La télémédecine débarque en France : où en sont les autres pays d'Europe ?

90 MILLIONS €
Le National Health Service, l'équivalent de l'Assurance Maladie en
Angleterre, a économisé 90 millions d'euros grâce au développement de
la télémédecine entre 2012 et 2017.

Tandis que la téléconsultation remboursée s’implante tout juste en France, d’autres pays européens ont pleinement intégré la télémédecine à leurs parcours de soins depuis plusieurs années déjà. Que peut-on apprendre de l’état des lieux de ce marché dans d’autres pays, et quels retours d’expérience peut on en tirer ? Voici 2 chiffres clés pour y voir plus clair.

C’est officiel : depuis le 15 septembre dernier, les actes de télémédecine entre un médecin et ses patients sont remboursés au même titre que les consultations classiques. Un changement de paradigme qui modifie en profondeur le parcours patient, répond à la problématique croissante de l’engorgement des salles d’attentes et offre de réelles solutions aux personnes les plus isolées.

S’il peut être perçu comme une véritable révolution en France dans la relation médecin-patient, et soulever certaines interrogations des deux côtés, cette pratique est pourtant déjà bien installée au delà de nos frontières. C’est en particulier le cas depuis plusieurs années dans de nombreux pays scandinaves et anglo-saxons, dont certains font souvent office de baromètre des grandes tendances sociétales pour les autres pays d’Europe.

Un marché et des opportunités au service d’une meilleure qualité de soins : le cas de la Suède

80%. C’est le taux de croissance, en termes de revenus, du marché suédois de la télémédecine entre 2012 et 2017. Une tendance qui devrait se poursuivre sur les cinq prochaines années, offrant toujours plus de perspectives aux acteurs du secteur. Car c’est un fait : en Suède, l’e-santé, et la télémédecine, font désormais partie intégrante du paysage médical. A tel point qu'aujourd'hui, 95% des prescriptions se font sous format électronique, permettant aux médecins comme aux pharmaciens, libérés de la corvée de déchiffrage, de gagner en moyenne 30 minutes par jour, temps qu’ils peuvent allouer à d’autres tâches. L’augmentation de la population âgée et les contraintes que cela représente en termes de mobilité, l’arrivée de nouveaux acteurs sur le secteur avec des innovations technologiques, la pénurie de personnel médical qui rallonge les délais d’attente, et le nombre d’utilisateurs de smartphones et tablettes y sont pour beaucoup. Si l’on rapporte la situation de la Suède, qui a généralisé le principe de la téléconsultation il y a deux ans, à celle de la France, qui se lance tout juste, les perspectives qu’offrent la filière e-santé en France, tant pour les médecins que pour les patients, sont plus que prometteuses.   

Des économies à la clé : le cas de l’Angleterre

90 millions d’euros. C’est la somme économisée par le NHS (National Health Service, l’équivalent de l’Assurance Maladie en Angleterre) grâce au développement de la télémédecine entre 2012 et 2017. La généralisation de la téléconsultation outre Manche, renforcée par le soutien du NHS, a en effet non seulement permis le développement, comme en Suède, d’un nouveau marché pour les acteurs de l’e-santé, emplois à la clé, mais représente également une réponse concrète aux problématiques budgétaires auxquelles font face les organismes publics dans le domaine de la santé (prise en charge des frais de transport pour les personnes à mobilité réduite, engorgement des urgences et des lits d'hôpitaux etc,). Dans une précédente tribune, je soulevais l’impact de l’action des services publics dans le déploiement de nouveaux usages, quels que soit le secteur concerné. L’action du NHS, à travers son programme SBRI Healthcare, en est l’illustration concrète. Un bénéfice auquel s’ajoutent un impact social grandissant et une meilleure prise en charge des patients.

Quelles perspectives pour la France ?

La télémédecine, toute nouvelle en France, est déjà bien implantée dans d’autres pays d’Europe, où elle a permis de résoudre de nombreuses problématiques sans pour autant dénaturer la qualité des soins dispensés par les médecins.

De nouveaux usages se profilent donc aujourd’hui pour les professionnels de santé et leurs patients. Demain, un renouvellement de traitement habituel, une rhinite allergique, une cystite simple ou toute autre pathologie ne nécessitant pas de présence physique pourront être soignées à distance grâce aux avancées technologiques proposées par les acteurs de l’e-santé, et qui sont amenées à se développer à mesure que la pratique de la télémédecine se généralisera dans l’hexagone. A la clé : de sérieux enjeux économiques, sociologiques et éthiques, et des réponses concrètes aux problématiques liées au système de santé actuel.


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