Culture du viol en France : des progrès mais peut (beaucoup) mieux faire

11 %
11% des Français pensent qu'une femme qui dit « non » ça veut dire «
oui ».

Une troisième enquête réalisée par Ipsos sur les Français et les représentations sur les violences sexuelles a été publiée début février 2022. Bien que la population soit consciente de la nécessité de lutter contre des violences sexuelles, certains chiffres sont effarants surtout chez les jeunes. Viol, consentement, pornographie… Voici ce qu’il faut retenir et conclure.

Stéréotypes sexistes et culture du viol en recul sauf chez les jeunes

Une enquête Ipsos sur les violences sexuelles, qui a été présentée le 1er février 2022, révèle que 11% des Français pensent qu’une femme qui dit « non » ça veut dire « oui ». Un chiffre en baisse mais encore trop élévé. Alors que les stéréotypes sexistes et la culture du viol sont enfin en recul, le document indique que les hommes de 18 à 24 ans adhèrent bien plus que les autres tranches d’âge à « une vision sexiste et à une sexualité violente sans respect du consentement ».

Comme pour les éditions précédentes -en 2016 et en 2019- les chiffres de cette enquête sont effarants. Toujours chez les 18-24 ans, elle révèle que 36% des sondés pensent qu'une femme peut prendre plaisir à être humiliée ou injuriée, 23% estiment qu'elle peut prendre du plaisir à être forcée. 34% déclarent que la pornographie est un moyen comme un autre de faire son éducation sexuelle. De plus, 52% des hommes de 18-24 ans pensent qu’il est fréquent que des personnes qui accusent de viol mentent par déception amoureuse ou par vengeance.

« Une représentation pornographique violente de la sexualité »

Selon l’enquête, cette culture du viol peut s’expliquer par l'exposition de cette tranche d’âge dès l’enfance à des contenus pornographiques. Ils sont en effet « souvent violents et dégradants envers les femmes avec une érotisation de la haine et de la violence envers les femmes ». L’enquête pointe également les jeux en ligne qui mettent en scène « des stéréotypes sexistes, une culture du viol et des scènes de violences sexuelles envers les femmes et étant associé à une communauté de joueurs qui véhicule une culture fortement sexiste ».

Cette enquête conclut que « la population française est tout à fait consciente de la nécessité de lutter plus efficacement contre des violences sexuelles, et de mieux en protéger les victimes ». Paradoxalement, elle fait part d’une situation préoccupante puisqu’une majorité de Français ignore la loi et méconnaît, entre autres, la notion de consentement sexuel. Cette situation concerne particulièrement les jeunes de 18 à 24 ans « qui sont nombreux à être imprégnés par une représentation pornographique violente de la sexualité ». Elle souligne qu’il est « urgent d’agir car les enfants sont de plus en plus exposés à de la pornographie dont le contenu en ligne explose d’année en année et est largement non-réglementé ce qui en fait une zone de non-droit avec des scènes où des femmes subissent des actes violents, dégradants et humiliants, et avec un accès à des contenus criminels : des vidéos de viols, de revenge-porn, de pédocriminalité ». 


A découvrir