Répression financière, guerre contre le cash et confiscation de l'or en Inde. Devez-vous trembler ?

18600 EUROS
En Inde un couple peut posséder jusqu'à 600 grammes d'or, soit 18 600
euros, sans avoir à se justifier.

« Répression financière », « guerre contre le cash », « réquisition de l’or », ou « confiscation de l’or » sans oublier les « perquisitions chez les détenteurs d’or » sont des titres d’articles que vous avez sans doute croisés ces dernier temps.

Il y a du vrai, du faux, beaucoup de fantasmes et de peurs dans tout cela.

Oui les autorités monétaires, partout dans le monde, tentent désespérément de supprimer les espèces en utilisant des prétextes fallacieux du type « lutter contre le terrorisme », car on est tous favorables évidemment à la lutte contre le terrorisme.

Le problème c’est que lutter contre le terrorisme en luttant contre les espèces est juste une ineptie complète et les faits le prouvent sans ambiguïté pour la simple et bonne raison que même les terroristes sont des gens « modernes », en tous cas dans leur manière d’utiliser les nouvelles technologies.

Ainsi vous apprendrez dans cet article de Challenges que Tracfin, qui est la cellule de lutte contre le blanchiment et le financement d’activités occultes, alerte et surveille avec attention les plateformes de financement… participatif !!

« L’annonce est en bonne place sur le site de cagnottes collectives Leetchi. Une collecte de don est organisée par un individu signant par le pseudo Ouma. Après une formule rituelle de salutation d’Allah en arabe, il explique : «J’ai décidé de me lancer dans l’humanitaire et c’est la raison pour laquelle j’ai créé cette cagnotte en ligne.» Depuis les attentats de 2015, Tracfin, la cellule de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme rattachée à Bercy, prête une attention particulière à ces levées de fonds sur les plateformes de financement participatif. Des réseaux terroristes ou des individus isolés sont susceptibles de se procurer par ce biais les moyens pour mener leurs opérations. «Nous avons repéré des annonces explicites, comme par exemple des demandes de soutien pour partir en Syrie ou en revenir», détaillait ce 8 décembre Bruno Dalles, directeur général de Tracfin, à l’occasion d’un point d’étape sur l’activité de l’organisme en 2015 et 2016. «Mais il y a aussi des collectes réalisées sous couvert de simples anniversaires impliquant des individus déjà repérés par les services de renseignement, continue un responsable de l’organisme. Lorsque l’on arrive à repérer ces opérations, elles peuvent s’avérer très instructives pour comprendre le fonctionnement de certains réseaux.» Une démarche qui ne facilite d’ailleurs par la vie des opérateurs de plateforme, contraints de laisser ouverts des appels au don particulièrement dangereux. » Source et article complet ici.

N’oublions pas non plus qu’une grande partie des derniers attentats en France ont été financé en grande partie grâce à des crédits et prêts personnels en bonne et due forme… octroyés par des établissements français !!

C’est dire si la lutte contre les espèces sous prétexte de terrorisme est une bêtise.

La véritable raison ? L’État a besoin de sous !!

Voilà la seule raison ! Les États, quels qu’ils soient, ont besoin d’argent, de beaucoup d’argent et tiennent ce raisonnement stupide qui consiste à dire qu’en luttant contre les espèces, on lutte contre l’économie souterraine, qu’en luttant contre l’économie souterraine, on lutte contre la fraude fiscale et que l’on augmentera les ressources de l’État.

C’est un raisonnement au premier degré et il est juste complètement faux.

Il ne faut pas lutter contre l’économie souterraine, il faut choisir de quelle quantité d’économies souterraines votre économie et votre système social a besoin.

Supprimez le cash, et vous allez avoir un gros problème avec les dealers de nos « quartiers dits populaires » dans la novlangue actuelle.  D’où l’idée de légaliser le trafic de drogue douces (enfin dites douces et inutile de me tomber dessus en me disant que l’herbe c’est moins nocif que les médicaments, car si c’est vrai pour des personnes malades ou qui souffrent grandement, c’est nettement moins extensible pour les jeunes dont beaucoup deviennent des « zombies » éteint, et dont un certain nombre décompenseront des maladies psychiatriques. Il ne faut pas confondre bénéfices/risques de l’usage récréatif et de l’usage thérapeutique auquel je suis favorable) et de le confier sans doute à nos gentils petits caïds actuels que nous transformerions par démagogie et facilité en « hommes d’affaires « respectables ».

Si vous avez un problème dans vos quartiers populaires, vous avez potentiellement des émeutes en France et un gros problème de stabilité sociale.

Ensuite, ne nous leurrons pas : la seule raison pour laquelle des pays comme la Grèce, l’Italie, l’Espagne ou le Portugal arrivent à passer la crise sans une révolution c’est évidemment parce qu’il y a une certaine quantité de débrouille tolérée.

Tout cela nos politiciens le savent.

