Picasso.mania, l'exposition-arnaque du Grand Palais

14 euros
Le tarif de base pour l'exposition Picasso.mania est de 14 euros.

Encore une exposition Picasso ? Oui, au Grand Palais. Juste après la réouverture du Musée Picasso dans le Marais, les Parisiens risquent-ils l’overdose ? C’est bien possible…

Jusqu’ici on connaissait les produits dérivés d’une exposition, des livres aux magnets pour réfrigérateur en passant par les cartes postales ou les gommes. Félicitons les musées pour leur créativité afin d’augmenter leurs ressources propres. Mais Picasso.mania, au Grand Palais jusqu’au 29 février, franchit une nouvelle étape : l’exposition-dérivée.

Ici, toute l’exposition n’est qu’un produit dérivé construit autour de l’artiste, ou plutôt faudrait-il dire, de l’icône Picasso. Du moment qu’un artiste cite le maître, de près ou de loin, il a droit de cité. Même le très vulgaire Paul McCarthy, auteur du plug anal de la place Vendôme, heureusement rapidement enlevé. Même le stérile Martin Kippenberger qui nous montre Picasso en slip (kangourou). Même des artistes de troisième zone qui obtiennent leur quart d’heure de célébrité par la grâce d’une citation. Comble de la trivialité, la publicité pour la Citroën Picasso est projetée dans une salle !

La présentation ne suit aucun parcours chronologique ou didactique, cela aurait sans doute fait trop universitaire, pas suffisamment "grand public", alors le spectateur déambule d’une idée à l’autre, sans cohérence, comme dans une galerie commerciale, des "Demoiselles d’ailleurs" à "Picasso goes pop" en passant par "Star system", bien sûr, l’unique motivation de cette exposition. Il n’y a pas de fond ni de cheminement et c’est l’ennui qui, très vite, l’emporte.

Bien sûr, on pourra trouver des tableaux de Picasso lui-même, mais ils sont mis en vrac sur des pans de mur, serrés les uns contre les autres, avec les cartels regroupés dans un coin, ce qui rend l’identification vraiment laborieuse. Un scandale ! Et au final une arnaque. La RMN (Réunion des musées nationaux), l’organisateur de l’événement, tombe bien bas en exploitant ainsi Picasso comme une simple marque dont il faudrait tirer tout le bénéfice possible, au risque de lasser.


A découvrir

Philippe Herlin

Philippe Herlin est économiste, Docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers, il a publié plusieurs ouvrages chez Eyrolles et rédige des chroniques hebdomadaires pour Goldbroker.

Il écrit tous les vendredis un article sur l'art et la culture vus à travers l'économie, et intervient ponctuellement sur d'autres sujets.

Son site : philippeherlin.com.