Démondialisation. Comment Trump vient de tuer l'OMC !

180 MILLIONS €
Le budget de l'OMC pour 2018 était de 180 millions d'euros.

L’OMC, c’est l’Organisation Mondiale du Commerce. Son siège est à Genève en Suisse.

L’OMC organise la mondialisation et le commerce mondial.

L’OMC règle les litiges entre les différents pays et dispose de son propre organe de « justice » afin de dire ce qui est une entrave à la liberté de commerce ou ce qui ne l’est pas.

L’OMC permet de sanctionner ceux qui ne jouent pas le « jeu » du libre-échange.

L’OMC est donc une organisation qui permet profondément le développement du totalitarisme marchand qui saccage notre planète et sabote nos systèmes sociaux depuis 30 ans.

Mais l’OMC vient de se faire exécuter en place publique et dans le plus grand silence médiatique par Donald Trump le président américain.

Le boulot de Trump ? La démondialisation et il le fait.

Il ne peut pas y avoir de protectionnisme dans un commerce mondial dirigé par l’OMC.

Tout le monde le sait et Trump aussi.

Poursuivre la démondialisation, ce n’est pas uniquement taxer les produits chinois.

Permettre la démondialisation c’est aussi casser, détruire, les structures politiques et de gouvernances mondialistes.

C’est le magazine allemand Spiegel qui s’inquiète terriblement de voir que les Etats-Unis font tout pour que l’organe d’appel (le tribunal) de l’Organisation mondiale du commerce cesse d’exister.

En effet, « l’Appellate Body » est l’organe d’appel permanent de l’Organisation mondiale du commerce composé de sept arbitres. Vous savez c’est le « tribunal » de l’OMC qui siège et règle les conflits. Lorsque vous entendez un pays dire qu’il « porte plainte devant l’OMC », nous parlons en réalité de la saisine de l’Appellate Body.

Or les Etats-Unis refusent de nommer les nouveaux juges… du coup, l’organe « suprême » chargé de rendre la justice libre-échangiste est au bord de l’effondrement et de l’incapacité d’agir.

Pour le Spiegel, la fin de l’activité de ce tribunal entraînera l’effondrement de l’ensemble du système de l’OMC et des règles du commerce mondial et aura pour conséquence très rapide le retour au droit du plus fort, ce qui tombe bien puisque Donald Trump cherche un tel résultat car il «compte obtenir des conditions plus favorables pour les États-Unis dans un monde sans l’OMC».

D’après le magazine allemand, la paralysie de l’Appellate Body semble presque actée et l’Union européenne s’y prépare déjà.

Entre la destruction progressive de l’OTAN et la disparition peut-être pour Noël de l’OMC, Trump détricote consciencieusement les organes de gouvernance de la mondialisation.

La démondialisation avance à grands pas !

Faut-il avoir peur de la disparition de l’OMC ?

A court terme sans doute, parce que cela va introduire une nouvelle dose d’incertitude dans un monde complexe et fragile, mais à long terme, il n’y a pas d’autres chemins possibles que celui de la démondialisation.

D’ailleurs, la France est toujours en retard d’une guerre ou presque, et au moment où Macron, sous la pression d’une vision anglo-saxonne, libérale et mondialiste veut terminer de casser ce qui faisait la colonne vertébrale de l’Etat français, les Américains et les Anglais, eux font marche arrière et se lancent dans la politique contraire, en démondialisant et en reprenant les outils et les moyens de leurs souverainetés.

Il se passera la même chose en France… mais plus tard.

C’est bien dommage.

En attendant, la mort annoncée de l’OMC est une excellente nouvelle et le faire part de décès de cette organisation est un superbe cadeau de Noël… Attendons de le voir pour y croire.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.