6 Français sur 10 sont déjà allés travailler en étant malades

83 %
Le présentéisme concerne essentiellement les maladies bénignes : les
salariés qui ne signalent qu'un ou deux jours de maladie dans l'année
passent 83% de ces jours au travail.

62% des salariés en France ont travaillé au moins un jour dans l’année tout en étant malades. Les plus de 50 ans et les femmes déclarent davantage avoir fait ce choix.

Un salarié français travaille 3 jours par an en moyenne en étant malade

Vous connaissez l’absentéisme, mais connaissez-vous le présentéisme ? Il s’agit du fait d’aller travailler tout en sachant qu’on est malade et qu’on aurait mieux fait de rester à la maison. Et en France, le phénomène n’est pas vraiment exceptionnel. 62% des salariés l’ont déjà fait dans l’année, contre 42% en moyenne européenne, révèle la DARES, le service des statistiques du ministère du Travail.

Au-delà de la proportion des salariés concernés, dans son étude la DARES est parvenue à quantifier le nombre de jours de présentéisme. En 2016, les salariés ont signalé 11 jours de maladie en moyenne. Les arrêts de travail, quant à eux, n’ont duré que 8 jours. D’où cette conclusion : un salarié va travailler 3 jours par an en moyenne en étant malade. En d’autres mots, plus d’1 jour de maladie sur 4, les salariés ne restent pas à la maison. La DARES rappelle que, selon différentes études, cette pratique a pour effet d’aggraver les problèmes de santé des salariés et d’augmenter, à moyen et long terme, le nombre des absences pour raisons de santé. Le présentéisme est de ce fait coûteux pour la collectivité.

Le présentéisme, un résultat des conditions de travail dégradées

Les salariés les plus concernés par le présentéisme sont les femmes, les personnes signalant une santé altérée, celles ayant plus de 50 ans ainsi que les salariés exposés à de mauvaises conditions de travail.

Alors, quels facteurs favorisent le présentéisme ? Les conditions de travail dans l’entreprise jouent un rôle de premier plan : les salariés qui signalent de mauvaises relations avec leur hiérarchie, un important volume de travail, un travail intense, un manque de moyens pour faire correctement son travail ou un sentiment d’insécurité économique ont tendance à passer au travail une part plus importante de leurs jours de maladie. Il arrive que le salarié soit découragé de s’absenter par la perspective d’une quantité de travail encore plus importante à son retour de maladie. Le présentéisme résulte aussi d’une pression des pairs : l’idée que les tâches non réalisées retomberaient sur les collègues décourage certains salariés de prendre un arrêt maladie.


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