Revenus : les travailleurs indépendants gagnent plus au nord qu'au sud de la France

3700
À Paris, un travailleur indépendant gagne en moyenne 3 700 euros par
mois.

Mieux vaut être free-lance dans le Pas-de-Calais que dans les Hautes-Alpes ! Tel est l’un des principaux enseignements de l’étude publiée ce 3 novembre par l’Insee. 

Beaucoup d'indépendants dans le sud

Hors secteur agricole, une personne en emploi sur dix relevait du non-salariat fin 2014 en France ; elle est soit auto-entrepreneur, soit entrepreneur individuel (exerçant ou non une profession libérale), ou encore gérant de société. 

Cette proportion varie nettement selon les départements : souvent inférieure à 9 % dans le tiers nord nord-est du pays, elle est proche de la moyenne nationale dans la bande centrale et dans les départements d’outre-mer, et plus élevée dans la moitié sud de l’Hexagone, en particulier le long du littoral méditerranéen et dans les Alpes. Ainsi, les non-salariés représentent jusqu’à 18 % de l’emploi non agricole dans les Hautes-Alpes. 

Et combien gagnent-ils en moyenne, toutes régions confondues ? 2 510 euros mensuels. 

Des revenus plus élevés au nord

Mais si l’on regarde de plus près, il existe de nettes différences dans les revenus des travailleurs indépendants, selon l’endroit où ils exercent leur activité. Ainsi au nord du pays, ils sont relativement moins nombreux et leurs revenus professionnels sont en moyenne plus élevés. C’est l’inverse dans les départements du sud.

À Paris, il atteint 3 700 euros par mois, soit 47 % de plus que la moyenne nationale ; dans les Hauts-de-Seine, il s’élève à 2 970 euros en moyenne (18 % de plus) et dépasse 2 800 euros dans le Nord, le Pas-de-Calais et la Seine-Maritime. Dans la partie sud du pays se concentrent les départements aux revenus moyens les plus faibles, inférieurs à 2 000 euros par mois pour neuf d’entre eux (soit 20 % de moins que la moyenne nationale). C’est le cas par exemple des Hautes-Alpes et des Alpes de Haute-Provence à l’est, de la Dordogne et du Lot à l’ouest, de l’Ariège dans les Pyrénées et de la Guadeloupe dans les DOM.

Pourquoi donc ? Tout simplement car comme le souligne un article des Echos, le poids de certains métiers tire les revenus vers le haut. Ainsi, dans le Nord, le Nord-Est et en région parisienne, les professions libérales sont surreprésentées. Or, elles sont généralement mieux rémunérées que les commerçants et les artisans.


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Laure De Charette

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.

Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.