Transdev, des résultats 2016 contrastés



Le secteur du transport public est un univers très concurrentiel dans lequel les groupes français, Transdev (filiale du groupe Caisse des dépôts), Keolis (filiale de la SNCF), RATP Dev (filiale de la RATP) dominent au niveau international. Ces groupes sont présents sur les cinq continents et déploient leurs activités dans le transport public urbain, le rail, l’ambulancier, les services aux entreprises, les taxi et navettes ainsi que le stationnement.

Le redressement entamé en 2014 se poursuit

Fin mars, le groupe Transdev, leader mondial du secteur contrôlé par la Caisse des Dépôts (CDC), a annoncé des résultats certes encourageants mais qui n’effacent pas les faiblesses issues de sa difficile fusion avec Veolia Transport en 2011.

Son chiffre d’affaires 2016 augmente légèrement de 6,6 à 6,7 milliards d’euros et le résultat opérationnel se situe à 124 millions d’euros, en baisse par rapport à 2015 où il s’élevait à 146 millions d’euros. L’endettement du groupe est en recul, passant de 740 à 592 milliards d’euros mais le bénéfice net est lui aussi en recul de 19,5% pour s’établir à 66 millions d’euros contre 82 millions l’année dernière.

L’opérateur se félicite de résultats qui confortent ses ambitions de développement notamment sur son « cœur de métier, les transports publics, qui représentent 85% de ses activités.» 

Toutefois, si l’endettement est en net recul puisqu’il était de 1,9 milliard d’euros en 2013, il continue de peser lourd pour son actionnaire principal, la Caisse des dépôts.

Fusion Transdev-Veolia : 554 M€ de pertes pour la Caisse des Dépôts

Ces chiffres sont également à mettre en parallèle avec un rapport de la Cour des Comptes, rendu public en février 2016. Ce rapport relevait ainsi que les modalités de la fusion de Transdev avec Veolia Transport avaient été très défavorables à la CDC.

La Cour avait notamment pointé du doigt un projet « mal conçu » et dont la mise en œuvre avait conduit la Caisse des dépôts à perdre 554 millions d’euros sur la période 2011-2013.

Si la Cour avait noté un retour de Transdev à l’équilibre financier en 2014 avec un résultat net à 24 millions d’euros, elle avait toutefois précisé que dans ce contexte, il faudrait « des résultats très supérieurs à la moyenne du secteur pendant plusieurs années pour compenser les pertes ».

Or, la Caisse des dépôts et consignations est plus que jamais aux commandes puisque depuis 2016, elle détient désormais 70% de Transdev, une montée au capital qui correspond à une prise de contrôle exclusif du groupe.

Concernant les 30% du capital restant, Transdev est à la recherche d'un nouvel actionnaire pour remplacer Veolia.

Si le PDG de Transdev Thierry Mallet réaffirme son ambition « d’atteindre un rythme de croissance de 5% sur tous (ses) métiers d’ici 2020 », les chiffres actuels de croissance montrent que le groupe est encore loin du compte.

Pour cela, il faudra que Transdev redouble d’efforts pour gagner de nouvelles parts de marché sur les prochaines années. D’où l’importance de remporter de nouveaux contrats et notamment les appels d’offre sur Lille, Caen, CDG Express, Doha et Casablanca.

Transdev et son actionnaire, la Caisse des dépôts et consignations, sont donc à l’offensive au niveau commercial et vont devoir redoubler d’agressivité pour damer le pion à leurs concurrents.


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