas augmenter les taux d’intérêt et que tout cela relève de l’enfumage le plus savant, dès lors l’or reprendra son ascension ».

Que vient-il de se passer ? 30 dollars en une nuit !

En une nuit, en une parole de Draghi et de la FED l’or a pris 30 dollars en une nuit, et il vient de fracasser la résistance des 1 350 dollars, il faut désormais franchir la barre des 1 400 dollars ce qui devient faisable compte tenu du contexte.

Il vient de se passer ce que je vous annonçais il y a 4 ans, à savoir qu’il allait falloir attendre que les marchés admettent et comprennent (il n’y a pas plus imbéciles que les marchés, et les marchés ont quand même raison plus que vous !!!) que les banques centrales ne pourraient jamais relever les taux d’intérêt. Jamais.

Si les banques centrales augmentent les taux, dans un monde de dettes cela déclenche l’insolvabilité généralisée.

Les banques centrales ont donc fait semblant le plus longtemps possible que les taux allaient augmenter, la politique monétaire non conventionnelle se normaliser.

Puis, même Jerome Powell l’actuel gouverneur de la FED a fini par dire (je vous en ai parlé dans cet article) qu’il allait falloir s’habituer à ce que le non-conventionnel deviennent la nouvelle… norme.

Puis, les marchés ont admis que la FED ne monterait plus ses taux. Mieux ils attendent désormais une baisse.
En Europe, Mario Draghi sur le départ, lui, a dit… la BCE peut faire encore plein de choses, imprimer plein d’argent et n’est pas du tout désarmée, elle fera tout ce qu’il faut.

License to kill… license to print !

Pour les fans de James de bond comme moi qui roulent en Aston-Dacia immatriculée 007 (je vous assure que c’est vrai, je vous mettrais la photo un jour) ce n’est plus licence to kill qui se traduirait pas un « permis de tuer » mais la licence to print et le permis d’imprimer encore et encore jusqu’à la fin des temps… et des monnaies actuelles.

Que va-t-il donc se passer ? Quelle est la suite ?

La réponse est dans la Bible !!!

 » Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul ».

Je ne connais donc ni le jour, ni l’heure, et je n’aurais pas la prétention de vous donner le quand. J’en suis bien incapable! Mais ce que je sais, comme je le savais en 2015, c’est que nous ne traversons pas qu’une petite crise comme les autres. Ce que je peux vous dire c’est qu’il y aura encore des hauts et des bas, des manipulations et des spéculations, des doutes et des craintes… mais que …

Cette crise, se terminera par une résolution monétaire.

La fin de la Seconde guerre mondiale a enfanté du système de Bretton Woods, les années 70 de notre système monétaire international actuel, et la crise de 2007 mettra plusieurs années a enfanté d’un nouvel ordre monétaire mondial. Nous nous en approchons, mais nous n’y sommes pas encore.

Je pense qu’il faudra d’abord que le processus de destruction de nos monnaies soit suffisamment avancé pour qu’il soit « rentable » d’en établir une ou des nouvelles.

Nous venons de passer une sacrée étape, une étape qui ouvre la voie à la nouvelle monnaie, et c’est le thème de la lettre STRATEGIES du mois de juin. « Les nouvelles monnaies. Comment survivre à une réforme monétaire? »… enfin pas vous, votre patrimoine, vos sous, car s’il est facile d’échapper à un krach boursier en n’ayant pas d’action, et l’on peut vivre sans action du CAC40, il est nettement plus difficile d’échapper à une refonte monétaire. Pour en savoir plus ou pour vous abonner c’est ici. 

Elle va avoir lieu. La seule question désormais est quand. Soyons prêts ! En attendant, il est l’or…

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Article écrit par Charles Sannat pour Insolentiae


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.