Orange, Free, Blackberry, Bouygues Telecom : histoires de pannes

150 millions d'euros, indemnisation minimale des abonnés d'Orange et
des clients des opérateurs virtuels partenaires (MVNO), sur une base
de 5 euros, comme l'avait fait Bouygues Telecom en 2004 lors d'une
panne similaire.

Des millions d'abonnés privés de téléphone pendant des heures ? La panne est rarissime, mais lorsqu'elle survient, elle fait du bruit.

En octobre 2011 déja, les quelques 50 millions d'utilisateurs de Blackberry, un peu partout dans le monde, se sont retrouvés privés de... messagerie pendant 3 jours, du 10 au 13 octobre eactement. Or, le Blackberry étant par excellence l'outil des pros pour recevoir et envoyer ses mails partout tout le temps, garantissant un "push" (envoi) instantané, via des serveurs sécurisés, la panne étaitn on ne peu plus grave, même si les services voix et SMS continuaient, eux, à fonctionner. L'affaire a couté 100 millions de dollars à BlackBerry, qui a du indemniser les opérateurs lésés, qui ont eux-mêmes indemnisés leurs clients, le plus souvent en leur offrant des options tarifaires. Blackberry a aussi offert pour des dizaines de millions de dollars de téléchargements d'applications rendues gratuites sur sa boutique d'applications, ce qui ne veut pas dire pour autant que l'entreprise aurait pu vendre ses dizaines de millions d'applications offertes.

Mais cette panne a en fait coûté bien plus à Blackberry : tout simplement, sa... place dans le club des constructeurs leaders de smartphones. Depuis quelques mois, Blackberry s'effondre littéralement. Ses ventes sont en repli de plus de 25 % depuis le début de l'année, et sa part de marché a chuté sous la barre des 10 %. Surtout, son nouveau système d'exploitation, Blackberry OS 10, prévu initialement pour cet année, ne sera pas dévoilé avant 2013. Ces derniers jours, Blackberry a annoncé de nouveaux plans de départ massifs, et l'on parle réguliérement de son rachat potentiel "à la casse" par un concurrent, ou encore par un Microsoft like, autant pour le sauver que pour le... tuer, tout en prenant au passage le contrôle de quelques milliers de brevets stratégiques.

Une autre panne majeure, proche de celle qu'a connue Orange ces dernières heures, s'est également produite en France, au détriment de Bouygues Télécom.  Le 17 novembre 2004, les 7 millions d'abonnés du troisième opérateur étaient privés eux aussi de téléphone à cause d'une panne informatique sur le réseau. Privés de téléphone pendant toute la journée, ils ont été indemnisés par Bouygues, qui a offert la journée d'appels à ses abonnés, et 5 euros de crédit aux clients "carte prépayée". Cette base d'indemnisation pourrait servir de modèle pour les associations de consommateurs qui réclameraient d'Orange un geste commercial, mais Orange, plus ses partenaires MVNO, c'est tout de même près de 30 millions de clients... Les indemniser à hauteur de 5 euros chacun coûterait donc au minimum 150 millions d'euros à Orange, sans compter les indemnisations que vont aussi directement réclamer les gros clients "flotte" d'Orange, avec des moyens de pression au "départ chez un autre opérateur" très très forts.

En revanche, les pannes à répétition du réseau de Free Mobile depuis le début de l'année, qui au passage ont parfois contaminé les abonnés d'Orange également, n'ont ouvert droit à aucune indemnisation de ces abonnés. Il faut dire qu'à 2 euros, ou 19,90 euros pour les deux formules tarifaires du quatrième opérateur, difficile de dégager de quoi en plus les indemniser quand le réseau tombe en panne. D'autant que beaucoup ont admis être un peu "béta-testeurs" lors des premiers mois d'exploitation du réseau. 


A découvrir

Jean-Baptiste Giraud

Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin. Il est également intervieweur économique sur RTL dans RTL Grand Soir (en semaine, 22h17) depuis 2016.

Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time. 

En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007.

Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an.

En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier. 

Il a également été éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018.

 

Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont notamment "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ainsi que "le Guide des bécébranchés" (L'Archipel).