Paris Photo et fotofever, la photographie à l'honneur à Paris

C’est le week-end de la photo à Paris avec Paris Photo et fotofever pour leurs, respectivement, 22e et 7e édition. Des rendez-vous à ne pas manquer.

La photographie ne pèse que 1% des ventes aux enchères, même si sa croissance est plus forte que celle du segment "beaux-arts". Il faut dire qu’il existe très peu d’artistes qui réalisent des ventes à plus d’un million de dollars, alors que ce phénomène s’avère courant dans les arts plastiques. C’est aussi la contrepartie d’un art plus accessible, le prix moyen pour une photographie vendue aux enchères est de 10.000 dollars (contre 60.000 dollars pour une peinture). Plus de la moitié des photographies passées en salle des ventes sont adjugées à moins de 1.500 dollars, et 80% le sont pour moins de 7.000 dollars (chiffres ArtPrice).

L’amateur de l’art photographique, qu’il veuille acheter ou simplement admirer, ne devra donc pas manquer ce week-end les deux grands salons parisiens, Paris Photo au Grand Palais (30 euros l’entrée), et fotofever au Carrousel du Louvre (18 euros l’entrée), les deux du 8 au 11 novembre.

Sous la nef du Grand Palais, Paris Photo accueille 167 galeries, dont deux tiers d’étrangères, une proportion comparable à la Fiac, ce qui montre le rayonnement de cette manifestation. 64.500 visiteurs ont parcouru l’édition 2017, c’est le plus grand salon consacré à la photographie contemporaine au monde. Un incontournable.

Au Carrousel du Louvre, fotofever se positionne comme "le" salon off, et il ne faudra pas non plus le manquer. 10.000 visiteurs sont venus l’année dernière, sans doute plus cette année puisque la manifestation s’agrandit et passe de 2.500 m2 à 3400 m2. Une centaine d’exposants présenteront 2.000 œuvres de 250 artistes. Positionné sur la jeune création, les prix sont plus accessibles, le prix de vente moyen sur cette foire s’établissant à 3.500 euros.

La France est le pays historique de la photographie et ces deux salons lui assurent la prééminence mondiale dans ce domaine, on ne le sait pas assez. Ce leadership international s’appuie aussi sur quatre institutions dédiées à Paris : la Maison européenne de la photographie, le musée du Jeu de Paume, la Fondation Cartier-Bresson (qui vient de déménager dans le Marais), et le BAL, ainsi que sur les Rencontres photographiques d’Arles, premier festival au monde dans son domaine. La France est leader… mais les collectionneurs sont à 80% anglo-saxons, encore un effort !


A découvrir

Philippe Herlin

Philippe Herlin est économiste, Docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers, il a publié plusieurs ouvrages chez Eyrolles et rédige des chroniques hebdomadaires pour Goldbroker.

Il écrit tous les vendredis un article sur l'art et la culture vus à travers l'économie, et intervient ponctuellement sur d'autres sujets.

Son site : philippeherlin.com.