Tout va bien, oui mais...

2,392 milliards d'euros
La Belgique a emprunté à court terme un total de 2,392 milliards
d'euros par le truchement de certificats de trésorerie à des taux
franchement négatifs.

La Belgique emprunte à taux négatif :

- Trends Tendances 12/06/18 à 13:43 - Mise à jour à 13:43 Source: Belga

« La Belgique a emprunté à court terme un total de 2,392 milliards d'euros par le truchement de certificats de trésorerie à des taux franchement négatifs, a annoncé mardi l'Agence de la Dette.

Plus précisément, 1,210 milliard d'euros est emprunté à trois mois (13/09/2018), à un taux de -0,578%. A cela s'ajoute 1,182 milliard sur un peu moins de 11 mois (09/05/2019), à un taux moyen de -0,566%. Des taux négatifs signifient que l'emprunteur, en l'occurrence l'État belge, remboursera à l'échéance légèrement moins que le montant emprunté. »

Et pendant ce temps-là, l’on continue d’échanger quotidiennement des milliards de cash contre des valorisations comptables mark-to-market n’ayant aucune contrepartie financière égalitaire au cash.

L’Europe politique engluée dans sa dépendance aux lobbies, la Chine appliquant l’art de la guerre de Sun Tzu et non l’art de la sagesse de Lao Tseu et Monsieur Trump qui innove voire révolutionne la politique, nous allons en arriver à quoi ?

Chronique de Gaspard Koenig (Les Echos) : « En retirant brusquement sa signature du communiqué final du G7, Trump en a involontairement souligné les failles. Celles d'une organisation obsolète, composée d'une majorité de pays occidentaux, ignorant les autres puissances et qu'il est donc urgent de réinventer. »

Pierrick Fay dans Les Echos : « En plaçant l'Italie sous haute surveillance, les marchés ont donné un avertissement aux populistes qui se sont installés au pouvoir. S'ils n'ont pu éviter leur victoire, ils leur montrent jusqu'où ne pas aller en matière d'aventurisme économique. Ingérence politique inacceptable ? Non, simple préservation de l'intérêt des épargnants. »

Cette situation me rappelle de longues discussions avec des professeurs (es) de l’Université de Louvain la Neuve qui attiraient notre attention sur l’importance de former les citoyens aux principes de base de l’économie politique et financière. Je dois dire qu’à cette époque, je n’avais pas très bien compris leur insistance.

Malheureusement, lorsque je lis des propos tels ceux de Pierrick Fay, je comprends leur clairvoyance humaniste. Humaniste et non-populiste.

Alors que les États devraient être indépendants des marchés, non seulement, ils sont devenus dépendants et interdépendants, mais ils sont pris dans le piège de leur totale dépendance. Ce ne sont plus les États qui donnent des avertissements, mais les marchés, c’est-à-dire quelques personnes. Privé qui fausse volontairement toute réalité financière via la comptabiliarisation©. Privé qui impose ses hommes aux politiques et privé qui imposent ses décisions sous peine de déposer plainte contre les États etc…

Et toute tête qui dépasse est taxée de « populiste », et toute action contraire à leurs intérêts d’« aventurisme économique ».

Facile, les médias appartiennent à des privés. Comment ne pas rire devant cela, alors que le système actuel passe de crises en crises avec pour conséquence une totale absence de préservation de l’épargne des épargnants. 

Un exemple flagrant avec les fonds communs de placement qui continuent de se vendre comme des petits pains grâce à des performances faussées à plus de 80 % et une information marketing des plus litigieuses. Ironie de l’histoire, le degré de dépendance des États est tel que ce sont quelques hauts fonctionnaires intègres, et notamment les présidents des autorités boursières et hauts responsables comptables, qui dénoncent les errements financiers pendant que les acteurs financiers continuent d’inventer quotidiennement des explications techniques sans queue ni tête pour expliquer l’incohérence des mouvements financiers.

Dès lors, que penser de la « simple préservation de l’intérêt des épargnants » évoquée dernièrement par le ministre de l’Économie ? Le deal actuel n’est plus de sortir des marchés avant la crise. Il est de se mettre d’accord sur une explication technique pour pouvoir dire le moment venu « On ne pouvait pas savoir ».

© Comptabiliarisation : Terme que j’ai inventé en remplacement de financiarisation, car les désordres financiers sont issus de règles comptables inopportunes.


A découvrir