La seule vraie monnaie... c'est le temps

84 600
Chaque jour comporte 86 400 secondes.

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Notre situation économique est épouvantable. Où que vous regardiez, vous ne verrez qu’une accumulation continuelle et exponentielle de dettes. Ce qui arrivera à la fin est simple. Nous ferons faillite, nous ne paierons jamais ces dettes, et nous trouverons un moyen pour les effacer. Quand? Je ne sais pas. Comment? Impossible à dire exactement, mais il est fort probable que cela finisse par avoir un impact colossal sur nos monnaies, les monnaies telles que nous les connaissons, l’euro, le dollar, le yen ou le franc suisse.

Dans cette optique de conservation de valeur, les monnaies semblent donc être une bien mauvaise idée à terme, raison pour laquelle il vaut mieux jouer en partie l’or et les actifs tangibles pour assurer la fonction de stockage de valeur dans le temps, fonction que les monnaies fiduciaires remplissent de moins en moins.

Mais, malgré cela, même en stockant de la valeur avec de l’or (ce qui est indispensable) on passe à côté de la véritable monnaie, de « l’actif » qui a le plus de valeur parce qu’il n’existe qu’en quantité ultra limité et parce que cette ressource est rare. Très rare.

Cette ressource c’est évidemment le temps !

Ma tendre épouse rentrait un soir d’une formation… une formation sur la gestion du temps. Vous savez, que, dans les fonctions modernes, l’homme et la femme modernes sont le réceptacle des activités dites « multicanales ». Oui, le multicanal. Votre client doit pouvoir vous joindre par tous les canaux possibles.

Par téléphone.

Par Internet sur votre site.

Par e-mail et autres courriels.

Mais aussi par fax, par signaux de fumée, par télégraphe, et même, par pigeons voyageurs.

Plus il y a de canaux, plus on réduit les effectifs et plus ma femme se retrouve toute seule au bout de tous ces canaux.

Le temps réduit à la « gestion du temps »

Son aimable patron, conscient du problème ne va donc pas logiquement lui proposer de recruter quelqu’un pour l’aider ce qui aurait en plus pour mérite de faire baisser le chômage mais pour inconvénient de baisser aussi la marge de l’employeur.

Non mes amis, son aimable chef, son mamamouchi au travail, considère dans son immense clairvoyance que le problème de ma femme, c’est qu’elle… ne sait pas gérer son temps, donc il a envoyé ma chère et tendre perdre son temps à apprendre à gérer son temps le tout étant enseigné par un gus, qui avait, lui tout son temps pour le faire.

Sous mes airs légers, sachez que ce sujet est en réalité une clef de compréhension de notre monde.

Ma petite femme chérie rentre donc à la maison, et m’explique qu’il faut faire des listes pour ne rien oublier, organiser son temps pour ne pas subir, ce qui est très facile à dire, mais nettement moins à faire, puisque si le formateur vous dit que les courriels c’est le matin de 9h00 à 10h00 et le soir de 17h00 à 18h00, la réalité c’est que pour tout l’entreprise impose un temps de réponse limité qui n’est pas compatible avec cette organisation…

Mais, de tout cela, en réalité on s’en fiche ! Totalement. C’est l’écume des choses.

C’est incroyable cette manière de parler aussi fort de choses aussi inutile. Car là n’est pas l’essentiel.

Le temps c’est de l’argent… nous connaissons tous cette expression, elle semble juste. En réalité elle n’est pas mise dans le bon sens, et ne permet pas de comprendre l’essentiel.

L’essentiel alors ?

Le temps n’est pas de l’argent, c’est l’argent qui permet d’acheter du temps. Cette inversion à des implications aussi fondamentales que nombreuses.

La véritable monnaie est le temps !

Non seulement le temps est en réalité une véritable monnaie, mais en plus nous avons tous un temps limité sur terre. Nous savons que nous allons mourir et que nous sommes « finis ». Le temps dépensé ne reviendra jamais, le temps perdu pas plus.

Vous allez me dire, d’accord, nous savons tout cela.

Oui, nous le savons, en théorie, mais en pratique, nous nous comportons comme si nous avions tout le temps et que notre temps n’était pas le capital le plus précieux à gérer.

Nous nous laissons enfermer par l’approche managériale de la gestion du temps sous forme de « to do list » (liste de choses à faire) et les trucs et astuces imposés pour le bien de l’entreprise qui « pompe » littéralement votre temps.

D’ailleurs, le capital temps qui nous est à tous attribué est sans doute le plus juste de tous. Il est à la fois le plus juste et le plus inégalitaire. Nous sommes tous égaux face à l’incertitude du temps dont nous disposons. Nous partirons aujourd’hui, demain ou dans 50 ans. Personne ne connait ni l’heure ni le jour.

Si nous commençons à gérer nos affaires en fonction du temps, du facteur temps, de notre capital temps, alors les implications sont en réalité considérables.

