Quel est l'impact des French Days sur le commerce en ligne et physique français ?

47 %
En 2019, 47% des consommateurs indiquaient se rendre moins souvent en
magasin.

Les French Days sont certes une occasion unique pour les consommateurs français, mais ils incarnent également la polarisation entre petites et grandes enseignes. Découvrez leur impact dans cet article et comment en profiter au maximum !

La crise sanitaire, et le confinement qui en a résulté ont eu des conséquences désastreuses sur l’économie française. L’impact a été d’autant plus fort auprès des petits commerçants indépendants qui ont dû fermer boutique pendant plus de 8 semaines, et qui n’ont pas pu maintenir leur activité en ligne. La question se pose donc de savoir quel sera l’impact des French Days, une initiative lancée en France depuis 2018 et souhaitant se substituer au Black Friday américain.      

Permettant aux grandes enseignes de booster leur chiffre d’affaires avec une politique de prix très agressive, et aux consommateurs de faire de bonnes affaires, il est difficile pour les commerçants indépendants de s’aligner sur de telles remises.

Cet événement commercial, qui a eu lieu fin mai pour l’édition de printemps, et qui s’apprête à se tenir du 25 au 28 septembre pour celle de la rentrée scolaire, est donc dénoncée comme une manifestation de plus du “chacun pour soi” des grandes marques.

Un évènement pour booster le commerce en ligne français

À l’origine, les French Days ont été lancés pour familiariser les français avec le commerce en ligne. Moins adeptes du shopping virtuel que leurs voisins (notamment allemands et anglais), 6 grandes enseignes (dont Fnac/Darty, ou encore Rue du Commerce) ont donc décidé de s’allier pour proposer aux consommateurs des promotions massives, deux fois dans l’année.

L’objectif était, à terme, de devenir un rendez-vous aussi incontournable que le fameux Black Friday, qui se tient généralement fin novembre. Importé dans l’Hexagone par des géants du commerce en ligne (dont Amazon), le Black Friday avait tout pour intéresser les commerçants, puisqu’il permet de faire grimper le chiffre d’affaires global du commerce en ligne de près de 70 % (selon une étude menée par la Fédération du e-commerce et de la vente à distance - Fevad).

Pourquoi des soldes supplémentaires ?

En parallèle, les French Days devaient également répondre à une certaine perte de vitesse des soldes d’été et d’hiver qui sont de moins en moins plébiscitées par les consommateurs (et dont le gouvernement souhaitait d’ailleurs allonger la durée).    

Les French Days ont donc pour vocation non pas tant de concurrencer, mais de devenir un nouveau rendez-vous de référence pour les acheteurs. A l’origine, ils ne devaient d’ailleurs se tenir que durant le printemps (une période creuse pour le commerce en ligne). La rentrée scolaire a cependant semblé être une bonne idée pour encourager les français à la consommation pendant cette période charnière. Ce mois de septembre, beaucoup plus d'entreprises (physiques et en ligne) ont prévu de participer à cet événement que l’année passée, et de nombreuses enseignes préparent également leur « catalogue French Days » pour l'occasion. D’après notre expérience de l’année dernière, nous nous attendons à découvrir les brochures d’enseignes comme Cdiscount, Hyper U ou encore le catalogue Darty.

Pour les sites d’ecommerce français, les French Days (qui portent bien leur nom) doivent aussi favoriser le dynamisme national, face aux sites américains, et notamment Amazon. L’ironie est que la plateforme a décidé de participer à cette initiative, et propose elle aussi des promotions sur son site à cette occasion.

Quid des boutiques physiques et petits commerçants ?

Après huit semaines de confinement, la tenue des French Days prend cependant un tout autre sens. Raison pour laquelle l’édition printanière a été décalée d’un mois, afin de permettre aux commerçants indépendants et aux boutiques physiques qui ont dû fermer leurs portes de participer activement.

Mais ces derniers n’entendent pas les choses de la même oreille. Pour leurs représentants (et notamment la CDF), les French Days encouragent une concurrence fondée sur une politique de prix agressive avec laquelle il est impossible de lutter. Beaucoup souhaitent même que l’opération soit annulée en signe de solidarité.

La fédération de commerçants prévoit en effet des conséquences désastreuses pour les indépendants, voués à disparaître peu à peu. En effet, en 2019 déjà, 47 % des consommateurs déclaraient se rendre moins souvent en magasin qu’il y a 5 ans.  

Les French Days sont donc une occasion unique pour les consommateurs de profiter de réductions exclusives. Néanmoins, ils accentuent le fossé qui se creuse entre les grandes enseignes et les petits commerçants, pour qui il est difficile de rivaliser avec de telles promotions.      


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