Prix des carburants en chute libre : vers une baisse des taxes ?

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Le prix des carburants en France a chuté de 25 centimes d'euro en
moyenne depuis début janvier 2020

Le prix du baril de pétrole s’est effondré depuis le début de la crise du coronavirus Covid-19 : le 31 mars 2020, il a même chuté sous la barre symbolique des 20 dollars (pour le pétrole américain WTI), soit du jamais vu depuis 2001 et un niveau similaire à celui des années 80. À la pompe, le prix a suivi et devrait continuer de chuter. Et c’est une mauvaise nouvelle pour le gouvernement.

Baisse du prix du pétrole et de la demande

Deux facteurs ont entraîné la baisse du cours du baril en Bourse : la crise du Covid-19, entamée en Chine et devenue depuis pandémie mondiale, et la guerre que se font la Russie et l'Arabie saoudite sur les niveaux de production et qui ne semble pas prête de s’arrêter. La Russie veut prendre le contrôle du marché et est en mesure de supporter plus longtemps des prix bas que l’Arabie saoudite. C’est donc une guerre de longue haleine qui va se jouer.

Le résultat est net : le prix du pétrole a été divisé par trois par rapport à son pic du 3 janvier 2020 lorsque le baril avait dépassé les 60 dollars. Et à la pompe, c’est la bérézina. Il faut dire que la demande mondiale, du fait du confinement, a été réduite en cendres : selon l’AIE, elle pourrait baisser de 20 millions de barils par jour. Les avions ne volent plus, les voitures ne roulent plus… En France, la consommation de carburant a chuté de plus de 70% selon les estimations.

Vers l’essence à 1 euro ?

Depuis le début de l’année, les prix du carburant en France ont chuté drastiquement : 25 centimes de moins le litre en moyenne… dont 12 centimes de moins par rapport à début mars 2020. Le confinement devant encore durer au moins jusqu’à fin avril, la tendance est loin de s’inverser.

À la pompe, certains prix donnent le vertige : dans certaines stations essence, le diesel a chuté sous la barre des 1,2 euro le litre, à 1,15 euro. En moyenne, en France, le carburant le plus utilisé de l’Hexagone se vend 1,239 euro le litre, à peine 5 centimes de moins que l’essence SP95-E10 qui affiche 1,2887 euro.

Peut-on espérer voir un prix à la pompe de 1 euro le litre ? La tendance y est, il semble qu’il suffit d’attendre.

Le gouvernement contraint de baisser les taxes sur les carburants ?

La baisse des prix sur l’essence est une bonne nouvelle pour le portefeuille des automobilistes qui… ne peuvent pas en profiter puisqu’ils sont en confinement. Mais qu’ils se rassurent, une fois le confinement terminé, ils pourront encore en profiter. Le gouvernement, lui, risque de devoir faire des concessions.

Le prix du carburant à la pompe se décompose en effet en deux : d’un côté, il y a les coûts et les revenus des pétroliers (achat du brut, raffinage, distribution, marge…) et d’un autre, il y a les taxes, notamment la TICPE et la TVA. Or, la TICPE est fixe, d’un montant entre 60 et 70 centimes le litre. Lorsque le prix du carburant est élevé, prenons 1,49 euro le litre pour l’essence, les taxes représentent déjà plus de 90 centimes d’euro. Mais les pétroliers réussissent encore à se faire de la marge.

Mais avec un prix qui a chuté à 1,20 euro le litre, la TICPE et la TVA sur la TICPE restent fixes : 69 centimes et 13 centimes respectivement, soit 82 centimes. Il ne reste plus que 38 centimes pour le pétrolier (montant sur lequel s’applique encore la TVA). Un niveau potentiellement intenable. Le gouvernement va donc faire un choix : assommer encore plus les pétroliers ou baisser le niveau de la TICPE durant quelque temps.

Au risque, toutefois, de l’augmenter à nouveau juste avant les élections présidentielles de 2022, ce qui a de fortes chances de ne pas être apprécié par les Français.


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