Stationnement payant : bientôt la fin du matraquage aveugle ?

Le chiffre d'affaire estimé en 2010 du stationnement payant est d'un
milliard d'euros.

Il est des choses qui sont tellement inacceptables, tellement incongrues que nous aurions presque fini par les accepter. Et pourtant, il était temps de mettre fin à une pratique qui ne repose sur aucun fondement : les tarifs de stationnement.


Comment accepter que la majorité des parcs de stationnement pratiquent ostensiblement une découpe à l'heure ??? Sommes-nous pour autant débités d'une heure de notre forfait téléphonique lors d'une communication de quelques minutes ? Bien évidemment, non !

Alors pour quelle raison devrions-nous tolérer qu'il en soit ainsi dans la majorité des parkings payants ?

C'est la question que « 40 millions d'automobilistes » est parvenu à introduire au Sénat par le biais de Natacha Bouchart, sénatrice-maire de Calais. Sensible à nos arguments, elle a aussitôt déposé une proposition de loi au Parlement, visant à faire du stationnement à la minute une règle plus juste pour tous les automobilistes français.


Il aura donc fallu du temps – des années même – avant que le bon sens ne prenne le dessus, puisqu'hier matin, le Sénat adoptait un amendement visant à instaurer un principe de tarification à la minute à compter du 1er janvier 2016, au cœur du projet de loi de consommation.


Avec le soutien de l'UFC/Que choisir, notre association « 40 millions d'automobilistes » signe ici une réelle victoire pour les conducteurs français. Mais il faut poursuivre l'effort pour que les députés qui examineront bientôt ce texte l'approuvent dans son intégralité.

Une inflation grandissante

Avec une augmentation de plus de 18% en 5 ans, les tarifs moyens du stationnement deviennent prohibitifs. C'est un fait ! Les plus grandes villes de France constatent des tarifs parfois exorbitants, atteignant 4,50€ par heure à Paris. Une dissuasion tarifaire qui n'a d'autre effet que de congestionner nos rues par des véhicules à la recherche d'un stationnement qui n'existe plus.


Pour trouver des bonnes réponses à la problématique du stationnement en ville, il suffit parfois de se poser la bonne question. Comme le rappelle souvent l'économiste Michel Godet, il n'y a pas de bonne réponse à de mauvaises questions. Alors comment décongestionner les villes ? Comment rendre le stationnement attractif pour le plus grand nombre ? Comment ne pas creuser un clivage social entre des parkings réservés à des élites financières et d'autres, moins aisés, chassés des parcs de stationnement par un coût trop élevé ?


2,60€ par heure à Marseille sur le Vieux Port, 2,10€ à Lyon Place Bellecour... Les tarifs flambent. Il fallait agir. Bien évidemment et comme le rappelle Natacha Bouchart dans son communiqué de presse : « le délai de mise en application a été fixé au 1er janvier 2016, afin de permettre aux gestionnaires de parkings de s'adapter à ce nouveau mode de fonctionnement ». Mais cette tarification à la minute est la garantie future pour l'automobiliste de ne payer QUE pour ce qu'il consomme réellement.

Quelle économie pour l'automobiliste ?

Dans une récente étude, l'UFC / Que choisir démontrait que chaque automobiliste consommateur pourrait économiser au moins 16 % sur son budget de stationnement. Une économie substantielle en temps de crise, où le prix des carburants est un frein à notre mobilité.


Bien évidemment, il s'agit d'autant de manque à gagner « en apparence » pour les gestionnaires de parkings. Apparence trompeuse, puisque ce nouveau mode de tarification devrait permettre une nouvelle attractivité vers ce mode de stationnement. Avec un coût de quelques centimes (3 en moyenne) à la minute, ce type de stationnement pourrait redevenir attractif, y compris pour du stationnement de courte durée, laissant davantage de place disponibles en extérieur, notamment pour de l'usage résidentiel.

Quid du stationnement sur la voie publique ?

Si quelques villes, encore trop rares, ont déjà fait le choix de la gratuité de places de stationnement pour de la courte durée (Sète et Pézenas dans l'Hérault, Orange dans le Vaucluse) ou celui de la gratuité totale (Calais dans le Pas-de-Calais), d'autres villes devront, de fait, s'interroger sur la politique à mener en termes de tarification du stationnement.


Face à la concurrence des centres commerciaux qui offrent des parkings gratuits, les centres-villes doivent à présent retrouver de l'attractivité. Permettre l'accès aux cœurs de nos villes est un vecteur d'économie important, gage de dynamisme et de préservation d'emploi comme de qualité de vie.


Aussi, notre association « 40 millions d'automobilistes » soutiendra prochainement les travaux menés au Sénat par la sénatrice-maire de Calais sur l'application d'une tarification à la minute du stationnement de voie publique, favorable à l'automobiliste comme à la reprise de l'économie dans nos villes.


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