Hygiène : attention à l'excès de zèle

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En trois semaines, les centres antipoison ont enregistré 337 appels
associés au contexte Covid-19.

Les centres antipoison rapportent un bond des appels suite à des empoisonnements résultant d’une utilisation inadaptée de produits d’hygiène.

Désinfectants ménagers pour l’hygiène corporelle, nettoyage d’aliments à l’eau de Javel… : les comportements inadaptés se multiplient

« Désinfecter coûte que coûte » : avec l’épidémie du coronavirus Covid-19, pour certains Français c’est devenu une manie. Au point d’utiliser des produits nettoyants ou désinfectants là où leur usage est clairement inadapté… avec de lourdes conséquences bien sûr puisque les cas d’empoisonnement se multiplient.

Les centres antipoison rapportent ainsi des cas d’inhalation de vapeur toxique (chlore…) due au mélange d’eau de Javel et de détartrant (vinaigre, ammoniaque…) au cours d’un nettoyage excessif ou inadapté des sols et surfaces (moquette par exemple). Ces dégagements gazeux peuvent entraîner des difficultés respiratoires graves notamment chez les personnes ayant des affections respiratoires préexistantes (asthme…). Des cas de mésusage ont également été relevés : l’utilisation de produits nettoyants ou désinfectants de surface pour l’hygiène corporelle (désinfectant médical de surface mis sur les mains et le visage, lavage des mains à l’eau de javel ou à l’alcool à brûler) ou encore le nettoyage des aliments à l’eau de Javel (radis, raisin, poulet…).

Produits ménagers : 245 cas d’exposition sur trois semaines

Sur la période allant du 1er au 24 mars 2020, les centres antipoison ont enregistré 337 appels associés au contexte Covid-19. Parmi ces demandes, 245 correspondent à des cas d’exposition (73%), dont 144 avec symptômes et 101 cas sans symptôme. Le reste (92 demandes) sont de simples demandes d’information (27%).

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) rappelle qu’il ne faut pas utiliser les produits nettoyants et désinfectants de sols et de surfaces pour des besoins d’hygiène corporelle. Par ailleurs, l’auto-médication gagnant du terrain, l’institution rappelle qu’en dehors de tout traitement chronique, la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens n’est pas adaptée : en cas de fièvre il convient de privilégier la prise de paracétamol.


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