Personne ne vous le dit, mais nous sommes en récession ! La preuve

2,4 %
Les Etats-Unis sont en récession de 2,4%

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Haaaa…. La croissance mondiale, la reprise mondiale…

On vous en parle tellement, c’est forcément vrai.

Et bien non. C’est totalement faux.

L’économie c’est très simple. C’est des + et des -. Rarement des multiplications, et parfois quelques divisions quand les choses vont vraiment mal, mais l’économie tourne essentiellement autour des 4 opérations de base.

Ces opérations de base, je vous propose de les appliquer à quelques grands indicateurs que sont l’inflation, la croissance, le déficit budgétaire pour quelques grands pays.

Je vous dévoile mon tableau de chiffres:

Voilà, regardons ensemble au hasard la situation aux Etats-Unis le 1er pays de la liste.

Nous allons prendre la croissance la plus favorable en « PIB yoy » ce qui veut dire sur l’année glissante.

Nous avons donc 3.20 de croissance… Whaou… mais c’est trop dément. Trop méga forts les Ricains… c’est grâce au Donald, c’est sûr, c’est pas des Mickey là-bas !

Sauf que l’inflation est de 1.80% donc notre croissance est en réalité érodée d’une inflation de 1.8%. 3.20% – 1.80% = 1.4% de croissance.

Mais pour générer ce 1.4% de croissance net d’inflation, il a fallu que le Donald fasse un déficit budgétaire de 3.8% du PIB (une paille).

D’où le 1.4%-3.80= -2.40%

Conclusion ? Les Etats-Unis sont en récession de 2.4%… CQFD.

Heureusement il y a la Chine, la locomotive du monde 

Soit une croissance de 6.40%, une inflation de 2.70 et un déficit de 4.20%.

Nous obtenons: 6.40 – 2.70%-4.20%= -0.5% !!

Conclusion ? La Chine est en récession de 0.5%… CQFD.

Heureusement il y a l’Italie (nan j’déconne !!!)

Soit une croissance de -0.10% (ça part mal), une inflation de 0.80% et un déficit de 2.10%.

Nous obtenons: -0.10 – 0.80% -2.10%= -3% !!

Conclusion ? L’Italie est en récession de 3%… CQFD.

Heureusement il y a la France (nan j’plaisante !!!)

Soit une croissance de 1.20%, une inflation de 0.9% et un déficit de 2.50%.

Nous obtenons: 1.20- 0.90% -2.50%= -2.2% !!

Conclusion ? La France est en récession de 2.2%… CQFD.

Plusieurs conclusions

Si vous pensez que tout va bien parce que vous regardez la propagande du JT de 20 heures, et bien vous dormez peut-être tranquillement mais vous avez tort et pas qu’un peu. Le monde est en récession et de l’Espagne au Japon en passant par la Chine et les Etats-Unis, toutes les économies mondiales ne tiennent que par les déficits, les injections monétaires et la dette.

Une fois compris cela, il faut bien garder à l’esprit que les autorités politiques et monétaires utilisent tous les expédients à leur disposition pour masquer la réalité. Les expédients ont un avantage. Ils masquent effectivement.

Ils ont un gros défaut.

Ils détruisent consciencieusement la valeur intrinsèque des monnaies qui finiront un jour ou l’autre (et personne ne sait quand) par une immense perte de valeur.

Quand on détruit sa monnaie, on en crée une autre totalement nouvelle. Le dollar convertible en or de 1970 et celui flottant qui ne l’est plus de 1971 porte le même nom mais n’ont rien à voir. Régulièrement le système monétaire international est refondu. Nous n’y échapperons pas.

En Europe la situation est encore pire qu’ailleurs, puisque des pays comme la France, l’Italie, l’Espagne ou le Portugal (et je ne parle même pas de la Grèce) ne peuvent pas battre monnaie. L’insolvabilité les mènent donc droit à la faillite. Pour éviter la faillite « sèche » il faudra sortir de l’euro ou que la BCE monétise à grands coups.

Le seul pays à s’en sortir avec un excédent c’est L’Allemagne. Cela pourrait donc pousser l’Allemagne à quitter la zone euro et cela serait la solution la plus élégante et la plus efficace économiquement. Si l’Allemagne quitte l’Euro, l’Europe perd 20% et le système ne s’effondre pas. Si les autres pays quittent l’euro en catastrophe, alors c’est un risque systémique d’explosion de la zone euro.

Enfin, ce qu’il faut retenir avant tout, c’est que nous sommes condamnés à détruire nos monnaies.

Pour vous abonner à la lettre STRATEGIES cliquez sur l’image

Quand on est engagé dans un mécanisme de destruction monétaire ce qui est le cas, il faut détenir le moins de monnaie possible ou y être le moins sensible. Cela implique de détenir des actifs tangibles et ce qu’il faut d’endettement à taux fixe dans une monnaie qui finira par être dévaluée par rapport à la future monnaie que nous utiliserons.

Il y a l’or, et dans une moindre mesure l’argent, il y a quelques actions de grandes entreprises qui restent des parts donc une forme de titre de propriété, et il y a l’immobilier, qu’il s’agisse de votre maison à la campagne avec votre lopin de terre, ou des biens en locatifs. L’immobilier sera également le seul moyen pour les communs des mortels que nous sommes d’accéder au crédit et de faire financer presque gratuitement votre patrimoine futur dans une monnaie qui a de fortes chances de disparaître sous sa forme actuelle.

Ce n’est donc pas par hasard mais bien pour cette raison que j’ai consacré au mois de mai, un dossier spécial de presque 110 pages sur la manière d’investir dans l’immobilier et sur les pièges à déjouer, les précautions à prendre et les outils qu’il faut impérativement connaître et maîtriser. Ce dossier n’est accessible qu’aux abonnés à la Lettre STRATEGIES. Plus de renseignements ici.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Article écrit par Charles Sannat pour Insolentiae


A découvrir

Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.