Réchauffement climatique, et le digital dans tout ça ?

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Les datacenters représentent 10% de la consommation d'électricité de
la France

A l’heure où la sonnette d’alarme est tirée et que de nombreux voyants sont au rouge, les débats sur la protection de l’environnement et l’urgence climatique sont omniprésents dans notre actualité d’aujourd’hui. Quel que soit le canal de communication, radio, télévision, presse ou réseaux sociaux, il n’y a plus un jour sans que le mot climat ne soit prononcé par les politiciens, activistes, célébrités ou bien simples citoyens. Alors que le compte à rebours a déjà démarré et que nous commençons à vivre à crédit sur notre planète bleue, l’heure est au bilan.

Je ne parlerai pas ici des puissances industrielles qui polluent notre planète chaque jour et je ne ferai le procès de personne en particulier. Tout d’abord parce que ce n’est pas mon rôle, mais aussi parce que d’autres personnes morales ou physiques à l’image des nombreuses ONG ou d’activistes le font mieux que moi.

Je me contenterai de parler de nous. Nous citoyens et plus particulièrement nous internautes puisque nous sommes aujourd’hui environ 4,39 milliards soit un peu plus de la moitié des habitants de la planète.

Alors que nous sommes de plus en plus informés sur les impacts de notre mode de vie sur l’environnement et éduqués sur les bonnes habitudes à avoir pour limiter notre empreinte écologique à l’image du tri sélectif, il subsiste encore un domaine sur lequel nos mauvaises habitudes prennent encore le dessus et sur lequel nous ne sommes pas assez sensibilisés. Il s’agit du digital et plus particulièrement d’internet.

Omniprésent dans nos vies personnelles et professionnelles, internet est devenu un élément essentiel de notre quotidien. Du réveil au coucher, sur smartphone, tablette ou ordinateur, nous passons en moyenne 6h42 par jour sur internet dans le monde. Et si cette technologie nous est tant utile, elle n’est pas sans conséquence sur notre empreinte carbone. Une question alors vient à nous : pourquoi ne sommes-nous pas tant informés que cela à ce sujet ? Tout simplement parce qu’il s’agit d’une pollution invisible, relativement récente et que les effets sont difficilement mesurables.

Pourtant les effets sont bel et bien présents et sont tout de même conséquents. En effet, le numérique mondial représente 3,8% des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle de l’humanité. Cela ne nous parle peut-être pas mais afin de vous donner un ordre d’idée, si internet représentait un pays, ce dernier serait le 5ème plus gros pollueur du monde.

Mais à quoi cela est dû réellement ?

Cela est principalement dû à nos usages. Stockage sur le cloud, envoi d’emails, requêtes sur moteur de recherches, simple navigation, streaming ou encore téléchargements, internet consomme beaucoup. Sans vous en rendre compte, envoyer un email avec une pièce jointe émet par exemple 19g de CO2. Seulement ce n’est pas tout. En effet, ce même email que vous aurez envoyé par exemple et qui sera conservé par votre destinataire dans sa boite de réception générera en moyenne 10g de CO2 par an pour un email. Cela vous parait peut être faible effectivement, mais multipliez cela par le nombre d’emails envoyés et stockés à l’échelle mondiale et vous obtenez un résultat et un impact beaucoup plus conséquent.

Dans le cadre de notre travail ou nos loisirs personnels sur internet, nous effectuons des requêtes sur les moteurs de recherches tels que Google, Qwant, Yahoo ou Bing pour ne citer que les principaux. En moyenne par an, un internaute tel que vous et moi effectue en moyenne 1000 requêtes par an ce qui représenterait selon l’ADEME, l’Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie 287 000 tonnes de CO2 soit environ l’équivalent d’une distance de 1,5 million de kilomètres parcourue en voiture.

Seulement, nous, internautes ne pouvons pas porter toute la responsabilité de ces conséquences puisque les entreprises dans leurs stratégies et actions numériques, ont aussi une part de responsabilité. Des envois de newsletters à des clients ou des prospects jusqu’au stockage de ses données dans un datacenter, l’activité numérique d’une entreprise joue aussi un rôle important dans la pollution du numérique au quotidien.

En effet, les datacenters par exemple sont également énergivores et donc par conséquent polluants aussi. Nécessitants de fonctionner 24/24h, 7/7j pour stocker les données d’une entreprise et en envoyer, les datacenters consomment beaucoup d’électricité pour pouvoir fonctionner et également refroidir tous les serveurs qui tournent en permanence. Cette activité n’est donc elle aussi pas sans conséquences puisque les datacenters représentent 10% de la consommation d’électricité de la France et génère 2% des émissions de CO2 à l’échelle mondiale. 

Vous l’aurez compris, nos usages sur internet font que nous polluons énormément et ce, sans forcément nous en rendre compte.  Pourtant les effets sont bels et bien présents et il faut d’ores et déjà commencer à prendre des mesures. Des mesures simples existent aujourd’hui et nous permettrait de limiter nos émissions de CO2 liées à notre activité sur internet.

Côté internautes, le simple fait de trier ses emails et nettoyer sa boite de réception en supprimant ses anciens emails inutiles et en se désabonnant de certaines newsletters indésirables ou qui ne nous intéresse plus permettraient déjà d’alléger notre empreinte carbone. Des applications pratiques existent aujourd’hui et permettent de nous aider dans cette démarche comme par exemple Cleanfox qui est disponible sur smartphone et ordinateur. Limiter l’envoi d’emails inutiles, privilégier un lien vers un document dans son corps d’email plutôt qu’une pièce jointe sont d’autant plus d’actions qui ont un réel impact bénéfique sur les émissions de CO2 liées à internet.

Côté entreprises, adopter une stratégie digitale écoresponsable dans sa politique RSE ne doit plus sonner comme une chimère mais bel et bien comme une nécessité aujourd’hui. Pour elles aussi, de simples actions efficaces peuvent être adoptées : limiter le nombre de campagnes emailings envoyées ou encore solliciter à nouveau auprès des clients leurs préférences de communication si jamais ceux-ci ne seraient plus intéressés par recevoir des communications. Enfin, héberger ses données dans des greens datacenters qui sont moins énergivores et ecofriendly représente également une excellente solution. En effet, de plus en plus de ce type de datacenters voient le jour en France et partout dans le monde et représentent une nécessité face à la pollution du numérique aujourd’hui.

L’empreinte du numérique aura triplé entre 2010 et 2025 et il n’y a quasiment aucun autre secteur d’activité dont les impacts environnementaux augmentent aussi vite. Alors, à l’heure de la fin de l’année 2019 et du début de la nouvelle année et des bonnes résolutions, pourquoi ne tenteriez-vous pas d’adopter de bons réflexes écoresponsables digitaux pour limiter vos émissions de CO2 et préserver notre si belle planète ?


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