Pétrole : l'OPEP+ prolonge son accord pour faire remonter les cours

40 DOLLARS
Le prix du baril de Brent a dépassé les 40 dollars après l'annonce de
l'OPEP+.

La hache de guerre entre la Russie et l’Arabie Saoudite semble enterrée, la crise du coronavirus et la chute du baril de pétrole en Bourse ayant eu raison des tensions entre les pays producteurs de pétrole, l’OPEP et ses alliés (aussi appelés OPEP+). L’accord historique de réduction de la production est maintenu.

La production de pétrole maintenue à un niveau très bas

Lorsque l’Arabie Saoudite et la Russie avaient commencé leur petite guerre des prix du pétrole, faisant exploser l’alliance entre l’OPEP, le cartel de l’or noir, et la Russie, les deux pays ne s’attendaient pas à ce qu’une pandémie mondiale mette à genoux le secteur pétrolier. Si Poutine voulait faire un peu pression sur les pays du Golfe, plus dépendants du pétrole que la Russie, personne ne s’attendait à des barils de pétrole sous la barre des 15 dollars. Or, en pleine pandémie du coronavirus Covid-19, c’est bien ce qui s’est passé.

Le prix du pétrole en Bourse s’étant effondré à un niveau insoutenable pour les économies des pays producteurs, un accord, historique, avait été trouvé en avril 2020 pour réduire la production. La technique est toujours la même : la réduction de la production est censée créer une raréfaction du produit sur les marchés et donc artificiellement en faire augmenter les prix.

Malheureusement, l’accord, qui courait jusqu’en juin 2020, n’a pas suffi : si le pétrole a entamé une tendance haussière, il restait à des prix très bas, moins de 40 dollars le baril (WTI et Brent) début juin 2020. Le 6 juin 2020, réunis en visioconférence, les pays de l’OPEP et ses alliés ont donc prolongé l’accord de réduction de la production d’un mois, jusqu’en juillet 2020.

L’augmentation inévitable du prix du baril en Bourse

Les pays de l’OPEP+ le savent : ainsi faisant, le baril de pétrole devrait augmenter et, peut-être, retrouver des niveaux d’avant-crise du Covid-19 et, surtout, d’avant-confinement. Car avec la reprise des activités industrielles et privées, la demande de pétrole est en forte hausse, surtout par rapport à la période d’arrêt total en Chine ou en Europe.

Une demande en hausse couplée à une production basse permettra d’éliminer les stocks de brut qui se sont cumulés et qui ont fortement participé à la baisse du prix du brut en Bourse. Aux États-Unis, les capacités de stockage ont été mises à rude épreuve, certains producteurs ayant même été autorisés à réinjecter le brut dans le sol faute de pouvoir le stocker.

Les stocks devraient peu à peu retrouver des niveaux plus normaux, la demande étant en hausse et la production, de fait, très basse. Le prix du baril va donc inéluctablement augmenter et, avec lui, le prix des carburants à la pompe.


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