Comment se défaire de l'addiction au tabac ?

85 %
85% des cancers du poumon sont liés à la consommation de tabac.

Le mois de Novembre, déclaré depuis plusieurs années "Mois sans tabac", est le moment consacré dans l'année pour faire le point sur le tabagisme, ses conséquences et les modalités d'arrêt. Mais le tabac étant un produit très addictif, son arrêt peut s’apparenter à un parcours du combattant. Explications.

Le tabagisme est une cause majeure et évitable de cancer, responsable d'une importante mortalité : 78 000 morts par an par tabagisme actif, 6 000 morts par an par tabagisme passif. Responsable de 85 % des cancers du poumons, il est également incriminé dans la survenue d'autres cancers dont les cancers ORL et est un facteur de risque d'autres maladies chroniques comme notamment les maladies cardiovasculaires et les bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO). Ces informations circulent régulièrement et tout un chacun connait aujourd'hui la responsabilité du tabac dans les cancers et autres maladies chroniques sus cités.

Qu'est ce qui rend l'arrêt du tabac aussi difficile pour certains consommateurs ?

Le tabagisme est un comportement de dépendance. Le tabac est un produit très addictif. Le risque de dépendance après avoir consommé une fois dans sa vie est estimé à 32 %. L'installation de cette dépendance peut être rapide, en quelques semaines de consommation, même très irrégulière. Elle est double, à la fois psycho comportementale et pharmacologique. La nicotine qui est une substance psychoactive, est l'acteur principal de cette dépendance. Elle active le système de récompense du cerveau.

À côté de la nicotine, responsable donc de cette dépendance, les cigarettes contiennent de multiples composants (environ 4 000) dont 250 sont considérés comme nocifs. Parmi eux, 70 sont des cancérogènes identifiés, comme les hydrocarbures aromatiques polycycliques.

Comment être accompagné quand on souhaite arrêter de fumer ?

La prise en charge de la dépendance au tabac associe une compensation simultanée des dépendances psychologiques, comportementales et pharmacologiques, et pour cela utilise des moyens d'aide pharmacologiques et non pharmacologiques.

Elle débute impérativement par une évaluation de la situation personnelle du fumeur, de son niveau d'intoxication tabagique et de dépendance, et de sa motivation à l'arrêt. Chaque fumeur est différent, sa relation au tabac est personnelle, les bénéfices et les facteurs de maintien de sa consommation lui sont propres.

La combinaison de moyens d'aide pharmacologiques et non pharmacologiques qui sera proposée sera fonction de cette évaluation initiale et des objectifs qui auront été déterminés entre la personne et son thérapeute.

Parmi les traitements pharmacologiques, les traitements nicotiniques substitutifs sont aujourd'hui les premiers proposés en France. Il s'agit des "patchs" ou dispositifs transdermiques, associés à des formes orales comme les gommes ou les pastilles à sucer, qui permettent d'éviter que la personne ne ressente des signes de sevrage tabagique comme des troubles du sommeil, de l'anxiété, de l'irritabilité ou encore des troubles de la concentration ou l'augmentation de l'appétit. L'association de ces deux formes galéniques permet d'améliorer les résultats.

D'autres traitements médicamenteux peuvent être également proposés comme la Varénicline ou le Bupropion, le plus souvent en seconde intention.

Les traitements non médicamenteux combinés aux traitements pharmacologiques viennent renforcer leur efficacité :

Les thérapies comportementales et cognitives dont l'intérêt dans l'aide à l'arrêt du tabac et dans le contrôle du craving ont été démontrées. Elles viennent aider au contrôle des situations déclenchantes et du craving (désir impérieux de consommer). Elles ont pour objectif d'aider à l'apprentissage de nouveaux comportements et de techniques pour réduire les réactions émotives excessives.

L'activité physique prend également toute son importance dans l'arrêt du tabac et le contrôle du craving

Certaines études ont également pu confirmer l'intérêt de thérapies non conventionnelles comme l'hypnose et l'acupuncture.

Les techniques psychocorporelles, comme la relaxation, la sophrologie, l'EFT, la cohérence cardiaque, en aidant à la régulation émotionnelle, sont également intéressantes en soutien au sevrage tabagique et au maintien de l'abstinence

Et la place de l'e-cigarette ?

Commercialisée en France depuis 2011, elle a pris une place importante dans les habitudes des fumeurs. Elle permet d'inhaler de la nicotine sans combustion.

Si des incertitudes persistent sur les effets de son utilisation à long terme, elle est cependant beaucoup moins nocive que la cigarette et est un allié de la lutte contre le tabagisme. Elle permet une réelle réduction des risques pour le fumeur devenu vapoteur. Cependant elle maintient la dépendance comportementale, et il est aujourd'hui montré que si elle est efficace pour réduire la consommation du tabac, son intérêt est limité quant à l'arrêt définitif.


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