Le nouvel Ouzbékistan : un modèle de réformes en Asie centrale

57,92 MILLIARDS $
Le PIB de l'Ouzbékistan en 2019 était de 57,92 milliards de dollars.

L’analyse des réformes entreprises en Ouzbékistan par Shavkat Mirziyoyev il y a cinq ans montre qu’un nouveau modèle de société et de relations avec l’Etat et le marché est en train de se forger. Visant un modèle qui assure le bien-être de la population, elles s’appuient sur l’implication de chacun dans le développement du pays. Ce modèle se veut constituer une base solide pour la mobilisation du fort potentiel et des ressources de la société. Si la voie choisie par l'Ouzbékistan est complexe, il semble à ce jour qu’elle soit efficace.

Des réformes économiques en profondeur

La première étape importante du président Shavkat Mirziyoyev a été d'abandonner le système de gouvernance en place depuis 25 ans et de mettre en place un programme de réformes, intitulé « stratégie d'action».

Le processus de réforme, qui a débuté en 2016-2017, visait à activer de nouveaux facteurs de croissance économique - l'amélioration du climat d'investissement, l'expansion du potentiel d'exportation, l'intensification du commerce extérieur et le renforcement de la stabilité macroéconomique. Les étapes importantes dans cette voie ont été la libéralisation du marché des changes, la simplification des visas, le passage à un barème d'impôt sur le revenu fixe de 12%. Mais aussi la réduction d'un certain nombre de coûts administratifs liés aux affaires. Avec la participation d'experts étrangers, rien qu'en 2017, 18 zones économiques franches et 77 petites zones industrielles, ainsi que 10 technoparcs ont été créés dans le pays, ce qui a contribué au développement accéléré des régions de la république.

La libéralisation de l'économie, proclamée comme la priorité de la nouvelle direction du pays, s’avérait impossible sans une modernisation profonde du système économique. À cet égard, l'Agence nationale de gestion de projets a été créée pour accroître le niveau de cohérence dans le processus de réformes économiques et pour introduire des systèmes modernes de gestion de l'information. Conformément au décret présidentiel de 2019, le Ministère de l'Investissement et du Commerce extérieur, chargé de la mise en œuvre d'une politique d'investissement unifiée de l'État, coordonne l'attraction des investissements étrangers et la coopération avec les institutions financières internationales.

Un changement d’état d’esprit

Parmi les changements observés dans la vie sociopolitique de l'Ouzbékistan au cours des années récentes, une attention particulière a été accordée à la promotion d’un rôle actif des citoyens dans la vie publique. On peut à cet égard noter que la liberté d'expression est en train de se développer. En effet, les citoyens commencent à parler ouvertement de leurs problèmes envers les agences gouvernementales, ce qui tend à réduire la distance qui a séparé pendant de nombreuses années administrés et fonctionnaires.

C’est dans cet esprit qu’est visée la meilleure représentation possible du gouvernement à travers un modèle de fonctionnaires en phase avec les doléances de tous les niveaux de la société ouzbèke.

De manière significative, il y a eu des changements spectaculaires dans l'esprit des Ouzbeks. Les citoyens qui vivaient sous la censure interne depuis plusieurs années, ont donc chaleureusement salué la transparence mise en avant par le Président et ont exprimé leur volonté de changement. Par ailleurs, grâce à ces réformes, les citoyens sont en train de passer du rôle traditionnel de spectateurs à celui de participants actifs aux changements de la société. Il est indéniable qu’un esprit critique a émergé dans la société ouzbèke.

Autre marqueur, dans un pays où plus de 60% de la population est composée de jeunes, seules les nouvelles générations peuvent relever divers défis et créer une nouvelle société, qui plus est dans un monde en développement rapide. Cette approche repose également sur des objectifs stratégiques tels que le pari sur l'intelligence et le potentiel des jeunes. Récemment, le niveau de couverture de l'enseignement supérieur dans le pays a presque triplé pour atteindre 25%, là où il y a quatre ans, ce chiffre n'était que de 9%. Cet objectif a été atteint grâce à l'ouverture de nouvelles universités -y compris des antennes de grandes universités étrangères- et à l'organisation d'un enseignement à temps partiel et le soir. Une autre décision importante dans le système d'enseignement supérieur de l'Ouzbékistan est l'octroi cette année de la liberté académique à trente grandes universités du pays.

Une politique étrangère en cours de normalisation

Sur un autre terrain, il y a eu ces dernières années des changements majeurs dans le domaine des migrations externes. Ceci est directement lié à la gestion et à la libéralisation des processus de migration. On sait que l'Ouzbékistan est un pays à forte main-d'œuvre en raison de la jeunesse de sa population. Jusqu'à récemment, cependant, le pays n'avait pas établi de coopération sur l'organisation sûre et ordonnée des processus de migration avec les pays bénéficiaires. Au cours de la période écoulée, douze actes normatifs et juridiques réglementant directement ou indirectement l'industrie ont été adoptés.

À cet égard, on peut dire que la priorité de la politique étrangère de Tachkent est d'établir des relations tendant vers l’égalité avec les pays étrangers et d'assurer directement les intérêts de sa population. Cela se traduit par la création de conditions favorables pour les investisseurs ou la fourniture d’assistance aux citoyens ouzbeks en situation difficile dans les pays étrangers.

C’est un fait que les relations avec les voisins se sont améliorées et le commerce extérieur avec de nombreux pays s'est intensifié, favorisé par la libéralisation du marché des changes et la réduction des barrières au commerce extérieur. Ces changements ont fait passer les exportations de 12,1 milliards de dollars en 2016 à 17,4 milliards de dollars en 2019.

En même temps, l’un des résultats les plus importants de la politique étrangère du pays au cours de la période écoulée est sans doute la création d’une atmosphère de dialogue, de coopération et de bonnes relations de voisinage. De cette manière, Tashkent a créé un pôle d'attraction commun en Asie centrale. Il faut dire que l'Ouzbékistan ne revendique pas de leadership individuel, mais cherche le développement harmonieux de toute la région. Une telle approche du dirigeant Ouzbek envers ses voisins peut être considérée comme un modèle visant le bénéfice mutuel et la réussite commune.

Finalement, dans la recherche d'un nouveau modèle de développement, la république a parcouru un long chemin en peu de temps, ayant fait des percées significatives dans divers domaines de réforme et de libéralisation de l'économie depuis 2017. Ces trois dernières années, la position de la république dans des indices internationaux tels que l'indice Doing Business, l'indice mondial de l'innovation, l'indice de liberté économique, l'indice de compétitivité mondiale, l'indice de perception de la corruption a significativement progressé.

Contrairement à la grande majorité des pays du monde pendant la période difficile de la crise pandémique, l'Ouzbékistan a réussi à maintenir une dynamique positive de croissance économique et à empêcher une augmentation du chômage à grande échelle. Ces multiples évolutions invitent à suivre de près le modèle ouzbek.


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