Jean-Bernard Levy, nouveau PDG d'EDF : quel avenir pour la transition énergétique ?

94 %
La nomination de Jean-Bernard Levy à la tête d'EDF a été approuvée à
94 %.

En abordant les sujets sensibles, mais nécessaires à la santé d'un groupe qui compte dans l'économie française, le nouveau dirigeant d'EDF Jean-Bernard Levy a montré qu'il plaçait les intérêts de l'entreprise au-dessus des conflits qu'il ne manquerait pas ainsi de provoquer. Une première qualité dont ne doit pas être dépourvu le PDG d'une entreprise comme celle d'EDF, c'est bien celle de ne pas redouter la confrontation. Après avoir fait la preuve de sa fermeté managériale, il a également rappelé son engagement en faveur du développement des énergies renouvelables et de la transition énergétique.

Lors de ses auditions devant le Sénat et l'Assemblée nationale, précédent sa nomination officielle en tant que PDG d'EDF approuvée par 94 % des actionnaires du groupe, Jean-Bernard Levy a fait part, si ce n'est de toute sa stratégie encore à déterminer, du moins des premières orientations qu'il souhaitait prendre. La première d'entre elles : un « rééquilibrage tarifaire » dans le cadre d'un assainissement plus global de ses comptes financiers.


Un rappel qui correspond à la hausse des tarifs réglementés convenue à l'origine par l'État et qui, tardant à se faire, condamne l'entreprise à verser ses dividendes en creusant son endettement. C'est aussi un premier geste fort du dirigeant en faveur des intérêts de l'entreprise en insistant sur un sujet particulièrement sensible et déplaisant, qui avait d'ailleurs déjà valu sa place à un ancien patron d'EDF, Pierre Gadonneix.


Les choix du Gouvernement pour les différentes nominations au Conseil d'administration sont-ils aussi de bon augure ? Laurence Parisot, candidate au départ pour le poste de PDG, répond à un souhait évident de féminiser l'entreprise. L'ancien président du directoire de PSA, Philippe Varin, familier du secteur et Gérard Magnin, président d'Energy Cities et à ce titre expert des politiques régionales européennes, sont également des arrivants stratégiques.


Olivier Appert, président de l'organisme public de recherche d'innovation et de formation dans les domaines de l'énergie, du transport et de l'environnement IFP Energies nouvelles, sera indéniablement un homme d'importance relativement à l'axe environnemental de la stratégie du groupe, soucieux d'améliorer l'efficacité énergétique française.


Cette nomination renforce encore un peu plus les déclarations du nouveau PDG sur le volet de la transition énergétique. S'il a estimé que la prolongation de durée de vie des centrales et les programmes d'investissement du groupe en ce sens entraineraient des « bénéfices économiques majeurs », il a aussi fait part de sa bienveillance à l'égard du projet de loi sur la transition énergétique qui prévoit de réduire la part du nucléaire en France.


Il l'envisage en effet comme une opportunité pour innover via le développement "de nouveaux savoir-faire, de nouveaux produits et de nouveaux services incluant la rénovation des logements, le conseil aux collectivités et aux industriels, ainsi que la production décentralisée". Le nouveau PDG a notamment rendu compte de son intention de poursuivre les activités du groupe en faveur des énergies renouvelables.


La manifeste fermeté du nouveau dirigeant, dont les compétences sont difficiles à mettre en doute au regard de son précédent passage à la tête de Thalès, n'appelle aucune comparaison avec l'ancien PDG Henri Proglio. Nous voilà rassurés sur ce point.


Mais il était aussi important de savoir si oui ou non, l'axe environnemental comptait aux yeux de Jean-Bernard Levy, au moins autant si ce n'est plus que la situation économique et financière. Ces déclarations le confirment et le choix gouvernemental de nommer le président d'IFP Energies nouvelles va également dans ce sens. Gageons que l'avenir de l'entreprise ne fera pas démentir ce que tout ce renouvellement présage de bon.


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