Tabac à chauffer : comment ça marche, pourquoi ça serait moins dangereux ?

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Une cigarette classique brûle à une température comprise entre 800 et
900 degrés.

Invité de l’émission Check Up Santé sur BFM Business, le porte-parole de Philip Morris International Science, Tommaso Di Giovanni, a défendu les solutions de tabac à chauffer développées par le cigarettier, avec pour objectif affiché d’éviter la combustion du tabac et de réduire de plus de 90% la nocivité du produit pour les fumeurs. Enquête.

Le tabac à chauffer, comment ça marche ?

Le concept du tabac à chauffer repose sur une idée simple et déjà éprouvée par d’autres substituts au tabac : donner au fumeur sa dose de nicotine tout en limitant la nocivité de son addiction.

Dans le cas du tabac à chauffer, et contrairement à la cigarette électronique, c’est du vrai tabac qui est consommé mais, à la différence d’une cigarette traditionnelle, il n’y a pas de combustion du tabac et du papier. Or, c’est la combustion qui provoque 90% à 95% de la nocivité d’une cigarette, la nicotine n’étant pas en soi un produit toxique.

En clair, une cigarette classique brûle à une température comprise entre 800 et 900 degrés. Le tabac à chauffer est porté à une température comprise entre 300 et 350 degrés. Suffisant pour qu’il y ait des émanations de nicotine, mais pas pour provoquer la combustion du tabac.

Et à en croire Tommaso Di Giovanni, c’est justement le fait que le tabac à chauffer contienne vraiment du tabac, qui pourrait en faire une solution de remplacement plus acceptable pour de nombreux fumeurs incapables de décrocher.

« En donnant du vrai tabac, on a un gout, on a une expérience, on a un rituel qui est beaucoup plus proche de celui de la véritable cigarette », a indiqué M. Di Tommaso avant de préciser que son « objectif est de donner quelque chose de meilleur et de moins nocif pour les 13 millions de Français, et plus d’un milliard à travers la monde qui fument ».

Le tabac à chauffer : un produit prometteur malgré un manque de recul

Commercialisé depuis presqu’un an en France, le tabac à chauffer est un substitut au tabac prometteur et complémentaire des autres solutions du marché. Comme l’a rappelé le journaliste de BFM Business Fabien Guez, le produit manque toutefois encore d’études d’impact indépendantes et d’analyse sur le long-terme pour déterminer avec précision son impact en matière de réduction des risques.

Le tabac à fumer rencontre également d’autres résistances en France. « La commercialisation n’est pas facile. Les gens sont habitués à la cigarette qui est facile à consommer et à acheter. Là, vous avez un produit électronique. Il faut accompagner le fumeur. Il faut l’aider à s’adapter aux nouveaux rituels », selon Tommaso Di Giovanni.

Une problématique qui n’existe manifestement pas au Japon, où le tabac à chauffer est rapidement rentré dans les mœurs, à tel point qu’un fumeur sur cinq a abandonné au cours des derniers mois la cigarette classique pour ce substitut.

« Au Japon, ça cartonne pour un tas de raisons. On arrive à communiquer aux fumeurs les bénéfices du produit et il y a un intérêt (plus prononcé) vers la technologie, l’innovation et la science. La courbe des gens qui s’arrêtent de fumer s’est accélérée avec les produits de tabac à chauffer », a-t-il ajouté.

Egalement présent sur le plateau de l’émission Check Up Santé, le tabacologue Christophe Cutarella a conclu le débat. « Il vaut mieux arrêter, mais pour celui qui ne veut pas arrêter il vaut mieux les moyens de réduction des risques. Les moyens nouveaux sont les bienvenus pour aider à réduire les risques ».


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