Une entreprise n’achète pas la « force de travail » comme dans la vision marxiste du terme. En réalité, une entreprise achète le « temps » de travail d’une personne qui bien souvent lui brade sa monnaie temps sans même avoir conscience. C’est d’ailleurs pour cela que le « temps » de travail est un sujet aussi important dans la « productivité » d’un pays ou d’une société.

86 400 !

86 400… c’est le chiffre avec lequel vous devriez vous lever chaque jour. 86 400 secondes c’est votre budget de temps quotidien exprimé en secondes. Chaque jour comporte 86 400 secondes. Une fois écoulé ce budget sera perdu à jamais.

Conscient de cette importance du temps, j’ai fait le choix il y a quelques années de vivre autrement, parce que le temps nous est compté. Il nous est compté et il est aussi compté pour nos enfants.

Cela veut dire à titre d’une autre exemple des implications de la vision par la monnaie-temps,  que l’une des plus grandes richesses que nous pouvons transmettre à nos enfants en termes patrimoniaux, n’est pas uniquement de l’argent, surtout si on en a peu. La principale richesse consiste à leur faire gagner du temps !!

Faire gagner du temps à nos enfants va leur rapporter du temps de vie utile et fertile.

Nous devons être les « accélérateurs » de temps, donc d’efficacité de ceux que nous aimons.

L’utilité et la fertilité… il y a là quelque chose en plus de très moral. Si nous ne résumons plus la vie à l’argent mais au temps, alors tout change radicalement.

Ces 86 400 secondes sont notre budget temps quotidien. Chaque jour nous recevons ce don de vivre 86 400 secondes supplémentaires. Qu’allons-nous en faire, comment allons-nous les exploiter ?

A la fin de la journée, les compteurs seront invariablement remis à zéro. Riches, pauvres, milliardaires, grands ou petits, personne ne pourra épargner ce temps passé ou l’accumuler.

Il est LA vraie monnaie, et cette monnaie peut générer de la valeur mais ne peut pas stocker de valeur. Le temps inutilisé ne reviendra jamais. Sous cet angle de réflexion, vous verrez les drogues dites « douces » qui sont en réalité des drogues « lentes » puisqu’elles ralentissent votre fonctionnement et vos pulsions de vie différemment.

Allons un peu plus loin…

L’argent est une ressource renouvelable et le temps une ressource irremplaçable !

N’importe quoi Charles… et les pauvres alors !

Et bien oui, les pauvres existent, c’est incontestable.

Mais prenons l’exemple de nos pauvres chez nous, ici, en France.

Ils sont généralement bénéficiaires du RSA. Chaque mois, ils touchent un nouveau RSA. Même pour eux, l’argent est  une ressource renouvelable. Cela est peut-être choquant de le présenter ainsi mais est-ce faux ?

Chaque mois, les plus pauvres parmi nous « touchent » leur RSA. Une somme que la société leur renouvelle tous les mois.

Même pour les pauvres l’argent est renouvelable. Éventuellement c’est son taux de renouvellement qui est plus faible que celui des riches, mais cela reste une ressource fondamentalement renouvelable.

Mais le mois écoulé, pour le pauvre ou pour le riche, est passé. Temps irremplaçable qui ne reviendra jamais.

Qu’avez-vous fait de vos talents et de votre temps ? Comment exploitons-nous ces deux éléments dont nous sommes tous dotés ?

Ces pour toutes ces raisons et pleins d’autres que vous pourrez découvrir que j’ai consacré la lettre STRATEGIES  du mois de Mars aux conséquences ébouriffantes d’envisager la construction de votre patrimoine, vos choix de localisation ou encore de considérer votre emploi sous l’angle de votre budget temps sans même parler de vos placements et de la valeur temps ! Pour vous abonner c’est iciPour tout abonnement vous aurez accès à l’ensemble des dossiers édités soit plus de 40 documents et des centaines de pages de lecture, d’analyses et de conseils.

Comme vous le verrez c’est intellectuellement vertigineux, et aussi, enthousiasmant, car, nous ne devons jamais oublier qu’il n’y a pas que l’argent dans la vie, il y a aussi le temps et la relation intime entre ces deux concepts.

Redoutable je vous dis.

Mon objectif n’est pas de vous dire quoi faire ou comment faire, mais d’alimenter votre réflexion avec un angle et un point de vue radicalement différent sur l’ensemble des paramètres de votre vie que j’articule à travers de ce que j’appelle « votre PEL », à savoir la gestion de votre patrimoine, de votre emploi et de votre localisation que vous pouvez aussi envisager à travers le tamis du temps. Pour en savoir plus sur la lettre STRATEGIES c’est ici.

Votre perception en sera radicalement bouleversée.

Je vous souhaite une excellente lecture, et je vous exprime toute ma gratitude pour l’intérêt que vous portez à mon travail et votre soutien.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Article écrit par Charles Sannat pour Insolentiae


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.