Squid Game. Valoriser ce qu'il y a de pire, détruire ce qu'il y a de meilleur

72000 EUROS
Dans Squid Game, la valeur d'un humain est de 72.000 euros.

On dit que l’économie est une « science » sociale.

Deux mots qui ne vont pas forcément bien ensemble.

Je ne crois pas que l’économie soit une science.

L’économie, si importante pour nos vies quotidiennes n’est pas une science, elle est la compréhension de l’addition des fonctionnements des millions d’agents économiques, hommes, femmes comme entreprises ou structures associatives qui interagissent continuellement entre eux.

L’économie c’est humain.

Si vous voulez comprendre l’économie, si vous voulez comprendre demain et l’anticiper au mieux, il faut comprendre les hommes, décrypter les tendances et les évolutions lourdes, lentes, ou rapides.

Il faut aussi parfois sortir uniquement des chiffres pour aller vers le « social », vers le « moral », car l’économie évolue en fonction des évolutions des hommes.

Quand leurs comportements changent, l’économie change.

Le théorème de « Squid Game ». 

C’est le titre, « Squid Game » de la dernière série vidéo à la mode de Netflix qui fait un tabac.

Valoriser ce qu’il y a de pire, détruire ce qu’il y a de meilleur, voilà comment j’ai eu envie de résumer ce premier épisode et cette histoire que je viens de regarder pour vous et à des fins sociologiques.

Détruire ce qu’il y a de meilleur donc, et aussi de plus naïf. Voilà Netflix, voilà encore plus la dernière série de cette secte proposée au monde entier.

Squid Game n’est pas un navet.

Squid Game est une série brillante.

Malsaine.

Destructrice parce que déstructurante.

Elle nous renvoie au pire de l’humanité.

Elle détruit ce qu’il y a de meilleur et de plus innocent.

Les jeux des enfants, ceux de notre enfance et de notre inconscience.

Ces jeux d’enfants deviennent des jeux de morts.

Des nouveaux jeux du stade, où l’empereur médiatique tue, massacre, et achève.

Abject.

Tout commence sans doute sur celui qui sera le héro, je n’ai pas encore vu tous les épisodes et je dois vous avouer qu’en réalité, c’est assez pénible à voir.

Pas parce que ce n’est pas « bien ».

C’est « bien », même si c’est « mal ».

C’est pénible à voir parce justement c’est mal et ce qui est mal salit.

Cette série est une salissure.

Elle salit au plus profond votre âme et corrompt vos coeurs insidieusement, sans même que vous vous en rendiez compte.

Ainsi est le mal.

Rarement visible, souvent insidieux, masqué, camouflé.

Il ronge. Discrètement. Invisible.

Ce héros, déjà homme adulte et père de famille indigne est sous la surveillance de sa maman qui lui rappelle qu’aujourd’hui est l’anniversaire de sa fille. Nous voyons comment ce pauvre type va préférer aller jouer son argent aux courses que de donner à manger à sa fille. Il perd tout, se retrouve acculé de dettes et enrôlé dans un jeux de télé réalité où tous les jeux d’enfants, sont transformés en jeux de morts.

Ainsi le premier épisode s’achève sur un « 1, 2, 3 soleil », revisité brillamment où ceux qui bougent sont tués.

La cadavres s’amoncellent aux cours des 5 minutes que dure la partie.

C’est un bain de sang.

Qu’est-ce que cela veut dire pour la société ?

Lorsque l’on donne ce genre de spectacle à voir à nos enfants, à notre jeunesse, à nos adultes, il est une certitude.

Cela matérialise une société qui est et qui sera de plus en plus violente.

Immorale.

Amorale.

Une société où pour de l’argent tout est possible.

Tout.

La vente du corps, la marchandisation des organes, et bien évidemment la mort contre de l’argent.

C’est terrible.

Regardez cette série.

Elle porte en elle le témoignage terrible de notre époque et nous dessine notre triste avenir.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !


A découvrir

Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.