Monsieur le Président : tenez au moins une promesse, celle de ne pas vous représenter en 2017

Le Président de la République est crédité de moins de 20% d'opinions
favorables , du jamais-vu sous la Ve République.

François Hollande a choisi de s'exprimer au micro de Jean-Jacques Bourdin hier matin, deux ans jour pour jour après son élection à la Présidence de la République. Bien qu'attendue, cette intervention s'est transformée en un non-événement : le diagnostic naïf de François Hollande sur la situation économique et sociale de notre pays et les outils sous-dimensionnés qu'il brandit révèlent plus que jamais l'absence totale de cap qui caractérise son quinquennat.

Après l'annonce du fameux "retournement économique" ce week-end, nous apprenons que l'exécutif "ira plus vite sur les réformes". Heureuse nouvelle, qui peine à faire oublier que la moitié du quinquennat est bientôt écoulée et qu'aucune réforme structurelle n'a encore contribué à redresser la France.

Pourtant le bilan est catastrophique.

Sur le plan économique, la Commission européenne pronostique pour la France en 2015 une croissance à 1,5%, balayant les prévisions dangereusement optimistes du gouvernement Valls. Sur le front de l'emploi, l'OCDE établit notre taux de chômage à presque 10%, près du double de celui de l'Allemagne ! De ce chiffre découlent des prestations sociales coûteuses qui dégradent notre déficit public, augmentent la dette et créent un sentiment de frustration chez les Français qui veulent travailler. Il est temps d'enrayer cette spirale qui gangrène la compétitivité française. L'emploi des jeunes comme des seniors, grands oubliés de cette première phase du quinquennat, doit passer en tête des priorités du gouvernement via :

- l'adoption d'une législation autorisant le travail dominical et le travail de nuit

- l'alignement de la durée d'indemnisation des seniors sur celle des moins de 50 ans et l'utilisation des économies ainsi réalisées à l'amélioration de leur employabilité

Sur le plan politique, le manque de courage du Président de la République doit être sanctionné. Crédité de moins de 20% d'opinions favorables - du jamais-vu sous la Ve République - notre Président a déclaré vouloir reporter le scrutin régional... plutôt que de subir une nouvelle déroute électorale. François Hollande n'est pas sûr de lui. Il suffit de réécouter les réponses formulées hier matin aux Français qui s'adressaient à lui : approximatives et profondément révélatrices d'une coupure du terrain.

Or, l'économie a avant tout besoin d'un climat de confiance pour repartir. Comment, dans ces conditions, les acteurs économiques nationaux et internationaux pourraient-ils encore accorder la moindre crédibilité à la parole présidentielle ?

François Hollande poursuit sa course aux fausses promesses. Espérons qu'il en tienne au moins une : celle de ne pas se représenter en 2017 si notre pays déplore les mêmes échecs économiques. 


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