Les nouvelles technologies, "boosteurs" d'emploi et de croissance

L'économie numérique a généré un quart de la croissance de l'économie
française. En 15 ans, ce sont 700 000 emplois qui ont ainsi été créés.

Dans bon nombre d'esprits, les nouvelles technologies restent associées par delà la prouesse technique à un sentiment de crainte voir de rejet face au processus de « destruction créatrice » dont elles sont à l'origine, relayé par les incertitudes que peut nous inspirer l'avenir dans un contexte de crise profonde.


Si chaque révolution industrielle aussi intense que celle que nous vivons actuellement s'accompagne sur le court terme de son lot de destruction d'emplois, sur la distance, tous les spécialistes s'accordent sur le fait que le numérique créera bien plus de postes qu'il n'en aura détruits. La polémique actuelle sur la réalité des chiffres annoncés, qui fait rejaillir de vieilles peurs, ne doit donc pas nous inciter à initier une compétition entre l'emploi et la technologie.


Une révolution sur le long terme

 

Ne soyons pas victimes d'une approche statique et comptable du problème. La société et l'économie sont des entités dynamiques, où la création de nouveaux champs d'activités demande du temps. Si le développement de l'industrie des logiciels a commencé en 1979, il aura fallu plus de vingt ans pour consolider ce type d'entreprises. Le e-commerce balbutiant il y a encore quelques années connaît aujourd'hui des taux de croissance fulgurants et entraîne dans sa course vers le succès de nouveaux métiers comme les services de sécurisation bancaire ou d'intermédiation.

 

Les plateformes collaboratives, les webconférences, l'Internet mobile, mais aussi les réseaux sociaux... ces technologies jugées comme des « gadgets » hier sont devenues les outils de développement d'aujourd'hui et nous obligent à réinventer nos codes, nos process, nos métiers.


Un cercle vertueux de croissance et d'emploi


Depuis 1995, le secteur internet serait à l'origine de plus d'un quart des créations nettes d'emploi, selon l'OCDE et en 2010, l'économie numérique a généré un quart de la croissance de l'économie française. En 15 ans, ce sont 700 000 emplois qui ont ainsi été créés. 450 000 de plus le seront d'ici 2015, selon une étude Mc Kinsey & Company.

 

Les entreprises présentes sur Internet croissent par ailleurs deux fois plus vite que les autres et exportent deux fois plus. Des chiffres qui expriment le rôle de plus en plus prépondérant de « l'immatériel » dans l'économie globale. Les nouvelles technologies irriguent tous les secteurs de l'économie et sont devenues indissociables de la bonne marche de nos entreprises. Un secteur composé en grande partie de PME et PMI qui selon l'OCDE participent entre 60 et 70 % à la création nette d'emplois.

 

Des emplois souvent qualifiés, avec une forte proportion de CDI, rétribué de façon sensiblement meilleure qu'à qualification équivalente dans d'autres secteurs. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Selon l'association France Digitale qui regroupe plus de 100 start-ups et investisseurs français, le secteur numérique pèse désormais 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires dont 39 % à l'international. Il affiche une croissance annuelle de 33 %, un accroissement de ses effectifs de 24 % en moyenne chaque année et crée 87 % d'emplois pérennes.


Et la marge de progression est grande, puisque le numérique ne contribue à ce jour qu'à hauteur de 4,6 % au PIB de la France, selon l'INSEE. Or notre pays dispose en la matière de nombreux atouts qui attirent notamment les investisseurs internationaux, comme l'excellence de la mathématique française, le haut degré technologique de nos ingénieurs, la disponibilité d'équipes techniques compétentes immédiatement opérationnelles, sans oublier le Crédit d'impôt recherche, véritable accélérateur de compétitivité.

 

A nous de savoir faire fructifier ces nouvelles pousses de la croissance.