Pourquoi Macron et la France sont condamnés à échouer

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Non, je ne fais pas de l’antimacronisme primaire, bien au contraire, je souhaite profondément la réussite du président, non pas pour lui, mais pour l’intérêt de chacun de nous.

Je raillais la semaine dernière notre pays et ses dirigeants, qui, dans un délire technocratique et bureaucratique digne de l’URSS de feu Staline « le Petit Père des peuples », voulaient créer une carte grise pour les vélos.

Peu importe le nom que l’on donne à ce fichier. Que nos pauvres naïfs ne se rassurent pas avec les mots. Le fichier des cartes grises est avant tout un fichier. Peu importe que vous ayez en main un parchemin ou pas. Plus cela ira, moins vous aurez de papiers, et plus vous aurez de « fichiers ».

Je me moquais donc de cette mesure totalement délirante, dans un pays qui, chaque jour, part un peu plus en vrille sous la dislocation de tout ce qui fait l’armature d’une nation.

Une morale qui vole en éclat.

Une incapacité à se définir comme un peuple, mais comme des juxtapositions de communautés.

Une souveraineté piétinée.

Une autorité de la police qui ne s’applique qu’aux automobilistes. Pardon, aux « délinquants de la route » comme il faut le dire maintenant, des délinquants de la route qui font de la « violence routière » et vont rouler à 80 !!!
(De vous à moi, j’ai enfin récupéré mes 12 points et rouler à 80 ne me dérange pas… On les atteint presque jamais… surtout à Paris !!! Mais on se trompe de sujet, et de débat.)

La famille recomposée, mot politiquement correct pour parler des familles explosées.
Une parité homme/femme, qui a pour effet de remplacer l’aliénation de la femme par son mari par celle de son patron et du marché de l’emploi. Au bout de compte, il n’y a plus personne pour préparer les petits déjeuners aux gamins le matin… Mais l’État, mère nourricière de tous, donnera les tartines à l’école…

Justement, les tartines seront données par l’école, dont les enseignants, après 40 ans de démagogie et de « pédagogisme » crétins, récoltent exactement ce qu’ils ont semé.

Désormais, en France, on fiche les vélos, ce qui est indispensable, alors qu’au même moment, des « élèves » braquent des profs au collège un flingue sur la tempe pour se faire marquer « présent » au lieu d’absent… Pauvres profs, pauvre France, pauvres de nous…

Dans la mesure où l’arme était factice, le jeune, mineur, je suppose, écopera d’un rappel à la loi et d’une mesure dite « éducative », où il sera reçu par une « professionnelle de l’enfance » d’une association quelconque, qui le verra 3 fois….

Macron pose avec les braqueurs !

Pour résumer, si nous n’exigeons pas de notre président qu’il fasse le vigile dans chaque classe « de quartier populaire » (dénomination politiquement correcte des quartiers de merde), nous attendons de lui a minima qu’il ne vienne pas nous mettre sur le devant de la scène des petites frappes obscènes.

Vous vous souvenez de cette histoire de Saint-Martin. Le jeune homme en question est retourné en tôle la semaine dernière… Malgré le fait que le Président avait dit « pauvre petit chéri, ta maman mérite mieux »… Eh bien pas sûr !!

Si on ne récolte pas toujours bien, quand on sème mal, on récolte toujours mal !

C’était une insulte à tous nos concitoyens méritants, issus de la diversité – comme il faut dire en novlangue politiquement correcte pour désigner celles et ceux qui, venus d’ailleurs, ont fait le choix de devenir des Français, peut-être de papier dans un premier temps, mais avec la volonté de participer et d’avancer dans un pays.

Il existe des centaines de milliers de Français « basanés » avec papier et sans casier ! C’est avec ceux-là que nous souhaiterions voir notre président.

Mais de la part d’un président qui a fait un véritable « hold-up » sur l’élection présidentielle, il ne faut pas s’étonner que ce quinquennat se résume à une histoire de braqueurs…

Mais Macron agit… Il « touitte » !

