Comment les petites entreprises notent leurs banques ?

Plus de deux tiers des entrepreneurs interrogés (68,4%) qualifient de
« très satisfaisante » ou « satisfaisante » la relation qu'ils
entretiennent avec leur partenaire financier.

Dans notre dernière édition de l'Observatoire de la Petite Entreprise, pour une fois, ce sont les entrepreneurs qui notent leurs banques !

Qualité du climat relationnel, impact de la crise sur la confiance, niveau de satisfaction des chefs de petites entreprises, traitement des demandes de financement, l'enquête exclusive de la Fédération des Centres de Gestion Agréés lève le voile sur les relations entre les TPE et les banques.

Plus de deux tiers des entrepreneurs interrogés (68,4%) qualifient de « très satisfaisante » ou « satisfaisante » la relation qu'ils entretiennent avec leur partenaire financier. La proportion des dirigeants de TPE qui se réjouissent de la qualité de ce climat relationnel s'accroît même sensiblement par rapport à notre précédente enquête menée en 2010 (64,3%) sur le même thème.

Nous notons que la qualité de la relation bancaire est indépendante de la tendance de l'activité et sans rapport avec l'âge du chef d'entreprise. Un peu plus d'un entrepreneur sur 5 (21,2%) estime que la relation qu'il entretient avec son banquier est « moyenne ». Tandis qu'elle est « peu ou pas du tout satisfaisante » pour 10,4%, des chefs de petites entreprises questionnés.

Dans le contexte de crise, quel est son impact sur la qualité de la relation entre banques et entrepreneurs ? Notre étude nous apprend que près des ¾ des entrepreneurs interrogés (71%) affirment toujours que la mauvaise conjoncture n'a pas altéré la qualité de leur relation bancaire. En 2010, ils étaient plus nombreux (78%) à faire ce même constat. Soit une perte de 6 points au cours de ces 3 dernières années. La persistance de la crise économique et son impact redoutable sur les trésoreries des petites entreprises expliquent probablement ce résultat. Plus d'un entrepreneur sur 4 (26%) déclare d'ailleurs que la relation avec son banquier s'est dégradée dans ce contexte de récession.

Un autre enseignement est qu'un peu moins de la moitié des dirigeants de TPE (47%) a sollicité son établissement bancaire au cours des 18 derniers mois. Un taux identique à celui de 2010. L'aggravation du climat des affaires n'a pas alimenté de « rush » vers les établissements bancaires. Mais l'augmentation spectaculaire des garanties exigées par les établissements et signalée par 76% des entrepreneurs (contre 21% seulement en 2010) a certainement agi comme un frein très dissuasif.

En ce qui concerne les demandes de concours bancaires formulées au cours des 18 derniers mois, 76% ont été satisfaites en moyenne. Même si le taux de réponses positives chute par rapport à notre précédente enquête, les établissements bancaires répondent favorablement aux TPE dans la grande majorité des cas.

En tête, ce sont les prêts pour financer l'investissement qui recueillent le plus d'accords (82%, contre 87,1% en 2010). Un peu moins de 80% des demandes de découvert (contre 83,8% en 2010) sont acceptées. Tandis que moins des ¾ (73,8%) des démarches visant à maintenir les lignes de crédit sont satisfaites (contre 78,7% en 2010). Les prêts pour restructuration sont octroyés dans 61,1% des cas (contre 70,7% en 2010).

La nouvelle norme SEPA, quant à elle, reste encore peu connue des dirigeants de petites entreprises : 12% seulement d'entre eux déclarent avoir été informés des conséquences des nouvelles normes de virement et prélèvement bancaires SEPA (Single Euro Payments Area) sur leur activité. Le nouveau dispositif européen entrera pourtant en vigueur dans quelques mois (le 1er février 2014). Et la migration informatique des moyens de paiement et des outils de gestion que doivent réaliser lesprofessionnels pour se conformer au système SEPA, implique des investissements parfois lourds. Faute de préparation et d'anticipation, notamment en ce qui concerne la mise à niveau des équipements informatiques, de nombreuses entreprises pourraient subir des ruptures de trésorerie lors du basculement définitif du système en février 2014.

Franck ONIGA, Directeur du Marché des Professionnels, Entreprises et Institutionnels Banque Populaire, note ceci : « On remarque, en effet, une réduction notable des demandes de financement. Pourquoi ? Parce que les chefs d'entreprise manquent de visibilité : ils sont confiants dans leurs capacités personnelles, mais beaucoup moins dans l'avenir de la France. Comme l'environnement n'est pas stable, les projets sont différés. Les crédits d'équipement sont fortement corrélés au dynamisme du PIB. Lorsque le PIB n'évolue pas, il n'y a pas de demande de financement. »


A découvrir