Pourquoi l'aéroport Notre Dame des Landes risque d'avoir de gros problèmes

561 MILLIONS €
Le coût total de l'aéroport est estimé à 561 millions d'euros

Mystère : aucune ligne sur le sujet alors que des tonnes de rapports étaient supposés avoir épuisé toutes les polémiques de l'aéroport de ND des Landes à Nantes. Les éoliennes géantes offshore envisagées vont probablement avoir un gros impact sur le trafic aérien et sur sa sécurité, sur toute la façade Ouest du littoral. Les caractéristiques d’une seule éolienne rejoignent celles d’un Boeing 747 Jumbo.  Ces turbulences sont constantes et imprévisibles selon le vent dans le cas des éoliennes qui amplifient ces phénomènes vers encore plus d’instabilité. Les avions sont plus vulnérables aux turbulences à faible vitesse, lors des phases de décollage et d’atterrissage. Les remous sont encore de facteur 2/3 à une distance de 16 fois le diamètre des hélices, soit 2 à 3 km. Les mesures effectuées par drone sur la ferme de Hornes au Danemark enregistrent des turbulences significatives jusqu’à 10km (Chritiansen et Hasager). L’analyse par satellite de ces mêmes turbulences les recense jusqu’à 17 km pour des modèles d’éoliennes moyens (hélice 110m). La modélisation produite par l’étude Zifeng Yang, Partha Sarkar, Hui Hu de l’Université d’Iowa permet de vérifier ces données.  Les recommandations de sécurité de l’aviation civile prévoient la séparation de deux minutes entre chaque avion pour éviter les turbulences du sillage qui menacent leur sécurité.  Les éoliennes ne peuvent pas s'arrêter toutes les deux minutes. L'aéroport international de Southampton exclut toute présence d'éolienne dans un périmètre de 60 km. les données de l'équipementier radar Terma confirment les perturbations jusqu'à 70 km.

En novembre 2008, un hélicoptère a été projeté au sol à Santa Clara USA, causant le décès d’une personne sur place. Un accident aérien impliquant des éoliennes est survenu en Dakota du Sud à Highmore, avec 4 victimes. De nombreux rapports  ont été transmis à l’aviation civile australienne (CASA) à propos d’accidents aériens évités de justesse en raison de turbulences provoquées par les éoliennes (ex :rapport Mc Intosh mars 2013). Une enquête approfondie et une étude ont été lancées par l’aérodrome de Crookwell (Australie) à la suite du signalement d’un incident grave. Un pilote a évité l’accident fatal de justesse en septembre 2008 après avoir redressé l’avion aux derniers instants près du sol aux commandes d’un AeroCommander 680E, face à un déficit de portance provoqué par les turbulences des éoliennes. Ce type d’appareil n’est pas de petite taille, puisqu’il était utilisé pour les déplacements intérieurs du président des USA. L’armée de l'air britannique a recensé en sept 2015, en rapport officiel, 59 incidents aériens graves, accidents évités de justesse, dus aux éoliennes et à leurs mâts de mesure. Le Sous Préfet de ChateauThierry a demandé une enquête de gendarmerie aérienne à propos d'un accident mortel de montgolfière survenu à proximité d'éoliennes.

Autres problèmes importants : les feux de signalisation et les radars aériens.  

Le magazine de l'Armée de l'Air, AirActualités (n°631 -mai 2010) a publié un dossier consacré aux perturbations de la détection radar par les éoliennes, résultat d'expérimentations en vraie grandeur. Les résultats obtenus avec trois types d'avions (avion d'aéroclub, Grub 10 et Alphajet) ont confirmé que la détection était impossible dans la zone du parc éolien proprement dit, mais aussi dans la zone située en arrière des machines. Les pertes de détection radar vont jusqu'à 70 kilomètres, distance considérable. Pour le Commandant de la Zone Aérienne de Défense Nord, c'est la première fois qu'une expérimentation d'une telle envergure est réalisée avec autant de moyens et ses conclusions «sont sans appel».

Les éoliennes doivent être pourvues de balises lumineuses puissantes en raison de leur hauteur. La visibilité de ces balises porte à 40 km minimum. Leurs flashes, leur concentration et leur grand nombre posent de multiples problèmes de repérage, d’aveuglement et d’interférences qui vont rendre très compliquée la navigation aérienne dans ces zones. Ces feux risquent également d'être confondus avec les pistes d'atterrissage en raison de leur alignement. Le manuel technique d'un constructeur connu précise  qu'elles sont même équipées de radars d'aviation qui peuvent engendrer de multiples confusions.

 En 5 secondes (un tour moyen), une seule éolienne standard brasse 386 tonnes d’air, soit l’équivalent de la totalité du trafic de l’autoroute Paris Lyon Marseille en heure de pointe. Or les modèles d’éoliennes envisagés en offshore sont encore plus immenses. La vitesse de leurs pales atteint 600 km/h, ce qui ne laisse aucune chance aux oiseaux à proximité, ou aux chauves-souris par dépression des poumons. Il suffit de lire les brochures techniques des constructeurs : Une éolienne émet 12 à 20 fois par minute un  bruit souvent supérieur à celui d’un airbus, mais par intermittence, ce qui ne permet pas de parler de bruit moyen, mais plutôt de le comparer au passage de 12 à 20 trains par minute.


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Ludovic Grangeon

Ludovic Grangeon est expert conseil en assistance aux entreprises et services publics, partenaire de plusieurs réseaux d’expertise en management et innovation sociale de l'entreprise. Fondateur de l'axe «Entrepreneuriat de l'économie sociale» à l'ESDES Lyon, également membre du comité stratégique national Afnor management et services, il participe régulièrement aux Journées de l’Economie.

Il a successivement exercé dans l'aménagement du territoire, les collectivités locales, en France et auprès de gouvernements de pays émergents, Maghreb, Amérique Latine, Asie, puis à la Caisse des Dépôts et Consignations, direction générale Paris (affaires internationales et recherche) et en région, gérant de portefeuille industriel dans un groupe international de capital risque, ensuite Président et Directeur Général de sociétés Veolia/Dalkia énergie région Sud Est, expert inspecteur auditeur Afnor/Communauté Europénne, puis secrétaire Général du GIE Agirc Arrco.