L'opéra au cinéma, la culture pour tous

Désormais, de nombreux opéras sont retransmis dans les cinémas.

Se rendre à l’opéra peut vite devenir coûteux, sans compter le transport et l’hébergement si l’on n’habite pas Paris ou une métropole régionale bénéficiant de cet équipement. Heureusement, les projections d’opéras au cinéma sont nées il y a quelques années et elles ont su trouver leur public. Faisons le point avant le lancement de la nouvelle saison 2019-2020.

L’Opéra de Paris fait partie des grandes maisons lyriques internationales, on pourra retrouver plusieurs de ses spectacles dans le réseau UGC, dans le cadre de Viva l’opéra (30 euros la place). Il y aura deux reprises, avec le magnifique ballet Le Parc d’Angelin Preljocaj sur des musiques de Mozart (23 et 30 avril) et Giselle, archétype du ballet classique (6 février), ainsi que quatre nouvelles productions : La Traviata (24 septembre), Les Indes galantes (10 octobre), Le Prince Igor (17 décembre), Manon (17 mars). Outre l’Opéra de Paris, plusieurs productions venant d’établissements européens sont proposées (notamment une Tosca de Londres avec Jonas Kaufmann, Bryn Terfel et Angela Gheorghiu, un Macbeth de Berlin avec Placido Domingo et Anna Netrebko, et le très réussi Orfeo ed Euridice du Théâtre des Champs-Élysées).

Nous avons vu La Traviata de Verdi (dans les cinéma le 24 septembre), la mise en scène de Simon Stone est inventive, très actuelle, elle joue sur notre fascination pour les écrans et les réseaux sociaux, elle utilise la vidéo et un plateau tournant ce qui permet de varier les décors, mais tout cela parfois distrait, tourne au vaudeville ou au graveleux (personnages affublés de godemichés, vidéos X explicites de personnes stylisées…). Mais ce travail est tout de même intéressant. Belle distribution, orchestre et chœur au top, comme d’habitude avec l’Opéra de Paris.

Une idée venue de l'Outre-Atlantique

Le premier à avoir lancé l’idée des diffusions dans les cinémas est le Metropolitan Opera de New York, et sa saison est reprise en France par le réseau Gaumont avec Pathé Live (36 euros). Le MET propose dix spectacles dont cinq nouvelles productions, parmi lesquelles Wozzeck de Berg et Porgy and Bess de Gershwin, deux œuvres emblématiques, et très différentes, du premier XXe siècle. Parmi les «tubes», signalons une Tosca avec Anna Netrebko, un Vaisseau fantôme avec Bryn Terfel, et la reprise de Turandot dans la mise en scène haute en couleurs de Franco Zeffirelli, récemment disparu.

Enfin, le Royal Opera House de Londres, plus connu sous le nom de «Covent Garden», est distribué dans le cinéma Publicis à Paris (20 euros), et dans quelques salles en France. On ne manquera pas le Fidelio avec Jonas Kaufmann, La Bohème avec Sonya Yoncheva et Elektra avec Nina Stemme.


A découvrir

Philippe Herlin

Philippe Herlin est économiste, Docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers, il a publié plusieurs ouvrages chez Eyrolles et rédige des chroniques hebdomadaires pour Goldbroker.

Il écrit tous les vendredis un article sur l'art et la culture vus à travers l'économie, et intervient ponctuellement sur d'autres sujets.

Son site : philippeherlin.com.