Voilà donc. Macron agit. Macron a « touitté », ce qui fait gazouiller évidemment de plaisir et trembler de peur nos jeunes braqueurs, de Saint-Martin à Créteil (« tweeter » veut dire « gazouiller » en « angliche »).

Que dis-je, je préside, donc je « touitte ».

Macron demande, exige, que toutes les mesures soient prises.

Excusez-moi… 30 secondes …

Hahahahahahahaha
Hahahahahahahahahah
Hahahahahahahhahaah
Hahahahahahahahahhaha
Hahahahahhahahahahahah !

Ouh lalalalala….

Excusez-moi, une envie irrépressible de rire face à tant d’humour présidentiel et à tant d’autorité de la part du chef de l’État…

J’en pleure encore de rire.

Dites-moi Monsieur le Président ?

C’est quoi les « toutes les mesures » ?

Des gardes armés pour protéger les profs ?

Une équipe de vigiles ?

Des portiques de sécurité comme dans les avions ? Non parce que pour éviter les armes dans une école, je vous assure, il faut des portiques de sécurité et une fouille systématique.

Des policiers dans les salles de classe ?

J’imagine déjà les réactions outrées des profs qui n’ont encore été ni tabassés, ni frappés, ni agressés, ni braqués… Il y en a encore, surtout dans les postes planqués des syndicats d’enseignants.

Meuh… Nan ! Voyons, rien. On va ficher les bicyclettes. C’est important les bicyclettes et les vols de bicyclettes.

Il y a aussi le sujet des trottinettes, c’est important les trottinettes… Faut légiférer sur les trottinettes, à moteur, à pieds, à pédales, électriques, ouh la la la la, il ne faut pas oublier les trottinettes dans la loi sur « les mobilités »… Hahahahahaha !

Quand un gouvernement s’occupe du futile pour fuir l’essentiel et pour ne pas affronter le réel, alors sachez que la fin est inéluctable. Cela se terminera mal. Il n’y aura aucune autre issue que funeste. Quand ? Aucune idée. Cela peut être demain ou dans 10 ans. Je n’en sais rien.

Ce que je sais, c’est que quand on se trompe à ce point-là, que l’on se ment à ce niveau-là, que l’on occulte la vérité de cette manière-là, il n’y a aucune chance de réussite. Aucune.

Quand un gouvernement s’occupe de ficher les bicyclettes, et de laisser les enfants de la République braquer les profs l’école, en demandant que cela ne se reproduise pas, mais en s’interdisant les mesures le permettant, nous marchons, comme le dit si bien lui-même le Président, comme des somnambules.

Pourtant, le Président oublie une chose importante.

Le premier des somnambules, c’est lui. Et quand les vents de l’histoire se mettront à souffler, il sera le premier à s’effondrer.

Ne nous en réjouissons pas.

Quand les pouvoirs s’effondrent, quand les institutions vacillent, ce n’est jamais une bonne nouvelle pour les sans-dents d’en bas que nous sommes, car c’est le retour à la loi du plus fort. Et les petits et les sans-grade n’ont jamais rien à attendre de l’anarchie.

Finalement, cette histoire de petit déjeuner à l’école est une bonne idée, mais de grâce, Monsieur le Président, remplacez les tartines par une distribution de tartes qui remettraient les idées en place à un certain nombre de petits crétins que nous laissons prospérer par nos failles éducatives, notre refus d’exercer notre devoir d’autorité et notre laxisme généralisé et suintant de lâcheté.

Tant que personne ne remettra les choses à l’endroit dans ce pays, elles resteront… à l’envers !

C’est pour cette seule et unique raison que notre pays s’enfonce jour après jour.

« Malheur à toi, pays dont le roi est un enfant. »

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Article écrit par Charles Sannat pour Insolentiae


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.