Pourquoi est-il si difficile de lancer une startup en France ?

Ce n’est un secret pour personne, pour lancer une entreprise en France, il faut une certaine dose de courage et aussi composer avec ce que l’on peut à juste titre définir comme des freins. Il ne s’agit pas de critiquer le système, c’est un constat, une start-up sur deux ne franchit pas le cap des 5 ans. Ce chiffre est bien-sûr une moyenne, certains secteurs apparaissant plus risqués que d’autres. Ces facteurs limitants propres à notre beau pays sont bien identifiés et on peut les classer globalement dans 3 secteurs.

Les charges

La fiscalité des entreprises françaises est lourde. Sur le Vieux continent, c’est en France que les sociétés sont les plus imposées. Même si elle y participe, cette singularité n’explique toutefois pas à elle seule la durée de vie limitée des petites et moyennes entreprises. La fiscalité est un aspect de la gestion financière d’une entreprise, inclus dans le business plan, au même titre que les autres charges incompressibles. Même si la règle est dure, elle est la même pour tous les entrepreneurs français qui se doivent dans tous les cas de composer avec.

Le risque

La France n’a pas la culture du risque, de ce fait il est généralement mal appréhendé. Le principe de Peter, valorise la prise de risque, la part de courage et d’efforts qu’elle implique et l’expérience qui en découle, quel que soit le résultat. Cette notion est toutefois purement anglo-saxonne, même si les nouvelles générations d’entrepreneurs français l’intègrent de plus en plus. Cette limite n’est pas inhérente au seul entrepreneur et à sa psychologie, c’est un ensemble beaucoup plus large. Cela touche en effet tous les secteurs de l’entreprenariat français, des fournisseurs au banquier, l’aversion au risque est forte. Au final le seul à s’exposer au risque, c’est l’entrepreneur et il est bien isolé. Il a foi dans son projet, y a misé son épargne et y investit souvent son temps et son énergie sans se rémunérer.

Le financement

La traversée de la « vallée de la mort » s’avère particulièrement périlleuse pour les start-ups françaises. En cause, le manque de financement. Les investisseurs sont frileux sur le marché français et ce qui fonctionne outre-Atlantique penne à prendre corps chez nous. Comme le souligne un dossier de LeBlogDuDirigeant sur le développement des entreprises, « dans la Silicon Valley les investisseurs qui misent sur un projet espèrent multiplier leur mise par 250 ou 300. Par contre, lorsqu’ils misent ils ne font pas les choses à moitié. » Et c’est bien là que le bât blesse. On peut dire qu’en France le système actuel ne remplit en effet qu’à moitié ses objectifs. On jette trop vite l’éponge et certaines start-up meurent faute d’une levée de fond nécessaire au développement de l’activité. Par manque de patience, de discernement ou d’audace, on laisse mourir de bonnes pousses.

Pour lancer une entreprise, la bonne idée, le bon projet ne suffisent pas. Sous-estimer la gestion financière, mal évaluer les aspects fiscaux, ou ne pas anticiper une crise de croissance font partie des écueils les plus communs aux jeunes entreprises en difficulté. Les entreprises bien accompagnées, financièrement ou logistiquement bénéficient de fait d’un avantage de taille. Si l’on compare la progression d’une société française comme Deezer, ou de son équivalent européen lancé à la même période, Spotify, la démonstration est cinglante et l’on prend la mesure de l’importance de l’accompagnement.


A découvrir