Dans toute l'Europe, l'industrie redémarre... sauf en France

Selon les dernières prévisions économiques de la Commission
européenne, la zone euro sortira bien de la récession en 2014, avec
une croissance de 1,1%.

 

L'exception française n'a pas toujours du bon, loin de là. L'indice PMI, qui mesure l'activité industrielle mensuelle dans chaque pays du monde et par là-même la bonne santé de l'industrie, secteur clé des pays développés, a grimpé en Europe à 52,7 en décembre (contre 51,6 le mois précédent) et aux Etats-Unis à 55 (meilleure note depuis un an).

 

 

La France en queue du peloton européen

 

 

Pour mémoire, au-dessus de la barre fatidique des 50, cela signifie que la croissance est en marche, au-dessous, il est synonyme de récession.

Or en France, cet indice clé a encore baissé en décembre 2013, à 47 (contre 48,4 en novembre). Il atteint même son plus bas niveau depuis sept mois. Cela fait 22 mois d'affilée qu'il baisse. Une véritable spirale infernale...

 

L'Hexagone a du mal à exporter le made in France

 

 

 

Comment l'Hexagone peut-il décrocher ainsi de ses voisins, à commencer par l'Allemagne qui affiche une note en hausse à 54,3 (meilleure note depuis 30 mois), l'Italie (53,3), l'Espagne (50,8, +2,2 points) ?!

 

Une des raisons de la vigueur retrouvée de ces pays d'Europe réside dans le boom de leurs exportations. Et c'est là que la France est à la traîne : ses ventes à l'export baissent en moyenne (-0,8% au troisième trimestre 2013), en raison d'un manque de compétitivité. Nos produits sont trop chers, notamment car les salaires et les charges sont trop élevés. Résultat, les acheteurs étrangers préfèrent acheter autre chose que du made in France, sauf dans des secteurs très ciblés où la valeur ajoutée tricolore est inégalée (aéronautique, nucléaire, produits de luxe, etc).


Et les chefs d'entreprise eux-mêmes ne voient pas comment remonter la pente. Toutes les études démontrent qu'ils ressentent un manque de confiance important en l'avenir. Vive 2014... ? 


Laure De Charette

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.

Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.