Éoliennes en mer : les 5 « fake news » du ministère de l'Écologie

45 euros
Avec un véritable appel d'offres digne de ce nom, EDF a gagné le
marché des éoliennes au large de Dunkerque à 45 euros le
mégawattheure.

Dans un clip affligeant et mensonger d’une minute diffusé sur YouTube, le ministère de l’Ecologie entend promouvoir les projets d’éoliennes en mer au large des côtes françaises. Ce petit film à la musique angoissante siglé du logo officiel du ministère aurait pu tout aussi bien être diffusé par les lobbyistes de l’industrie éolienne, tant il reprend sans nuance et sans vérification les nombreuses fausses informations diffusées par ces derniers.

Il n’est pas acceptable de voir une autorité officielle et gouvernementale reprendre à son compte les arguments commerciaux, idylliques et fallacieux des syndicats de promoteurs éoliens qui viennent d’ailleurs de se faire épingler par le jury de déontologie publicitaire pour une publicité trompeuse sur les éoliennes .  Voici les 5 mensonges incroyables diffusés par le clip en question.

23e seconde : « En concertation et en dialogue permanent avec les usagers de la mer »

Les centrales éoliennes en mer ont été projetées malgré un avis très défavorable des marins-pêcheurs. Au Tréport, en octobre 2017, le conseil de gestion du parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale avait rendu un avis négatif sur le projet de centrale éolienne. Alors que son avis était auparavant impératif, le ministère de l’Ecologie est passé outre en modifiant les règles de prise en compte de l’avis des parcs naturels marins. À Noirmoutier, ce sont plus de 150 marins-pêcheurs de la région sur 180 qui ont écrit au ministre de l’Écologie pour exprimer leur ferme opposition à la centrale éolienne en projet. L’enquête publique en 2018 avait dévoilé un net refus des usagers de la mer et habitants des îles d’Yeu et Noirmoutier à près de 80 %. À Saint-Brieuc, les pêcheurs viennent de demander la suspension du projet de centrale éolienne en s’opposant fermement au début des travaux.

26e  seconde : « Une électricité parmi les moins chères du marché »

Le tarif de rachat de l’électricité des éoliennes en mer des deux premiers appels d’offres de 2011 et 2013 sont parmi les plus chers du monde. En 2017, Le Figaro titrait un article « Éoliennes en mer : des 2CV au prix de Rolls-Royce » et dévoilait un prix de rachat de l’électricité de 220 euros le mégawattheure alors que le tarif spot se situait aux alentours de 45 euros le mégawattheure. Suite à ces révélations, le gouvernement a été contraint en 2018 à une renégociation aboutissant à un prix de rachat d’en moyenne 150 euros le mégawattheure hors raccordement (établi en moyenne à 25 euros le mégawattheure). De très nombreux exemples de tarif de rachat de l’électricité en mer ne se situent plus du tout à ce niveau de prix.

On retiendra comme exemple le prix obtenu après appel d’offres par le consortium composé de la société EDP (consortium sino-portugais) et ENGIE en Grande-Bretagne. Le Monde de l’énergie nous annonce dans un article du 20 septembre 2017 que le consortium a obtenu une concession du ministère de l’Énergie britannique au prix de 57,50 livres sterling, soit à l’époque 63,10 euros le mégawattheure. Dans le même temps le même article nous apprend que le danois Dong Energy a obtenu la construction à 89 kilomètres des côtes du Yorkshire pour le même prix . Avec un véritable appel d’offres digne de ce nom EDF a gagné le marché des éoliennes au large de Dunkerque à 45 euros le mégawattheure. Les 6 centrales éoliennes en mer entre le Tréport et Noirmoutier se situent donc à un niveau prix de l’ordre de 3 à 4 fois le prix de marché actuel et dans les plus élevés au monde.

40e  seconde : « Une éolienne produit de l’électricité sans émettre de CO2 »

Là encore il s’agit d’une information biaisée. Car, même si les éoliennes n’émettent pas de CO2 lorsqu’elles produisent de l’électricité, lorsqu’elles ne tournent pas cela contraint EDF à faire fonctionner des usines au gaz, au pétrole ou au charbon très émetteurs de CO2. En outre les éoliennes sont émmettrices de gaz à effet de serre pour leur fabrication, leur transport et leur désinstallation. En intégrant le fait qu’une éolienne ne fonctionne qu’une partie de son temps, Kevan Saab  calcule le bilan carbone à 59 g eqCO2/kWh (équivalent CO2 par kilowattheure) là ou le bilan carbone des centrales nucléaires ou hydroélectriques est fixé à seulement 6 g eqCO2/kWh.

46e seconde : « Une éolienne se recycle à 90 % »

Les éoliennes sont très difficilement recyclables. Tout d’abord le béton armé qui sera coulé dans les fonds marins pour l’installation des mâts sera définitivement ensouillé. Les pales d’éoliennes en fibre de carbone ne sont pas recyclables et lors du démantèlement des éoliennes, elles sont jetés dans des décharges. Bloomberg  dans un article de février 2020 montre les photographies édifiantes de pales d’éoliennes enfouies dans le Wyoming. Les tonnes de terres rares utilisées pour les nacelles d’éoliennes dans la salle des machines non seulement sont très polluantes à produire mais en plus ne sont pas recyclables. Seuls les mâts peuvent être correctement recyclés sachant que les systèmes anticorrosion libèrent de l’aluminium très impactant dans les écosystèmes.  Il est donc faux de dire que les éoliennes sont recyclables à 90 %.

50e seconde : « C’est bon pour l’emploi dans les territoires »

La France ne connaît aucune filière industrielle éolienne dans la mesure où Areva et Alstom ne sont plus sous contrôle français. General Electric et Siemens ont bien installé une chaîne de fabrication d’éoliennes en France mais il s’agit juste d’une délocalisation des usines de fabrication étrangères. Les emplois promis dans la filière éolienne sont systématiquement surestimés. Dans un rapport rédigé par Capgemini en 2010, les syndicats éoliens annonçaient 60 000 emplois créés par la filière éolienne en 2020. Nous y sommes, et selon les chiffres des lobbies éoliens c’est seulement 20 000 emplois qui auraient été créés en France. Il y a donc lieu de diviser par trois les prévisions des promoteurs éoliens et encore en tenant compte des chiffres des syndicats éolienens. C’est ainsi que les chaînes de production d’éoliennes construites en France coûteront aux contribuables français près de 30 milliards d’euros de subventions pour quelques milliers d’emplois non pérennes créés.

Fabien Bouglé alias Louis Marin, auteur du livre « Eoliennes la face noire de la Transition écologique » (Ed du Rocher)


A découvrir

Louis Marin

Louis Marin est sur le site Economiematin le pseudonyme de Fabien Bouglé lanceur d’alerte écologiste français et auteur du livre Éoliennes : la Face noire de la transition écologiques, publié en 2019 aux éditions du Rocher. 
Depuis 10 ans, il dénonce le désastre écologique et financier des éoliennes. Entre 2011 et 2016, il est en lien avec le SCPC (service central de prévention de la corruption) du ministère de la Justice français qui dévoile le scandale de la corruption dans l’industrie éolienne. Il contribue à rendre public en 2018, le prix exorbitant de rachat de l'électricité des éoliennes en mer. A la suite de ces révélations, ce tarif a été renégocié à la baisse par le gouvernement français. Il a été auditionné en juillet 2019 à l'Assemblée nationale par la commission d'enquête parlementaire sur les énergies renouvelables.