ISF : « il faut qu'il soit rétabli », estime la prix Nobel Esther Duflo

3,2 MILLIARDS €
La suppression de l'ISF a coûté 3,2 milliards d'euros par an à l'Etat.

Alors que le gouvernement a, à maintes reprises, écarté le retour de l’Impôt sur la Fortune (ISF) ou une hausse des impôts tout court, Bruno Le Maire ayant déclaré qu’il ne comptait pas revenir sur les baisses actées depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, Esther Duflo, prix Nobel d’économie, a un avis complètement divergent.

L’ISF « n’aurait jamais dû être aboli »

Interrogée sur RTL le 19 mai 2020, Esther Duflo, prix Nobel d’économie 2019 et professeure au Massachussets Institute of Technology (MIT), estime tout simplement que l’ISF « n’aurait jamais dû être aboli ». Une décision prise en début de quinquennat par Emmanuel Macron qui l’a transformé en Impôt sur la Fortune Immobilière. Une décision qui a retiré à l’État français 3,2 milliards d’euros d’impôt par an.

Pour la professeure, Emmanuel Macron devrait revenir sur cette décision. « Aujourd’hui, je pense donc qu’il faut qu’il soit rétabli », notamment pour financer en partie les mesures exceptionnelles prises pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Pour rappel, sur 29 millions de ménages en France, seuls 360.000 étaient assujettis à l’ISF, un nombre qui a chuté à 130.000 dès lors qu’il a été transformé en IFI puisque ce dernier ne prend en compte que la fortune immobilière dès lors qu’elle est supérieure à 1,3 million d’euros.

Ni « radical » ni « extrême »

Jugé pénalisant par les très riches, l’ISF n’est pas du tout considéré comme un impôt problématique par Esther Duflo. « L’impôt sur la richesse est un impôt raisonnable, pas du tout extrême ou radical », a-t-elle déclaré sur RTL. En particulier, note-t-elle, les revenus des ménages les plus riches, optimisés fiscalement, ne sont « pas imposés comme les revenus des salaires », ce qui crée une injustice sociale.

« Il faut redistribuer vers les revenus les plus faibles », a préconisé la prix Nobel d’économie 2019.


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