Négociations commerciales : malgré la loi ÉGAlim, les prix d'achat baissent

1,2 %
En 2019, les adhérents de l'ILEC ont dû signer des prix en baisse de
1,2% en moyenne.

Malgré l’adoption en 2018 de la loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire (dite loi ÉGAlim), les prix obtenus par les centrales d’achat de la grande distribution auprès des producteurs pour 2019 sont en baisse pour la sixième année consécutive.

Prix d’achat : en 2019, la baisse est de 1,2% en moyenne

C’est un paradoxe du secteur alimentaire français : les prix augmentent certes dans les supermarchés et hypermarchés, mais les producteurs ne sont pas mieux rémunérés pour autant. Pire, les prix arrêtés à l’issue des négociations commerciales entre les centrales de la grande distribution et les organisations de producteurs sont en baisse continue depuis 2014. En 2019, la baisse s’est établie à 1,2%, après déjà une baisse de 1,1% en 2018, apprend-on d’un bilan de l’Institut de liaisons et d’études des industries de consommation (ILEC), une organisation professionnelle qui regroupe 80 entreprises fabriquant des produits de marque de grande consommation (37 milliards d’euros de chiffre d'affaires, soit 50% du chiffre d'affaires alimentaire en grandes surfaces, 150 000 producteurs).

Toujours selon l’ILEC, en 2019 les baisses de prix d’achat ont concerné les trois quarts des marchés de l’alimentaire. Pour l’ensemble de ses adhérents, le « niveau de dévalorisation net » (c'est-à- dire déduction faite des baisses objectives de coûts de matières observées sur certaines catégories) est estimé autour de 200 millions d’euros.

Prix d’achat : au mieux le maintien du status quo

Quant aux produits qui ont pu bénéficier d’une revalorisation de leur prix d’achat (25% des références), cette dernière est comprise entre 1,5 et 3%. Pour autant, cette revalorisation ne couvre pas toujours la totalité des coûts de matières premières, et dans les cas où ils sont couverts entièrement, il ne reste rien de plus à répercuter vers l’amont à l’avantage des producteurs, met en garde l’ILEC. « C’est au mieux le maintien du status quo », estime son directeur général, Richard Panquiault.

Ce bilan dressé par l’ILEC concorde largement avec celui de l’Association Nationale des Industries Alimentaires (ANIA; 17 647 entreprises alimentaires pour un chiffre d’affaires de 180 milliards d’euros). 49% de ses adhérents ont signé en déflation en 2019, la baisse moyenne des prix se chiffrant à -0,5% en 2019. Selon les estimations de l’ANIA, les baisses de prix d’achat ont atteint 6,4% en cumul depuis 2013, soit une destruction de valeur d’environ 4 milliards d’euros.


A découvrir