L'annonce du plan de relance est un marqueur de fin de crise sanitaire

35 MILLIARDS €
35 milliards d'euros du Plan de Relance seront dirigés vers la
compétitivité.

Vous avez vu le logo? Il est beau le logo de France Relance… Dans notre pays, des équipes entières planchent sur les logos. Et puis sous les pupitres il faut indiquer le sujet que le mamamouchi concerné évoque… Bref.

Il y a une dynamique épidémique dans la crise sanitaire et il y a également une dynamique économique avec différentes étapes correspondantes aux étapes de la crise sanitaire.

Lorsque le confinement est décrété en France, notre pays prendra des mesures de soutien jamais vu, comme l’Italie avait pu le faire quelques semaines avant nous. Des mesures de soutien digne de l’économie de guerre. Suspension des loyers, chômage partiel à 100 % pour tous ceux qui ne pouvaient plus travailler pour qu’ils continuent à percevoir leurs salaires etc..

Puis lorsque la vie a commencé à reprendre son cours, nous avons parlé de plan de relance ce qui est logique pour accompagner le redémarrage de l’activité économique du pays.

En fin d’épidémie il est donc logique de voir mis en place un plan de relance.

Un plan de relance ne doit pas être confondu avec un plan de soutien pendant un moment paroxystique de crise.

Lorsque le Premier Ministre Jean Castex annonce en grande pompe son plan de relance de 100 milliards d’euros pour notre pays, il envoie clairement un signal de fin de crise sanitaire.

Pourtant, au même moment, on constate que l’activité des restaurateurs reste très perturbée, que l’on nous annonce de nouvelles fermetures d’établissements ou des limitations dans les zones rouges, sans oublier le fait que nombre de spectacles rassemblant plusieurs milliers de personnes ne sont toujours pas autorisés à reprendre.

Au même moment, nous constatons également, selon les données officielles, une très forte augmentation des cas de Covid-19 dans le pays, sans que la mortalité ne soit aussi forte que lors du premier pic, et sans que, pour le moment, les urgences et le système hospitalier soient saturés par l’arrivée de nouveaux malades graves, ce qui est une excellente nouvelle dont nous devons nous réjouir.

En termes analytiques on peut lister les possibilités suivantes :

1/ Le plan de relance est lancé trop tôt car l’épidémie n’est pas terminée et le virus peut revenir sous d’autres formes dans quelques semaines ou/mois ou encore profiter de l’hiver pour mettre le monde à nouveau en grande difficulté.

2/ Le gouvernement pense que c’est la fin de la crise sanitaire et que nous vivons la « queue de comète » des infections avec un virus qui n’est plus aussi dangereux qu’au mois de mars et que l’on sait nettement mieux prendre en charge. Dans ce cas le plan de relance est lancé au bon moment.

3/ Le gouvernement ne maîtrise pas grand-chose, agit au petit bonheur la chance et veut donner l’impression de gérer la situation. Dans tous les cas, et parce que les partenaires européens « autorisent » à la dépense ce qui est rare, autant dépenser tout ce que l’on peut tout de suite, on verra bien plus tard… A chaque jour suffit sa peine.

Je penche sans hésiter pour cette troisième hypothèse. Le virus circule largement, il peut s’affaiblir, comme muter vers une forme plus compliquée, et une année, ne fera pas l’autre, alors comme on ne sait rien ou pas grand-chose, et que pour le moment la situation est bien moins mauvaise qu’au mois de mars et avril, autant en profiter pour ouvrir les vannes de l’argent gratuit.

Si la situation continue à s’améliorer alors le plan de relance aura été lancé très rapidement et sans perdre de temps. Si la situation devenait pire, et bien elle deviendra pire dans toute l’Europe, et nous aurons droit à un second plan de soutien puis un second plan de relance.

Conclusion ?

Autant relancer maintenant avec de l’argent que l’on n’a pas et que l’on ne remboursera jamais.

Le dernier pari en date de notre mamamouchi Jean Castex étant le plus cocasse. D’ici 2025 notre premier ministre nous a annoncé que nous aurions une dette soutenable et parfaitement remboursable, sans augmenter les impôts et que « grâce à la croissance »… Pari bidon. Ce n’est pas un plan de relance mais un plan de dépenses.

Bon je vous laisse, je repars acheter quelques boîtes de raviolis pour l’hiver, avec des potages. C’est bon les potages. Et puis j’ai du bois à rentrer. L’hivers sera froid.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.