Un Service National Universel. Qui, quoi, comment ?

800 000
Emmanuel Macron souhaite qu'entre 600 000 et 800 000 jeunes soient
concernés par le service national universel tous les ans.

Le Service National, il revient… Il va donc falloir nous expliquer avec quels moyens financiers et matériels. Il va aussi falloir expliquer avec quels personnels même si on nous parle de réservistes. Enfin il va falloir expliquer pourquoi c'est à l'Armée de "tenter" de régler les problèmes sociétaux touchant au civisme, à l'éducation, à l'instruction ... Il y a une prise de conscience à faire rapidement.

Commander c’est prévoir, avec le n on fait tout le contraire

Voilà le retour du Service National Universel même si celui-ci ne devrait être expérimenté qu’en 2019. « Dans le contexte que nous vivons, celui d'une société qui vit des fractures, d'une menace terroriste, il est important de retrouver une forme de creuset national, un moment où toute une classe d'âge est réunie et mélangée » avait déclaré le candidat Macron, la ministre de la Défense, pour sa part, souhaite que ce service « forme des jeunes qui soient protecteurs du pays » qu’ils pourraient y apprendre « les gestes qui sauvent, la conduite à tenir en cas de cataclysme, d'attentats, d'état de guerre ». Lorsqu’on lit ses déclarations, on ne peut que s’interroger sur le sérieux de madame Parly. Comment peut-elle penser qu’en un mois il soit possible de former correctement sur tous ces éléments ? Quant au président de la République comment peut-il croire qu’un mois de « formation » puisse (re)créer le creuset national dont il parle ?

Comment imaginer qu’un mois de « service national » puisse compenser les carences, le laxisme ou le déni que connait notre société tant pour l’Instruction Civique que le « Récit National » ou bien encore le Patriotisme ou le Respect ?

800 000 jeunes composent en moyenne une tranche d’âge, il faudra donc incorporer 100 000 « conscrits » tous les mois… Comment faire en tenant compte des contraintes de temps (incorporation, formation, libération), des contraintes d’encadrement, des contraintes de matériels et de locaux ? L’état des finances publiques fait aussi se poser la question des coûts de la mise en place d’un tel dispositif. Un minimum de réflexion et de réalisme verra dans ce Service National Universel une fausse bonne solution.

Première pierre de la cohésion nationale, un service sélectif

Si on veut vraiment voir renaître le sentiment de communauté nationale mais aussi voir les questions de Défense mieux appréhendées, il faut réfléchir à une solution alternative. Celle-ci consisterait à mettre en place une formation militaire « sélective ». Nous avions proposé, il y a quelques mois, que tous les élèves de l’ENA soient concernés par une formation militaire du niveau officier de réserve. Pourquoi ne pas étendre ce dispositif aux futurs enseignants, aux fonctionnaires, aux personnels de certains services publics  et des sociétés privées de sécurité  ? Une formation plus au moins longue suivant les niveaux de responsabilités et les domaines d’activité, de 4 à 12 mois, qui ensuite se concrétiserait par des périodes dans la réserve opérationnelle ou dans la réserve territoriale.

Sensibiliser et former aux questions de Défense celles et ceux qui assurent la direction de la Nation, l’éducation de ses enfants, le bon fonctionnement de l’État et des services publics et la sécurité au quotidien des Français, voilà UNE des solutions pour mettre fin à «… une société qui vit des fractures, d'une menace terroriste… ». Pour qu’ils insufflent le message, pour qu’ils fassent vivre la défense de la nation.

Les autres solutions sont à chercher dans l’Instruction Nationale, la politique internationale, l’autorité, le courage face à l’islam politique, la solidarité nationale, le développement économique.

La Défense Nationale n’a pas besoin d’effets d’annonce mais de faits !


A découvrir


David Saforcada

Ancien militaire volontaire, David Saforcada poursuit depuis 1999 un combat politique. « Bonapartiste, ayant la fibre sociale et patriote particulièrement développée » selon ses propres mots, il voit dans l’œuvre nationale réalisée par les deux Napoléon un héritage à faire fructifier. Il a mené campagne pour Jean-Pierre Chevènement en 2002 et Nicolas Dupont Aignan en 2012. En 2005, il a soutenu le camp du "non" au référendum sur la Constitution européenne.