Musique : Qui gagne quoi sur le marché du streaming ?

2,5 MILLIARDS ?
En 2017 le chiffre d'affaires mondial du streaming pourriat atteindre
les 2,5 milliards d'euros.

Que proposent les principaux services de streaming musical ?

Le site suédois Spotify, lancé en 2008, domine le marché mondial : il revendique plus de 60 millions d'utilisateurs actifs. 15 millions ont souscrit à l'abonnement mensuel de 9,99 euros (écoute illimitée, son haute définition), les autres écoutent de la musique librement mais entrecoupée de pub. Le site français Deezer a été le tout premier à ouvrir, en 2007. Il compte, dans plus de 180 pays, 16 millions d'utilisateurs actifs, dont 6 millions d'abonnés payants. Il est n° 1 dans l'Hexagone, notamment grâce à un partenariat avec Orange, dont certaines offres mobiles et Internet intègrent le service (Spotify est lié de la même façon à SFR). Deezer propose un accès gratuit mais limité à son catalogue, avec pub, et un service Premium payant (9,99 euros aussi). Après avoir été longtemps seuls sur ce créneau, Spotify et Deezer sont concurrencés par Fnac Jukebox (à partir de 2 euros par mois), Google Play Musique, SoundCloud, Grooveshark, Pandora, Naps-ter, Qobuz? Leurs catalogues et offres varient. Un rival de taille arrivera bientôt : You-Tube Music Key, en version test pour le moment.

Quel est leur business model ?

Ces sites ont deux sources principales de revenus : la publicité et les services payants. Pour Spotify, cela représente respectivement 10 et 90 % de ses entrées d'argent, selon The Guardian. Selon le quotidien britannique, l'entreprise n'était toujours pas profitable en 2013 : cinq ans après sa création, elle enregistrait près de 750 millions d'euros de chiffre d'affaires mais 58 millions de perte. Deezer, elle, annonçait un CA de 65 millions d'euros en 2013 et se dit profitable en France depuis 2010, mais nécessite encore de gros soutiens financiers. En 2012, elle a engrangé 100 millions d'euros grâce à une levée de fonds.

Quand j'écoute une chanson en streaming, que touche l'artiste ?

Concrètement, très très peu. Chez Spotify, le calcul tient compte des royalties négociées pour l'artiste, du nombre d'abonnés le mois en cours et de leur pays d'écoute? En moyenne, selon le site, une écoute rapporte environ 0,006 euro à l'ensemble de ses « propriétaires » : chanteur, maison de disques... Autrement dit, pour que les ayants droit touchent 6 000 euros, une chanson doit être écoutée un million de fois ! Autre calcul, expliqué par l'Adami (lire C'est quoi ?) : pour un abonnement de 9,99 euros en France, 1,99 euro va à l'État (TVA), 1 euro est collecté pour les droits d'auteur, 6,54 euros reviennent aux intermédiaires (70 % producteur, 30 % pla-te-forme). Reste 0,46 euro à répartir entre tous les artistes écoutés ce mois-là !

Et les pros, que pensent ils du streaming ?

Après la chute des ventes de CD dans les années 2000 et l'explosion du piratage, le streaming semble être le meilleur levier de croissance pour la musique enregistrée. C'est par exemple l'avis du Snep (lire C'est quoi ?), qui demande le soutien du ministère de la Culture. Afin de susciter l'intérêt du public pour les offres légales, il faut, selon lui, punir réellement le piratage, maintenir la part des chansons francophones et des nouveautés à la radio (pour les faire connaître) Les avis des artistes et des labels sont partagés. Certains choisissent de ne pas apparaître sur ces portails, quitte à offrir leurs chansons (comme l'a fait Thom Yorke) ou risquer le piratage. « Je ne veux pas que mon travail contribue à une expérience qui ne rétribue pas équitablement les artistes », a dit Taylor Swift en retirant ses albums de Spotify, en novembre (L'ÉCO n° 248). Elle fait partie des artistes qui peuvent prendre ce risque car leurs albums se vendent très bien : la semaine de la sortie de son dernier CD, 1,3 million de copies ont été écoulées.

C'EST QUOI ?

L'offre légale/illégale

Selon le droit de la propriété intellectuelle, toute création peut être protégée dès lors qu'elle est originale. La plupart des contenus musicaux sur Internet sont protégés par des droits d'auteur. Le peer-to-peer (P2P), téléchargement entre particuliers sans accord de l'artiste/la maison de disques ni contrepartie, est illégal (= piratage). Contrairement au téléchargement via les magasins de musique en ligne, comme iTunes Store, Amazon…

Le streaming musical

Écoute en ligne. Des millions de morceaux sont accessibles depuis un ordinateur, une tablette ou un smartphone connecté au Net. Si certains services payants proposent de stocker temporairement des fichiers pour les écouter hors connexion, cela reste de la location.

Le Snep, la Sacem, l'Adami…

En France, la protection de la propriété intellectuelle et la répartition de l'argent qu'elle génère reviennent à plusieurs organismes. Le Syndicat national de l'édition phonogra phique (Snep) défend les intérêts de l'industrie du disque ; la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem) gère les droits d'auteur ; l'Administration des droits des artistes et musiciens interprètes (Adami), ceux du chanteur d'une chanson (et non auteur), par exemple...

Cet article est extrait de l'Eco, hebdo destiné aux 12-16 ans.

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