Meilleure prise en charge et amélioration des parcours de soins : le rôle crucial de la mobilité médicale

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Seuls 20% des Français ont testé la télémédecine.

La crise a mis en lumière les imperfections du système de santé français. Pour combler ces lacunes, il est primordial de travailler à améliorer tout à la fois les délais d’accès à une prise en charge, les parcours de soins des patients, mais aussi la coopération entre les professionnels de santé et les médecins. Le gouvernement lui-même l’a bien compris.

Preuves en sont : les appels à manifestation d’intérêt (AMI) régulièrement publiés par le ministère. Or, si les solutions e-santé jouissent d’une littérature florissante, le distanciel ne permet pas de répondre à tous les besoins. Une partie importante de la réponse se trouve ainsi du côté d’une autre pratique de la médecine, trop souvent oubliée malgré son utilité et disposant de débouchés économiques importants : la mobilité médicale.

Mobilité médicale : une diversité de métiers au service du bien vivre…

On associe le plus souvent au terme de mobilité médicale les médecins de campagne. Parties intégrantes de la famille ayant noué des liens de proximité avec leur patientèle, ils assurent un véritable rôle social en complément de leur cœur de métier. Si ces derniers se font de plus en plus rares, la santé mobile s’est progressivement démocratisée : du service médical continu historique SOS Médecins aux prestataires de santé à domicile se déplaçant pour vérifier les constantes de patients diabétiques ou souffrant d’apnée du sommeil… en passant par les infirmier·e·s, ergothérapeutes, kinésithérapeutes ou sages-femmes pour ne citer qu’eux. La mobilité médicale est donc désormais multi-métiers, mais aussi multi-lieux en ce que les différents professionnels de santé sont à même de se déplacer là où se trouve la patientèle : à domicile évidemment, mais aussi en établissements et services médico-sociaux (Ehpad) ou de santé, en résidences services pour seniors, ou encore dans le milieu professionnel et les établissements scolaires.

En ce sens, la santé en mobilité compte autant d’avantages que de lieux de vie visités. Outre le fait de limiter les risques sanitaires et les coûts liés aux déplacements des personnes fragiles, elle est un moyen de lutter contre les déserts médicaux et de réduire la perte de chances et le phénomène de non-recours aux soins des personnes isolées ou dépendantes. En ce qu’elle permet de repérer sur site les situations à risque, elle est également un moyen de détecter les différentes formes de maltraitance et donc, in fine, d’améliorer le bien-être des patients. En effet, certains professionnels de santé en mobilité, du fait de leur démarche de qualité de service peuvent alerter les autorités compétentes en cas d’insalubrité du logement, de signes de maltraitance physique ou morale de la part d’un tiers, de malnutrition, etc. Elle permet enfin une meilleure prévention et un dépistage anticipé. Des avantages eux-mêmes sources de nombreuses vertus. La réalisation de bilans visuels en entreprise ou à l’école entraîne par exemple une plus grande productivité des collaborateurs et une diminution du risque d’échec scolaire.

… comme un maillon essentiel de l’offre de santé de demain !

Les avantages inhérents à la mobilité médicale sont encore plus nombreux dès lors qu’elle est réalisée en coordination avec les autres acteurs de la chaîne de valeur. De sorte à limiter l’affluence des services d’urgence ou les trafics dans les grands centres urbains, les professionnels de santé en mobilité peuvent ainsi rediriger les patients vers les maisons de santé pluridisciplinaires qui essaiment partout sur le territoire. Aussi, afin de faciliter l’accès à certaines spécialités, ces professionnels de santé mobiles peuvent réaliser des actes de dépistage et de prévention en soutien des médecins spécialistes qui seront consultés (en présentiel ou par voie de télémédecine) pour l’interprétation des résultats et la réalisation de la prescription ou de l’acte chirurgical. L’évolution du cadre réglementaire pourrait permettre à, un·e opticien·ne en mobilité de réaliser par exemple un bilan visuel et un dépistage complet à destination de l’ophtalmologiste. De même, un·e infirmier·e à domicile en pratique avancée sera en mesure de réaliser un bilan infirmier à destination d’un neurologue, d’un chirurgien ou de tout autre médecin qui en aurait le besoin. Une coordination qui permet de fluidifier le parcours de soin : côtés patients en diminuant les délais d’obtention des rendez-vous médicaux ; et côté praticiens en leur permettant à la fois de libérer du temps aux patients nécessitant une expertise médicale ou des soins complexes, et de se concentrer sur les actes médicaux.

Alors qu’il était coutumier pour un patient de se déplacer vers les professionnels de santé, les changements structurels entraînés par le développement des services à domicile pourraient être la clé pour offrir à chacun - quel que soit son âge, son mode et lieu de vie, et sa capacité ou sa volonté de se déplacer - un meilleur accès à la santé. Reste néanmoins, pour un parcours de soins sans couture, à activer les leviers visant à une meilleure coordination entre les professionnels de santé facilitée par une plus grande délégation des tâches, à accompagner l’émergence de services supports spécialisés leur permettant d’exercer leur métier à 100% auprès des patients sans se soucier des contraintes administratives, et à les former sur ces nouveaux métiers en mobilité. Car outre un matériel professionnel miniaturisé, c’est aussi des méthodes et des processus qui sont à adapter à cette façon, à la fois plus intrusive mais aussi éthique, de pratiquer son métier. Une pratique mobile ET sociale qui pourrait ainsi faire progresser la société dans son ensemble !


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