Les effrayantes prédictions 2022 de la Saxo Bank ! Episode 1 saison 3

6,8 %
L'OCDE prévoit 6,8% de croissance pour la France en 2021.

Chaque année, la Saxo Bank fait des prévisions « outrageuses », « effrayantes », « scandaleuses », cela se disant « outrageous » en anglais. Il y en a 10 et je ne vais pas toutes vous les traduire dans la mesure où en plus elles ne sont pas tous du même intérêt, enfin à mon sens ce qui reste, je vous l’accorde, un point de vue, par définition parfaitement subjectif.

Prédictions scandaleuses de Saxo Bank 2022 : voici une révolution !

Commentant les prévisions scandaleuses de cette année, Steen Jakobsen, directeur des investissements de Saxo Bank, a déclaré :

« Le thème de 2022 Outrageous Predictions est la Révolution. Il y a tellement d’énergie qui s’accumule dans notre société et notre économie en proie aux inégalités. Ajoutez à cela l’incapacité du système actuel à résoudre le problème et nous devons regarder vers l’avenir avec une vision fondamentale selon laquelle la question n’est pas de savoir si nous allons avoir une révolution mais plutôt quand et comment nous aurons la révolution. À chaque révolution, certains gagnent et d’autres perdent, mais ce n’est pas la question : si le système actuel ne peut pas changer mais doit le faire, la révolution est la seule voie à suivre.

Une guerre des cultures fait rage à travers le monde et le fossé n’est plus simplement entre les riches et les pauvres. C’est aussi les jeunes contre les vieux, la classe éduquée contre la classe ouvrière moins éduquée, les marchés réels avec la formation libre des prix contre l’intervention gouvernementale, les rachats en bourse contre les dépenses de R&D, l’inflation contre la déflation, les femmes contre les hommes, la gauche progressiste contre le centriste à gauche, la signalisation de la vertu sur les réseaux sociaux contre les changements réels de la société, la classe des rentiers contre le travail, les combustibles fossiles contre l’énergie verte, les initiatives ESG (socialement responsable) contre la nécessité de fournir au monde une énergie fiable, la liste est longue.

Nous avons collaboré à l’échelle mondiale sur les vaccins Covid en 2020 et 2021. Nous avons maintenant besoin d’un nouveau projet de type Manhattan pour définir le coût marginal de l’énergie, ajusté en fonction de la productivité, sur la voie de niveaux beaucoup plus bas tout en éliminant l’impact de notre production d’énergie sur l’environnement. Une telle décision déclencherait le cycle de productivité le plus important de l’histoire : nous pourrions dessaler l’eau, rendre les fermes verticales réalisables presque n’importe où, augmenter les puissances des ordinateurs vers des états quantiques et continuer à explorer de nouvelles frontières en biologie et en physique.  »

N’oubliez pas que le monde évolue sans cesse à des vitesses variables, tandis que les cycles économiques et politiques sont toujours finis.  »

Une vision noire de l’avenir

La vision de Steen Jakobsen, directeur des investissements de Saxo Bank peut sembler noire, pourtant il a parfaitement raison dans les constats qu’il pose.

Oui.

Nous sommes dans la guerre de tous contre tous qui est l’aboutissement ultime de l’idée « diviser pour mieux régner ». Les populations, homogènes en grande partie ont été largement disloquées en autant de sous-groupes et de sous-communautés montés les uns contre les autres, ne se parlant plus. Je ne m’étendrais pas plus longtemps sur les impacts démocratiques désastreux d’une telle situation. C’est aussi de tout cela dont le phénomène Zemmour est le nom.

Pourtant derrière cette vision noire, il y a l’espoir avec la mise en place de sources d’énergie nouvelles, abondantes, peu polluantes et pas cher. C’est vers cela que l’intelligence humaine devrait être évidemment orientée. Il n’y a aucun fatalité et nous pourrions croître encore beaucoup, car nous pouvons reculer les limites physiques de notre petite planète sans pour autant ne pas en prendre soin. L’écologie ne doit pas être opposée au progrès mais au contraire être une source stimulante pour la recherche et le progrès scientifique. Personne n’aurait imaginé il y a 20 ans la production dans des fermes verticales. Peut-être que demain, nous transformerons même les parkings sans voiture de la Défense en grandes fermes urbaines pour approvisionner Paris en circuits courts.

Je vais donc aujourd’hui m’arrêter sur la première « prédiction » de la Saxo Bank et elle porte sur la transition écologique !

1. Le plan pour mettre fin aux combustibles fossiles est intenable !

Résumé : Les décideurs politiques repoussent les objectifs climatiques et soutiennent les investissements dans les combustibles fossiles pour lutter contre l’inflation et le risque de troubles sociaux tout en repensant la voie vers un avenir sobre en carbone.

Réalisant la menace inflationniste de la flambée des prix des matières premières et le risque d’un accident économique majeur en raison du calendrier irréaliste de la transition énergétique verte, les décideurs politiques repoussent les objectifs climatiques à plus tard.

Ils assouplissent les formalités administratives d’investissement pendant cinq ans pour la production de pétrole et dix ans pour la production de gaz naturel, afin d’encourager les producteurs à assurer des approvisionnements adéquats et à des prix raisonnables qui comblent le fossé entre l’énergie actuelle et l’avenir énergétique à faible émission de carbone.

Cette évolution a déjà fait grimper les prix et la volatilité des prix, non seulement pour l’énergie, mais aussi pour les métaux industriels, dont la plupart sont nécessaires en plus grande quantité pour la poussée de la transformation verte. En plus de cela, la flambée des prix de l’énergie a fait grimper les prix du diesel et en particulier des engrais, des coûts agricoles importants qui soulèvent des inquiétudes quant à la production de cultures vivrières clés.

Cette première prévision a de très forte chance de se réaliser dans les mois et années qui viennent car le rythme imposé actuellement de la transition écologique à marche forcé ne sera pas sans poser de très gros problèmes au système économique et monétaire. Inflation évidemment mais pas que. Il faut que la transition soit socialement et techniquement supportable. Face au mur, et parce que la réalité est toujours beaucoup plus brutale que les idéologies ou les croyances, il faudra reporter certaines échéances, faire des ajustements.

Ce n’est pas la « transition » qui s’arrêtera. Disons que certains des éléments qui la composent seront décalés ou remis à un peu plus tard.

Pour illustrer cela, les pompes à chaleur. Actuellement pour passer les nouveaux DPE, les diagnostics de performance énergétique, il faut mettre une pompe à chaleur (PAC) dans vos logements. Or il y a de moins en moins de PAC disponibles sur le marché parce qu’il y a pénurie. Pour le moment on en trouve encore, mais rien ne dit que le marché sera capable de fournir des PAC par millions. Il faudra donc bien décaler et se laisser plus de temps car il faudra bien continuer à loger les gens. Mieux vaut un toit mal chauffé que pas de toit du tout !

Pour autant ce ne sera pas forcément une « catastrophe ». Au contraire, ce serait même un peu de bon sens ! Je vous retrouve demain pour l’épisode 2 consacré à l’inflation selon la Saxo Bank.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.