Le point sur l'avenir de la traduction

Les progrès réalisés par la traduction automatique annoncent la fin de l’industrie de la traduction telle qu’elle existe aujourd’hui. C’en est fini des artisans traducteurs, peaufinant leurs traductions comme le menuisier ponce sa pièce. Place désormais aux programmes, plus rapides et moins chers. Tel est le panorama qui semble se dessiner à en croire les cassandres de la presse qui annoncent la mort prochaine du métier de traducteur après une longue agonie des entreprises du secteur. Cependant, ce n’est pas ce que laissent présager les chiffres. Les études de marché dépeignent un tout autre tableau, celui d’une industrie florissante où les traducteurs professionnels ont encore de beaux jours devant eux. En effet, sans une adaptation fiable de leurs produits et services pour leurs clients à l’international, les entreprises, organisations à but non lucratifs et organismes gouvernementaux perdent l’accès au marché global. Dans ce contexte, le traducteur devient un maillon essentiel de la communication. Comment tout cela se traduit-il en chiffres? Notre tour d’horizon avec l’agence de traduction cultures connection.

Le marché de la traduction, un marché fragmenté

Comme d’autres secteurs de l’industrie des services professionnels, tels que les cabinets comptables ou juridiques, le marché des services linguistique est particulièrement fragmenté. D’ailleurs, une étude réalisée par Common Sense Advisory sur ce dernier tire les conclusions suivantes : d’une part, sur l’ensemble des entreprises étudiées, 502 fournisseurs de service comptent plus de 50 employés, et d’autre part, la majorité des entreprises du secteur (59,71%) ont entre deux et cinq employés. L’étude souligne enfin que les 109 prestataires de services linguistiques les plus importants ne représentent que 15,47% du total des revenus. En ce qui concerne le reste des entreprises de services linguistiques, CSA établit un groupe de 1000 entreprises à un fort potentiel de croissance tant par un apport financier que par une stratégie de fusion/acquisition. Cependant, elle remarque que les 16 997 autres entreprises représentent tout de même la majeure partie du chiffre d’affaire, bien que leurs profits soient moindres.

Un secteur, de nombreux services

L’offre de services proposée par les acteurs de la traduction est multiple et peut être divisée en trois catégories : les services linguistiques à proprement parler, ceux qui sont liés à l’offre technologique et ceux qui n’ont aucun rapport avec les langues. Ces derniers représentent 5% du revenu des entreprises du secteur. Il peut s’agir de services de formation, de création ou de conseil. Les services liés à l’offre technologique, quant à eux, représentent 2,8% des revenus de ce marché, et comprennent les programmes destinés à la traduction automatique ou à l’aide à la traduction (mémoires de traduction, systèmes de gestion de traduction, outils pour la gestion terminologique, etc.). Enfin, les services linguistiques propres représentent, évidemment, la majeure partie des revenus des entreprises du secteur, à savoir 92,20%. Ces derniers proviennent de travaux de traduction écrite de textes, de services d’interprétation ainsi que du doublage, du sous-titrage et de la localisation.

Les services linguistiques, une industrie en perpétuelle croissance

Selon l’étude de CSA, le marché des services linguistiques externalisés représentait, en 2015, plus de 38 milliards de dollars US. Il s’agit d’un marché qui ne cesse de croître. Elle constate en effet que le taux de croissance en 2015 (6,46%) est en légère augmentation par rapport à celui de l'année antérieure (6,23%), malgré les pressions subies par un marché sensible, au niveau mondial, aux événements politiques et économiques. D’autant que l’année écoulée a été marquée par les difficultés persistantes de l'économie européenne, les fluctuations des taux de change, le ralentissement de la croissance chinoise et une conjoncture économique particulièrement compliquée en Russie en raison des sanctions et de la chute du prix du pétrole.

L’Europe, le centre de gravité du secteur des services linguistiques

L’Europe, avec 53.90% des parts de marché, représente toujours plus de la moitié du chiffre d'affaires mondial. Elle devance l’Amérique du Nord (34,82%) et l’Asie (10,49%). Grâce à des performances plus fortes dans le Nord et à la stabilité dans l’Ouest, le Vieux Continent continue à être le poids lourd incontournable du marché global en dépit des obstacles diplomatiques et économiques. Le Sud de l’Europe, quant à lui, est resté plutôt stable, tandis que l’Est a chuté, en raison notamment des sanctions imposées à la Russie et de la baisse du rouble. L’Amérique du Nord, pour sa part, est en recul, malgré une économie robuste, tout comme l’Amérique latine et l’Océanie. En ce qui concerne la croissance de l’Asie (0.5%), il convient de mentionner qu’un pourcentage important des tâches de services linguistiques est pris en charge par des compagnies étrangères.

Dans un monde où les entreprises doivent être proches des clients situés à l’autre bout du monde, l’adaptation des services et produits est plus que jamais nécessaires, et le traducteur, incontournable. Le secteur des services linguistiques est donc loin d’être aussi menacé que d’aucuns veulent le croire!


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