Nos politiciens d’ailleurs ont une sainte frousse des éruptions de colère populaire, car généralement leurs jolis minois de premiers de la classe finissent au bout d’une pique. Ils choisissent donc toujours la solution qui consiste à savoir jusqu’où ne pas aller trop loin ! En gros, ils réduisent le cash, mais ne le suppriment pas entièrement.

Ils veulent un porte-monnaie numérique, mais on prévoira la possibilité technique de s’échanger d’une façon simple et rapide des petites sommes en définissant des tolérances pour les petites opérations entre particuliers.

Dans tous les cas, il faudra prévoir une forme « d’huile à mettre dans les rouages » et cela tout le monde le sait. Il s’agit donc de réduire, pas de supprimer totalement, en tout cas pour le moment. Et puis les choses se feront d’elles-mêmes, tranquillement, car toutes les nouvelles générations qui se « profilent » elles-mêmes sur Facebook et autres réseaux sociaux seront très contentes d’utiliser un « bitcoin » d’Apple à la mode !! La guerre contre le cash n’est donc pas forcément si violente que cela, même si évidemment elle pose d’immenses problèmes aussi en terme de liberté, car le cash, c’est la possibilité d’être libre et la possibilité de faire des choses illégales avec ! Mais c’est cela la définition de la liberté.

Nous ne sommes libres que si nous pouvons choisir le mal. Si nous ne pouvons pas choisir le mal, alors, même si c’est « bien », on n’est pas libre, d’autant plus que quand un gouvernement s’arroge lui-même le droit de définir ce qui est bien ou mal, on est en droit d’être très inquiet.

Et en Inde, l’or est-il confisqué ?

Eh bien non !! Ne confondez pas rumeurs, fantasmes, et autres peurs, avec la réalité.

La situation en Inde est confuse depuis la suppression des billets de 500 et de 1 000 roupies. Pourtant, prenons le temps de résumer un peu ce qui se passe.

En Inde, l’économie informelle n’est pas minoritaire, elle est majoritaire. L’Inde est un vaste foutoir avec 1,5 milliard d’habitants, et une administration a l’inefficacité légendaire bien incapable de faire « rentrer l’argent » !!

Le gouvernement indien, qui a complètement raté ce qu’il voulait faire, souhaitait lutter contre l’économie souterraine et informelle.

Il a supprimé donc du jour au lendemain les billets de 500 et 1 000 roupies. Hier, ils valaient 1 000, aujourd’hui ils n’avaient plus cours légal ! Il fallait donc tout simplement aller à la banque pour changer vos anciens billets contre des nouveaux et les banques se chargent de déclarer que Monsieur Y a changé X billets de 1 000 ou 500 roupies contre des nouveaux !

Le gouvernement pensait que sur 15 milliards de billets, personne n’oserait venir les changer car ils étaient tous « illégaux ».

Sur les 15 milliards de billets, presque 13 ont été échangés, ce qui revient à dire que cela n’a pas servi à grand-chose à part créer une immense peur, une grande perte de confiance et une crise économique sans même aider à assainir l’économie. Tout le monde ayant échangé ses billets, il n’y a plus qu’à mettre 1,5 milliards d’Indiens en prison !!

Quant à l’or, nous sommes simplement face à la même volonté du gouvernement de s’attaquer à ceux qui stockent des sommes importantes en or avec de l’argent mal acquis ou mal gagné, c’est-à-dire pas déclaré.

Il y aura des perquisitions, des arrestations. Elles seront médiatisées pour faire peur, mais dans un pays où l’or fait partie de la culture, où l’or sert de dotes aux mariages, il est assez impensable aujourd’hui de l’interdire ou même de le réquisitionner ou encore de le confisquer car vous auriez tout simplement une « révolution » !

En Inde, c’est l’application d’un décret de 1919 et d’une loi de 1994… et un amendement de maintenant

Voilà ce que disait la loi indienne jusqu’à aujourd’hui :

1/ L’acquisition d’or avec de « l’argent sale », et de tout bien avec des moyens illicites, est illégale. À ce titre, les services du fisc indien ont le droit de saisir de l’or qui a été acquis de façon illicite… Comme ce serait le cas avec une voiture, une maison, etc. Cela est d’ailleurs valable dans tous les pays du monde.

2/ Néanmoins, le gouvernement indien accepte de ne pas questionner la possession d’or jusqu’à une certaine quantité : 500 g d’or pour les femmes mariées, 250 g pour les femmes non mariées et 100 g pour les hommes. Un couple peut donc posséder 600 grammes sans avoir à se justifier. On serait heureux d’en posséder autant avec ma femme !

3/ Les dispositions des points 1 et 2 sont en fait en vigueur depuis… le 11 mai 1994, et la circulaire CBTD 1916.

Concernant l’amendement en discussion actuellement, il vise à renforcer les pénalités et amendes à l’égard de ceux qui ne peuvent pas justifier la possession de leur or, soit par revenus, par héritage, etc. Bref, il faut qu’il y ait une cohérence. Alors rapine fiscale et répression financière évidemment oui. Confiscation et réquisition non ! En tout cas pas encore.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Article écrit par Charles Sannat pour Insolentiae


Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.