Pas de crise pour les pierres précieuses

55 MILLIARDS $
Le marché du diamant pèse 55 milliards de dollars.

Un travail difficile et dangereux.

Les gemmes se sont formées il y a des milliers d'années sous la croûte terrestre. Pour les extraire, il faut généralement creuser des mines. Celles de diamants ont été contrôlées à 90 % pendant plusieurs décennies au XXe siècle par une seule entreprise, sud-africaine : De Beers. Son monopole a pris en fin quand de nouveaux gisements ont été exploités en Australie, au Canada et en Russie, dès les années 1980. L'extraction des pierres de couleur, elle, est restée artisanale. « La majorité de ces mines sont exploitées par des fermiers ou des groupements de petits investisseurs, précise le géologue Aurélien Reys. Leurs mineurs travaillent dans des conditions souvent difficiles et dangereuses. Ils sont sous-payés : au Brésil, par exemple, ils ne gagnent que 100 à 150 euros par mois, soit environ la moitié du salaire minimum légal. » De nouveaux gisements de saphirs ont été découverts à Madagascar à la fin des années 1990. Comme l'adolescent sur cette photo, des femmes et des enfants y sont exploités dans des conditions proches de l'esclavage, selon l'Onu.

Un commerce plus ou moins légal.

Ces Malgaches tentent de vendre des saphirs extraits de la mine d'Ilakaka. Un marché aux gemmes s'est créé à côté de la mine en 1998, dès la découverte du plus gros gisement mondial de cette pierre. « Ces marchés existent partout dans le monde à proximité des sites d'extraction. Le commerce s'y fait de façon plus ou moins légale et sécurisée, affirme Aurélien Reys. On estime que moins de 1 pierre fine sur 2 vendues dans le monde a transité par des circuits légaux, alors que 9 diamants sur 10 sont d'origine identifiable. » Depuis les années 2000, le commerce des diamants est certifié par le processus de Kimberley, signé par 81 pays et industriels. Ils se sont engagés à produire et à acheter légalement cette pierre précieuse.

Des impacts à long terme sur l'environnement.

La mine de Bo Rai, dans le nord-est de la Thaïlande, a été le plus gros gisement mondial de rubis jusqu'à la fin des années 1990. Son exploitation a engendré des dégâts sur l'environnement : érosion des sols, pollution des rivières aux produits toxiques, destruction des forêts? Certains dénoncent l'appât du gain, qui entraîne une surexploitation des ressources naturelles, sans réflexion concernant l'impact sur l'environnement et l'avenir des sites. Aujourd'hui, la mine de rubis de Bo Rai est presque tarie. Plusieurs espèces de poissons ont disparu des rivières et la forêt couvre moins de 10 % de la région, contre environ 50 % il y a 70 ans.

Une longue transformation.

Les diamants et les pierres de couleur que l'on trouve dans la nature sont à l'état brut. Pour révéler leur beauté, leur transparence et les faire briller, il faut les tailler, les polir. C'est ce que font ces travailleurs birmans avec du jade. « Ce travail est long et précis. 70 % de la pierre brute part à la poubelle avant d'obtenir la pièce qui sera utilisée pour fabriquer un bijou », précise Aurélien Reys.

Rares et chères.

Une fois transformées, les gemmes sont vendues à des joailliers pour être montées en bijoux. Plus elles sont rares, pures et grosses, plus elles sont chères. Comme le Pink Star, le plus gros diamant rose sans défaut du monde. En 2013, cette pierre de 59,60 carats a été vendue aux enchères pour près de 62 millions d'euros à un Américain. Un record ! « Les États-Unis sont le n° 1 mondial de l'achat de pierres précieuses. L'Europe arrive en 2e position, explique Aurélien Reys. La Chine et l'Inde émergent sur ce marché ; elles totaliseront 30 % des achats d'ici à cinq ans. »

Il existe quatre pierres

• Il existe quatre pierres précieuses : le diamant, l'émeraude (verte), le rubis (rouge) et le saphir (bleu). Leur taille est exprimée en carat. Les autres pierres (comme l'agate, l'aigue-marine, le jade, la topaze…) sont appelées « pierres fines » ou « semi-précieuses ».

• Le diamant est réputé comme étant le minéral le plus précieux du monde. Sa valeur dépasse largement celle de l'or et dépend de sa pureté, de son poids, de la manière dont il est taillé…

• Depuis la crise de 2008, le diamant sert de valeur refuge aux investisseurs. Son marché mondial était estimé à 55 milliards d'euros en 2012. Sa demande va doubler d'ici à 2020, selon les spécialistes.

• Les gemmes ne sont pas des ressources renouvelables, ou à très long terme. Comme leur demande croît plus vite que l'offre, les prix flambent : ils ont été multipliés par 10 en 20 ans environ.

Cet article est extrait de l'Eco, hebdo destiné aux 12-16 ans.

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