Gérald Darmanin : « il n'est pas raisonnable de rétablir l'ISF »

3,2 MILLIARDS €
La suppression de l'ISF a coûté 3,2 milliards d'euros par an à l'Etat.

Supprimé par Emmanuel Macron qui l’a transformé en IFI, l’impôt sur la fortune (ISF) est, depuis le début de la crise sanitaire du Covid-19, sur toutes les lèvres. Nombreux sont les Français qui aimeraient que le gouvernement rétablisse cet impôt payé par les plus riches et qui rapportait, avant sa suppression, 3 milliards d’euros par an. Mais le gouvernement n’y pense pas.

 

L’augmentation des impôts ? Pas le choix du gouvernement

Alors que les entreprises s’inquiètent de plus en plus du moment où il faudra rembourser les Prêts Garantis par l’Etat, que le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a bien rappelé qu’il faudra les rembourser un jour, une partie de la population estime qu’une augmentation des impôts, notamment auprès des plus aisés, pourrait résoudre en partie le problème… d’où l’ISF. Interrogé sur France Inter sur la question et sur la stratégie du gouvernement, Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, a été clair.

« Il y a deux stratégies. La première revient à considérer qu'il faut augmenter les impôts. Ce n'est pas notre choix, car de cette manière, vous allez démoraliser les Français », a-t-il déclaré. Pour lui, « la reprise économique va créer des recettes pour rembourser la dette ».

Et ce remboursement se fera sans taxer les plus riches : « revenir en arrière ne fait pas aller de l'avant. On a besoin que ceux qui possèdent de l'argent puissent le mettre dans les entreprises. Il n'est pas raisonnable de rétablir l'ISF. »

 

Un troisième budget rectificatif ?

Mais le gouvernement va devoir faire face à une situation économique encore pire que celle qu’il a prévue jusqu’ici : alors que le deuxième budget rectificatif pour 2020 vient d’être validé, le ministre estime, au micro de France Inter, : « Il y aura peut-être un troisième budget rectificatif avec des chiffres sans doute encore plus impressionnants ». « Nous sommes dans le montant de déficit et de dette jamais atteint depuis la seconde guerre mondiale », précise-t-il.

Pour l’instant, le plan du gouvernement va mobiliser 300 milliards d’euros de prêts garantis par l’Etat et près de 110 milliards d’euros pour les autres mesures telles que le chômage partiel ou les aides aux indépendants, aux TPE et aux familles modestes. De quoi faire grimper le déficit à 9% du PIB, la dette publique à 115% et tenter d’apporter un début de réponse à une crise économique qui entraînera une récession attendue à 8% pour 2020.


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