Pétrole : La consommation n'atteindra plus jamais les niveaux d'avant Covid

40 DOLLARS
Le baril de pétrole s'échangeait à moins de 40 dollars le 15 septembre
2020.

La crise de la Covid-19 et en particulier le confinement généralisé des populations un peu partout dans le monde avaient fait chuter drastiquement la consommation de pétrole au printemps 2020. Si, depuis, l'activité a repris, l'OPEP prévient : la demande de brut en 2020 va être plus basse que prévu. Et ce n'est pas la première coupe dans ses prévisions que le cartel du pétrole réalise.

Un peu plus de 90 millions de barils par jour en 2020

Le dernier rapport de l'OPEP sur les prévisions de consommation de pétrole brut dans le monde publiées à l'occasion des 80 ans de l'organisation surnommée le « Cartel de l'or noir », prévoient une demande qui stagnerait en 2020, à 90,2 millions de barils de brut par jour en moyenne. Une quantité qui tranche avec les quelque 100 millions de barils par jour consommés, en moyenne dans le monde avant la pandémie.

En 2020, selon l'OPEP, la demande aura chuté de près de 9,5 millions de barils par jour. La nouvelle estimation de consommation de pétrole brut est même 400.000 barils par jour inférieure à la dernière annoncée, à cause en particulier de la demande des pays hors-OCDE.

Car chez les pays membres de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), la situation va un peu mieux : les dernières prévisions de l'OPEP publiées le 14 septembre 2020 prévoient une demande en légère hausse de 100.000 barils par jour par rapport aux précédentes estimations. Hors-OCDE, au contraire, la demande devrait chuter de 500.000 barils par jour.

Selon BP, le monde ne va plus jamais consommer autant de pétrole

Les prévisions de l'OPEP sont corroborées par une étude prévisionnelle réalisée par British Petroleum (BP) sur la consommation de pétrole mondiale. Publiée lundi 14 septembre 2020 également, cette étude annuelle prévoit trois scénarios pour analyser la demande de pétrole dans les décennies à venir. Et quel que soit le scénario, le pic de consommation de 2019 ne serait jamais atteint.

Le meilleure scénario pour les affaires de BP est bien évidemment le pire pour la planète : les restrictions sur les émissions de CO2 dans le monde n'évolueraient pas. Dans ce cas, en 2050, la consommation de pétrole pourrait être de près 90 millions de barils par jour, peu ou prou la moyenne de 2020, et quelque 10 millions de barils de moins qu'en 2019.

Mais les deux autres scénarios pourraient radicalement changer le secteur pétrolier. Si la transition énergétique est « rapide », en 2050 le monde ne consommerait plus que 50 millions de barils de brut par jour, environ la moitié qu'en 2019. Et si les États optent pour une stratégie visant le « zéro émission », que BP définit comme la baisse de 95% des rejets de CO2 en 2050 par rapport à 2019, alors la consommation de pétrole chutera de près de 80%, s'établissant à un peu plus de 20 millions de barils par jour.


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