Montagne d'Or : le projet minier plébiscité par la Collectivité Territoriale de Guyane

Le projet de mine d’or de la Compagnie minière Montagne d’Or (CMO), dans l’Ouest de la Guyane, serait un « projet générateur de développement et de création d’emplois directs, indirects et induits », selon un rapport favorable remis la semaine dernière à la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG). Préparé par un panel d’experts et d’universitaires indépendants, ce rapport analyse et confirme les éléments chiffrés fournis par la compagnie minière en charge du projet.  La CTG a même affirmé vouloir rentrer, de manière minoritaire, au capital social de la CMO, signe du soutien des pouvoirs publics. 

Des retombées socio-économiques reconnues

Le rapport, remis par le professeur Philippe Chalmin, de l’université Paris Dauphine et réalisé par une équipe de chercheurs et de spécialistes des matières premières, insiste sur « l’urgence sociale en Guyane à laquelle répond le projet générateur de développement et de création d’emplois directs, indirects et induits », tout en affirmant que «  Montagne d’Or est un catalyseur de développement économique, de contenu local ».

Le projet a en outre, selon le rapport, le double avantage de « reconnaître l’importance de lutter contre l’orpaillage illégal et s’y impliquer ».

Le rapport du professeur Chalmin revient également sur la polémique soulevée notamment par l’organisation écologiste WWF France. L’équipe de scientifiques en charge du rapport a reconnu l’impact environnemental d’un tel projet industriel, tout en le relativisant en comparaison avec les potentialités de développement socio-économique pour l’ensemble du territoire.

« Il nous apparaît, en définitive, compréhensible que le WWF France appelle, sur le plan politique, à ce qu’un autre modèle de développement soit porté pour la Guyane, mais ceci ne semble pouvoir être légitimé par une analyse économique rigoureuse », assurent les rédacteurs du rapport.

Les retombées chiffrées, encore hypothétiques et fournies par la CMO, évoquent cependant trois milliards d’euros sur une douzaine d’année pour la Guyane, dont 782 millions d’euros d’investissement privé. Au niveau des ressources humaines, 750 emplois directs sont attendus, pour 3 000 emplois indirects et induits. Après la polémique déclenchée par le député EELV Yannick Jadot, le rapport confirme que la CMO ne devrait pas bénéficier de subventions publiques. En revanche, la Montagne d’Or serait éligible à  un crédit d’impôts au titre du CICE, pour un montant estimé entre 177 et 227 millions d’euros, comme l’ensemble des investissements productifs mis en œuvre dans les DROM (départements et régions d’Outre-mer).

Des engagements forts pour la minimisation des risques environnementaux

Les critiques sur l’impact environnemental de la mine de la Montagne d’Or semblent être également à relativiser car le projet s’est imposé des normes très strictes pour rassurer les populations locales et les pouvoirs publics. La société bénéficie notamment du label Mine  responsable qui lui impose de respecter les plus hauts standards internationaux et les conventions internationales les plus exigeantes en termes de protection de l’environnement.

Des bonnes pratiques qui, selon la Montagne d’Or, concernent en premier lieu le procédé de lixiviation en cuves (utilisation de procédés chimiques à base de cyanure) que la société effectue en circuit fermé afin de limiter l’impact environnemental et d’assurer une exploitation aussi  respectueuse de la biodiversité que possible.

« Le cyanure sera détruit avant l’entreposage des résidus, pour éviter un impact sur la santé des personnes et sur l’environnement, conformément à la législation de l’Union Européenne(…) dans le respect du Code international de gestion du cyanure, instauré par le Programme des Nations Unies sur l’environnement pour assurer un plus haut niveau de sécurité dans la gestion du cyanure au sein de l’industrie de l’extraction minière mondiale », prévient la société dans un communiqué.

La Montagne d’Or assure par ailleurs que « tous les produits chimiques utilisés sur le site seront entreposés, manipulés et mis en œuvre sur des surfaces étanches, avec un système de drainage et de récupération en cas de fuite. Les installations de l’usine de traitement du minerai seront munies de systèmes d’alarme automatique de niveau et de détection des fuites ».

Pour consulter le rapport Cyclope : https://la1ere.francetvinfo.fr/sites/regions_outremer/files/assets/documents/2018/06/01/rapport_ctg_-_cyclope_version_definitive-773657.pdf


A découvrir